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NOTICE Ui

réponse, qu'il reprendra dans la République avec plus d'am- pleur, sous une forme définitive : cette sagesse (socpia) ou science (hnar^iM)) est la connaissance de l'Être (£77 b, 478 a) : « elle émane de l'Idée du Bien, et se répand sur les autres sciences » l . Malgré l'échec apparent de la recherche, YEuthy- dème est à certains égards en progrès sur le Gorgias : pour la première fois la connaissance véritable y est nettement dis- tinguée des £7rc<jTr,aa'. particulières et mise au-dessus d'elles 2 .

D'autre part, Socrate montre à Clinias que les biens ne sont tels que si l'on sait en tirer parti : or, c'est la cocpta qui nous apprend ce bon usage. Tout porte à croire que YEuthy- dème a suivi le Ménon*, où Platon faisait voir que la santé, la force, la beauté, la richesse, et de même les vertus morales (tempérance, justice, courage) n'ont de prix qu'à la condi- tion d'être employées comme il faut. Les biens ne sont par eux-mêmes ni utiles ni nuisibles, mais deviennent l'un ou l'autre, selon qu'ils sont ou non accompagnés de cppdvYjsiç. Dans l'homme tout dépend de l'âme, et l'âme elle-même dépend de la raison 4 . Dans le Ménon, Platon essayait déjà de se séparer des éristiques, et en particulier d'Antisthène 5 . Cette polémique prend toute son ampleur dans YEuthydème, dont l'objet est de discréditer définitivement l'éristique, en lui opposant la dialectique platonicienne, véritable héritière du socratisme.

Or, on admet communément aujourd'hui que le Mênon a été composé dans les années qui ont suivi la fondation de l'Académie (387 ?) 6 . L'Euthydème se placerait peu après, dans la même période. Si l'on accorde que Platon met en scène Isocrate à la fin du dialogue, et riposte aux allégations conte-

��1. R. Schaerer, ' EîrtaxT] [ir\ et te/vï], étude sur les notions de connaissance et d'art d'Homère à Platon, i$3o, p. 110 et suiv.

2. Id., p. 199.

3. C'est l'avis de Gomperz, 0. L, p. 566, note 1 ; de Wilamowitz, o. L, p. i54 ; de Raeder, p. i46, qui toutefois ne présente cette conclusion que comme une vraisemblance.

[\. 88 a sq. ; cf. Eulhyd., 279 a sq. ; surtout 281 b suiv.

5. Raeder, 0. L, p. i36.

6. Entre 387 et 385, suivant Raeder ; en 384 environ, selon Wilamowitz ; peu après 382, selon A. Croiset (Notice du Ménon, p. a3i).

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