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de la nature et de l’origine de la propriété rurale
Des diverses catégories de copartageants dans le revenu de la nation : les propriétaires fonciers, les capitalistes, les entrepreneurs d’industrie, les salariés ou ouvriers.

Les quatre ordres de recherches qui se rattachent à l’étude de la propriété foncière.
De la nature et de l’origine de la propriété foncière privée, perpétuelle et absolue. — La terre n’a pas de valeur sur les confins de la civilisation. — Exemples tirés de l’Asie centrale, du Far West américain ou canadien, de l’Australie. — La faible valeur qu’a la terre dans ces régions vient du travail social qui l’approche où l’entoure.
Opinion de M. Émile de Laveleye sur la propriété primitive et sur la « propriété quiritaire ».
Les quatre explications ou justifications de la propriété privée, perpétuelle et absolue. — La véritable cause de cette propriété est l’utilité sociale. — Démonstration de l’utilité de la propriété privée, perpétuelle et absolue. La propriété collective communale n’aurait pas moins d’inconvénients que la propriété privée, et elle n’en offrirait pas les avantages. La propriété privée est indispensable pour le rapide défrichement et le prompt peuplement des contrées neuves.
Deux causes ont contribué à la disparition de la propriété collective la division du travail et le progrès des cultures. La culture variée et perfectionnée n’est pas compatible avec ce genre de propriété.

Du plan de M. de Laveleye pour « communaliser » ou « nationaliser » le sol 
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du caractère particulier du revenu foncier. — examen de la doctrine de ricardo sur la rente de la terre.
D’après la théorie de Ricardo le propriétaire foncier serait un être privilégié auquel profiteraient d’une manière particulière tous les progrès de la civilisation. — Exposé de la doctrine de Ricardo. — Caractère de la période où a écrit cet économiste.

De l’ordre historique des cultures d’après Ricardo. Les terres les meilleures sont les premières cultivées ; la supériorité de fécondité de certaines terres est la première cause de la rente de la terre. — La supériorité de situation est la seconde cause. — Au delà d’une certaine limite les nouveaux capitaux consacrés à l’amélioration des terres sont moins productifs que les premiers capitaux qui ont mis les terres en valeur ; troisième cause de rente.
Les diverses hypothèses de Stuart Mill sur les circonstances qui affectent la rente de la terre. — Première hypothèse la population augmente et les capitaux restent stationnaires ; deuxième hypothèse : les capitaux augmentent et population reste stationnaire ; troisième hypothèse la population et les capitaux augmentent également et les arts de la production restent stationnaires dans ces trois cas, suivant Stuart Mill, la rente de la terre hausse. — Quatrième hypothèse les capitaux et la population restent stationnaires, l’art agricole fait des progrès rapides baisse de la rente.
Hausse considérable du revenu foncier en Angleterre, en Belgique et en France. Essai de réfutation de la théorie de Ricardo par Bastiat. — Faiblesse de l’argumentation de Bastiat. Petite part de vérité qu’elle contient.
Excellente réfutation de la théorie de Ricardo par Carey et par Hippolyte Passy. L’ordre historique des cultures n’est pas celui qu’indique Ricardo. Réduction considérable des fermages en Angleterre de 1812 à 1840. Les terres réputées autrefois les plus mauvaises sont souvent celles qui aujourd’hui se montrent les plus fécondes. — Influence des progrès de la technique agricole démonstration par des faits empruntés à l’agriculture anglaise et à l’agriculture française.

Il est faux que les progrès de la civilisation amènent toujours la hausse de la rente de la terre. — La concurrence des pays neufs, l’influence de la baisse des transports et du fret maritime. — Il y a plus de chances pour la baisse de la rente de la terre en Europe que pour la hausse pendant une période de plusieurs siècles. 
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