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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/291

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SEMER POUR RECUEILLIR.


jeu[1] ; sixième couple, violet : milady Beaudéduit[2] ; le vicomte de Durengin[3] ;

    infatigable ; son allure lui a fait donner chez les Aphrodites le sobriquet de l’Escarpolette, à cause des grands balancements qu’elle fait éprouver à ceux qui ont l’honneur de la servir.

  1. Le baron de Mâlejeu, vingt-trois ans. Le premier homme, peut-être, qui ait imaginé d’avoir un album amicarum. (Dans certains pays on nomme album amicorum un livre à feuillets blancs où l’on recueille des témoignages d’amitié offerts ou accordés par les amis et les connaissances. C’est ordinairement une sentence, une strophe, ou un emblème dessiné, avec la signature des gens.) Le baron a eu l’adresse de se faire donner de ces sortes de certificats par une infinité de femmes, dont plusieurs sont très en crédit dans le genre dont les Aphrodites font estime. À la vue de cent quatorze noms révérés, qui tous attestent que le baron ne parle que par huit, neuf, dix, il a été reçu Aphrodite (comme je l’ai dit ailleurs) par acclamation. (Voyez le numéro 3, page 87.) Ces prouesses sont le passe-port d’une figure assez ordinaire, dont neuf pouces huit lignes sont le seul trait qui mérite un détail.
  2. Milady Beaudéduit, vingt-quatre-ans. On a déjà parlé d’elle, numéro 3, page 84, mais on doit ajouter que jamais femme ne mérita mieux qu’on lui appliquât le vers de la Pucelle :

    Et sur son rang son esprit s’est monté.

    Milady, régulièrement belle, est de plus très-jolie. Sa peau est d’une fraîcheur délectable ; elle a tout le maintien, la grâce, et, quand elle veut, les tons et les caprices d’une dame de cour.

  3. Le vicomte de Durengin, vingt-deux ans. Ayant reçu une éducation assez austère, et destiné à l’état ecclésiastique, à vingt ans il ignorait encore à quel objet pouvait être employée certaine partie de lui-même, dont
  II.
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