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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/241

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AH ! LE BON BILLET.

La Marquise (à elle-même). — Voilà pourtant un drôle de corps ! (À Alfonse.) Qui vous a produit dans cette maison ?

Alfonse. — Une bonne dame qui m’a vu naître et qui m’a élevé[1].

La Marquise. — Et qu’avez-vous fait depuis que vous êtes au monde ?

Alfonse. — J’ai été fou de bonne heure, et puis je me suis engagé dans les dragons.

La Marquise. — Dans quel régiment ?

Alfonse. — De la Reine.

La Marquise. — Vous ne pouviez choisir un plus aimable colonel. Avez-vous connu dans ce régiment un certain monsieur de Limecœur, qui doit y avoir servi quelque temps ?

Alfonse. — J’ai eu cet honneur-là.

La Marquise. — C’est un de mes alliés.

Alfonse (avec feu). — Il est bien heureux, madame !… (Elle sourit. Il prend une main ; on a l’air de n’y pas faire attention.)

La Marquise. — Limecœur n’est pas riche…

  1. En cas d’oubli, voyez page 5, premier numéro, la note concernant madame Durut.