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qui suit, & auquel il se rapporte, commence par une voyelle, comme un bel arbre, un bel homme. Gloss. du Roman de la Rose, au mot Bel. Le surnom de Philippe le Bel, qui fut donné à Philippe IV Roi de France, pour la beauté de son visage, & l’agrément qui paroissoit dans sa personne & dans ses manières, lui est cependant demeuré. Voyez’ l’Hist. de Fr. du P. Daniel in-4°. 1722. t. 5, p. 414. Les Anciens terminoient en el tous les mots qui finissent en eau. Supplém. au Gloss. du Rom. de la Rose, au mot Carnel.

BEL. s. m. Belus. C’est le nom d’un Dieu, ou d’une idole des Babyloniens. Il est parlé de Bel dans la prophétie de Daniel. Alexandre étant à Babylone fit réparer le temple de Bel. Bel, ou Belus, fut un Roi de Babylone, le premier du monde à qui on décerna les honneurs divins, à ce que l’on croit ; ce qui fut le commencement & l’origine de l’idolâtrie. On ne convient point quel fut ce Bel. Xénophon, ou l’Auteur du livre de Æquivocis, qu’on lui attribue, dit qu’on appelle Saturne tous les Princes qui avoient autrefois fondé quelque ville célèbre, & leurs fils Jupiter ; & il ajoute que Nembrod est Saturne, & que Belus son fils, est le Jupiter Babylonien. Le P. Kirker, Œd. Æg. T. I. p. 264, croit que Baal, ou Bel est Nembrod. Plusieurs autres sont du même sentiment. D’autres disent que c’est Cham fils de Noé, ou de Ménès. C’est le sentiment du Chevalier Marsham, qui prétend que Belus, Ménès, Hammon, Osiris & Adonis, sont le même. Il dit dit-on, pere de Ninus qui lui fit ériger une statue. Il avoit un temple magnifique à Baylone, qu’Hérodote a décrit dans son premier livre. Si c’est Nembrod, il fut le fondateur de Babylone. On dit qu’il fut grand Astronome, cela s’entend pour son temps, & que c’est pour cela qu’on l’appela Baalsemen, Seigneur du Ciel. Quelques-uns prétendent qu’il ne fut point l’auteur de l’idolâtrie, mais que ce fut Sarug. Voyez Eusébe dans sa Chronique, & dans la Préparation Evangélique, L. IX, c. 4. S. Augustin, de la Cité de dieu, L. XVIII, c. 2, 17, 21. Béde, De 6. ætat. S. Jérôme, sur Osée, dit que ce fut Sémiramis, qui enflée de la victoire qu’elle remporta sur Zoroastre Roi des Bastriens, donna commencement à l’idolâtrie en faisant un Dieu de Ninus son mari, fils de Belus. Servius prétend que Belus est le Soleil ; que c’est de ce nom que les Grecs ont formé le nom grec Ἥλιος, changeant le B en aspiration ; que c’est de-là aussi que vient le nom punique, ou carthaginois bal, qui signifioit Dieu. Mais comme le P. Kirker l’a remarqué, Œdip. Ægyp. T. I, p. 264. Synt. IV, c. 4. Servius s’est trompé, il ne faut que savoir un peu d’hébreu pour en être convaincu. Ce mot vient de אל qui signifie Dieu.

Il y a eu plusieurs Bels ou Baals. Le Bel Egyptien, qui selon le P. Kirker est Mitsraïm. Le Bel Babylonien, qui est son petit-fils Nimrod, qu’on appelle aussi Jupiter Babylonien, & que Sanchoniathon & Eusébe disent avoir été fils de Saturne. Il y a Belus petit-fils de Jupiter, fils d’Epaphus Roi d’Egypte, qui a encore eu pour fils un autre Bel, ou Belus. Le Bel Tyrien, ou des Phéniciens, qui l’apeloient Baal, & qui en distinguoient plusieurs, Baalberrith, Baalgad, Baalsemon, Baalsephon, &c. Voyez Baal, & Béel, & tous ces mots en leur place. Voyez aussi Vossius, de Idol. L. I. c. 16, & 24. L. II. c. 6, & 15.

☞ BELAC. Belacum. Petite ville de France, dans la basse Marche, Election de Limoges.

☞ BELACCUEIL. Voyez Accueil.

☞ BELALCAZAR. Petite ville d’Espagne, dans l’Andalousie, à neuf lieues de Cordoue.

BELAMIE. s. f. Belamia. Espèce de vêtement, ou tunique, dont il est parlé au C. II de la Règle de Fontevraud, faite par Robert d’Arbrissel. Ut non habeant vestimenta fimbriata, neque il lecto præter belamiam.

