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Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/146

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À l’ombre des rosiers de sa fraîche terrasse,
Sous l’ample mousseline aux filigranes d’or,
Djihan-Guîr, fils d’Akbar, et le chef de sa race,
Est assis sur la tour qui regarde Lahor.

Deux Umrahs sont debout et muets, en arrière.
Chacun d’eux, immobile en ses flottants habits,
L’œil fixe et le front haut, tient d’une main guerrière
Le sabre d’acier mat au pommeau de rubis.

Djihan-Guîr est assis, rêveur et les yeux graves.
Le soleil le revêt d’éclatantes couleurs ;
Et le souffle du soir, chargé d’odeurs suaves,
Soulève jusqu’à lui l’âme errante des fleurs.