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années la Gaule, le Rhin et l’Océan du Nord (58-49).

Ce chaos barbare et belliqueux de la Gaule était une superbe matière pour un tel génie. De toutes parts, les tribus gauloises appelaient alors l’étranger. Le druidisme affaibli semble avoir dominé dans les deux Bretagnes et dans les bassins de la Seine et de la Loire. Au midi, les Arvernes et toutes les populations ibériennes de l’Aquitaine étaient généralement restés fidèles à leurs chefs héréditaires. Dans la Celtique même, les druides n’avaient pu résister au vieil esprit de clan qu’en favorisant la formation d’une population libre dans les grandes villes, dont les chefs ou patrons étaient du moins électifs, comme les druides. Ainsi deux factions partageaient tous les États gaulois ; celle de l’hérédité ou des chefs de clans, celle de l’élection, ou des druides et des chefs temporaires du peuple des villes [1]. A la tète de la seconde se trouvaient les Édues ; à la tête de la première, les Arvernes et les Séquanes. Ainsi commençait dès lors l’opposition de la Bourgogne (Édues) et de la Franche-Comté (Séquanes). Les Séquanes, opprimés par les Édues qui leur fermaient la Saône et arrêtaient leur grand commerce de porcs, appelèrent de la Germanie des tribus étrangères au druidisme, qu’on nommait du nom commun de Suèves. Ces barbares ne demandaient pas mieux. Ils passèrent le Rhin, sous la conduite d’un Arioviste, battirent les Édues, et leur imposèrent un tribut ; mais ils traitèrent plus mal

  1. Veir-go-breith, gaël, homme pour le jugement. App. 11.