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DU MEMBRE ABDOMINAL.

fémur avec le tibia. Dans la position assise, l’épine fait un angle droit avec la cuisse. Si, à son tour, le fémur ne faisait pas avec le tibia un autre angle droit, la jambe ne poserait pas droit sur le sol, et la sûreté de la position assise serait détruite. Puisque cette position résulte de ce fait que les membres attachés aux os coxaux se fléchissent [en arrière] au niveau du genou, il est évident qu’elle est refusée à tout quadrupède, car tous fléchissent en avant leurs membres postérieurs. Comme chez l’homme, leurs membres antérieurs s’attachent aux omoplates et leurs membres postérieurs aux os coxaux ; mais, au rebours de ce qui se passe chez l’homme, l’ouverture de l’angle de flexion de leurs membres antérieurs est placée en arrière et celle de leurs membres postérieurs en avant[1]. Il était en effet préférable pour les quadrupèdes que les ouvertures des angles de flexion fussent tournées l’une vers l’autre (cf. p. 223, note 1) ; mais l’homme, dont les membres attachés aux épaules sont devenus les bras, trouve avantage à ce que la flexion ait lieu au coude d’arrière en avant[2]. Il a été prouvé dans un des livres précédents (I, v, p. 119), qu’il valait mieux que les mains fussent tournées l’une vers l’autre ; c’est aussi avec raison que les jambes sont douées au genou de la flexion d’avant en arrière ; car c’est seulement à cette condition que l’homme doit de pouvoir s’asseoir commodément comme nous venons de le démontrer. Aussi l’axe de

  1. Aristote répète cette proposition en plus de vingt endroits ; et l’on voit clairement que pour les membres postérieurs, par exemple, il compare l’articulation tibio-fémorale de l’homme avec l’articulation là plus apparente chez les animaux, c’est-à-dire avec celle qui représente l’articulation tibio-tarsienne de l’homme. — Voici, du reste, les réflexions de Schneider (in Arist. Hist. anim., II, i, § 4, t. III, p. 62), sur cette erreur qui tient à ce qu’Aristote considérait plutôt l’attitude des membres que la véritable analogie de leur diverses parties : « Doctrinam Aristotelis de motu et flexione artuum et articulorum humanorum contrario motui quadrupedum erroneam esse apparet. Erroris autem causa in eo sita est, quod os humeri et coxæ in quadrupedibus, inprimis longipedibus, breve, adstrictum et corporis tegumento communi comprehensum est, neque ita, ut in homine, quadrumanibus animalibus, urso et elephanto, liberum exstat moveturque. Itaque diversa ossa animalium cum humanis compararunt, falsisque nominibus appellarunt. »
  2. Aristote (Inc. anim., xii et xvi ; cf. p. 223, note 1) détermine le sens de la flexion, non par l’ouverture, mais par le sommet de l’angle. On voit par ce passage que c’est le contraire pour Galien.