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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/20

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AVANT-PROPOS.

lièrement modifiée ; on n’appelle plus Coignet « aimable caporal », et les sentinelles prussiennes insultent nos soldats éclopés, sans armes343.

Mais si notre Coignet est un pauvre logicien, il a pour lui le charme de ses récits. J’en connais peu de plus attachants dans leur simplicité. Les dialogues qui animent à chaque instant le récit, sont du ton le plus naturel ; les mises en scène sont parfaites, et les tableaux peints avec vérité en quelques mots, tandis que Fricasse ne sait ni voir ni conter.

L’intérêt du livre n’est pas dans le fait de guerre considéré au point de vue technique ; il est tout entier dans les accessoires (mots, figures, détails épisodiques). Lorsque parut la Chartreuse de Parme, de Beyle, son récit de la journée de Waterloo fit sensation. On sentait là le témoignage d’un combattant. Hé bien ! ce chapitre encore si remarqué dans le roman, nous le retrouvons bien des fois dans les Cahiers de Coignet. Nous le retrouvons à Montebello, lorsqu’il marche au feu pour la première fois, se courbant sous un coup de mitraille, mais se relevant aussitôt, et condamnant sa faiblesse en répondant : Non ! au sergent-major qui frappe