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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/24

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MADAME DANDURAND[1]



À cette femme distinguée appartient l’honneur d’avoir été la première dans la région de Montréal à entrer dans la carrière littéraire, et de lui avoir donné le meilleur de son cœur et de son intelligence.

Jeune encore elle débuta, vers 1885, l’année même de sa fondation, dans le Franco-Canadien, journal fondé à St-Jean d’Iberville par son père.

Contemporaine de Laure Conan, elle en devint l’émule et conquit bientôt l’admiration et l’estime du public, tout en suivant une direction différente. Le roman ne fut pas sa voie, elle préféra la chronique, le conte, la comédie ; ces genres s’adaptaient mieux à son tempérament littéraire et à son but. Ses débuts furent remarquables. Tout indiquait qu’elle avait hérité du talent littéraire de son père, l’honorable Gabriel Marchand, le fin lettré, auteur de si spirituelles comédies. Ses premières chroniques eurent un si beau succès que plusieurs revues et journaux sollicitèrent sa collaboration et l’obtinrent. Pendant plusieurs années elle écrivit de jolis articles dans l’Opinion Publique, le Journal du Dimanche, le Canada Artistique, l’Électeur et la Patrie.

  1. Épouse de l’honorable Raoul Dandurand, sénateur et président du Sénat avant 1911.