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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/31

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FRANÇOISE[1]



On ne peut se rappeler sans émotion et sans regret le nom de cette femme de lettres si tôt enlevée à notre estime et à notre admiration. Elle était si populaire et si aimée. À Québec, à Montréal et à Ottawa, elle était la favorite de la société, et sa popularité s’étendait même dans toute la province. Cette popularité lui était bien due. Outre ses qualités personnelles, elle avait eu le mérite d’avoir inauguré dans la presse canadienne-française la page féminine hebdomadaire, en fondant, en 1891, « Le Coin de Fanchette » dans la Patrie, où elle publia pendant dix ans ses « Chroniques du Lundi ». Elle avait pris aussi l’initiative de renouveler la tentative de son amie Mme Dandurand, en fondant, en 1901, une nouvelle revue féminine du nom de Journal de Françoise qui vécut jusqu’à sa mort en janvier 1910, et dans laquelle elle continua ses chroniques de la semaine. Elle avait aussi publié un bon nombre d’articles dans la Presse, dans l’Album universel et dans la Feuille d’Érable. Et toujours elle s’y était distinguée par la grâce, la vivacité de son style, et par la noblesse et la droiture

  1. Née Albertine Barry, à Trois-Pistoles, dans le comté de Témiscouata, sœur de M. David Barry, avocat à Bryson, et de M. John Barry, employé civique à Montréal.