BÉLANDRE, ou BELANDE. s. f. Bélandre se trouve dans l’Hydrographie de Fournier, & bélande dans l’Histoire du siége de Dunkerque par M. Sarasin. D’où l’on peut conclure que l’un & l’autre sont bons ; se ce n’est que bélande est un peu plus doux que bélandre, ce qui suffit pour le faire préférer. Le Dict. de l’Acad. dit bélandre. Quoi qu’il en soit, c’est un terme de Marine qui signifie un petit bâtiment de mer qui est fort plat de varangue, qui a son appareil de mâts & de voiles semblables à celui d’un heu, & dont la couverte, ou le tillac s’éleve de proue à poupe d’un demi-pied plus que le plat-bord. Ainsi entre le plat-bord & le tillac, il y a un espace d’environ un pied & demi qui règne en bas, tant à stribord qu’à bas-bord. Les bélandes servent au transport des marchandises ; & les plus grandes, qui sont de 80 tonneaux, se peuvent conduire par trois ou quatre personnes. Elles vont à la bouline, comme le heu, & ont des semelles pour cela. On s’en sert principalement dans la basse Flandre, étant fort propres pour aller sur les canaux & sur les rivières. Le maître y loge ordinairement avec toute sa famille, n’ayant point d’autre maison que sa bélande.

BÊLANT. adj. Qui bêle. Balans. Ce mot sert à exprimer le cri naturel de la brebis, du mouton & des agneaux. On dit proverbialement, bœuf saignant, mouton bêlant, porc pourri ; tout n’en vaut rien, s’il n’est bien cuit.

BELATUCADRE. s. m. Faux Dieu adoré autrefois en Angleterre. Belatucadrus. On ne le connoît que par trois inscriptions qui sont dans le comté de Cumberland.

La première est, La seconde,
DEO BELATVCAD
DEO RO LIB. VOTV
SANCTO BELA M FECIT
TVCADRO IOLVS
AVRELIVS
DIATOVA ARAM Et la troisième,
EX VOTO POSVIT BELATVCADRO
LL. MM. IVL. CIVILIS OPT.
V. S. L. M.

Selden, dans son Traité De Diis Syris, Synt. II, c. 1, prétend que ce Belatucadre est le même Dieu que Belenus, & Abellium, qui étoient honorés par les Gaulois & par les Noriques, comme il paroît par Tertulien. Julius Capitolinus en dit autant des habitans d’Aquilée. Il veut encore que tous ces noms soient tirés de celui de Bel, ou Baal, & que ce soit la même chose ; enfin, il soutient avec Vossius, de Idol. L. II, c. 17, que tous ces noms sont des noms différens du même Dieu, qui est le Soleil. La dernière de ces inscriptions est, selon lui, du temps de l’Empereur Commode, environ 200 ans après la naissance de Jésus-Christ.

BELAY. Voyez Belley.

BELBUCH. s. m. Nom d’un faux Dieu des anciens Vandales. Belbuchus. Ces peuples reconnoissoient deux principes ou deux Dieux, l’un auteur du bien, & l’autre source de tout le mal. Belbuch étoit le bon principe, & Zernebuch,, du mal. Belbuch, dans la langue de ces peuples signifie Dieu blanc, & Zernebuch, Dieu noir. On trouve des traces du Manichéisme dans les siècles les plus reculés.

☞ BELCASTRO, ou BELICASTRO. Bellicastrum. Ville d’Italie, au royaume de Naples, dans la calabre ultérieure, avec un Evêché suffragant de San-Severino.

☞ BELCHITE. Belia. Petite ville d’Espagne, dans le Diocèse de Sarragosse, en Arragon.

BELCHITE. adj. f. Laine belchitte. C’est une des sortes de laines que les marchands de Bayonne tirent d’Espagne.

BELCINACE. Île de la Seine, & ancien Monastère. Cette Île qui avoit au VII siècle 3000 pas de long sur 1500 de large, a souvent paru & disparu : elle est entièrement submergée depuis l’an 1631 ; son ancien nom étoit Lutum, ou plutôt Lotum, ou Lotus, qui étoit aussi le nom d’une habitation voisine, sur laquelle, ou près de laquelle s’est élevée dans la suite des temps la ville de Caudebec. Voyez Descript. Geogr. & Histor. de la Haute-Norm. Tom. i, p. 85.

BELE. s. f. Les enfans nomment ainsi un petit bâton pointu des deux bouts ; ils frappent d’un autre plus grand une des deux pointes & le font sauter en l’air. C’est un de leurs passe-temps. Chez les Grecs Βέλη et Βέλος, est un trait, ou un dard. Chorier. C’est en Dauphiné qu’on l’ap-