Machine Electro-médicale de Ruhmkorff

MACHINE ÉLECTRO-MÉDICALE
DE M. RUHMKORFF

Dès que la science eut mis en évidence l’action singulière de l’électricité sur l’organisme, on songea à l’employer dans la guérison des maladies. Avant même la découverte de la pile électrique, certains médecins avaient l’habitude de donner à leurs malades des piqûres électriques : l’électricité a eu des Sangrados qui abusèrent de ce fluide mystérieux, au point de l’employer à l’exclusion de tout autre remède et d’en faire une panacée universelle. Il ne manque pas, de nos jours encore, de semblables praticiens qui ne jurent que par chaînes galvaniques, bagues électriques, ceintures, brosses ou sachets magnétiques et qui emploient l’électricité pour guérir tous les maux. Cette exagération systématique a attiré de justes railleries ; mais il n’en est pas moins démontré que, dans certains cas, l’électricité agit sur l’organisme, avec une étonnante efficacité. Le fluide électrique excite le système nerveux, et on cite de merveilleux exemples de cures opérées notamment chez des personnes paralysées. On a vu des membres inertes retrouver leur activité première, après avoir subi l’influence d’un traitement électrique.

La Nature - 1873 - Machine électro-médicale de Ruhmkorff - p061.png
Machine électro-médicale de Ruhmkorff.

On se sert fréquemment aujourd’hui d’une petite machine électro-médicale, imaginée par M. Ruhmkorff, qui a attaché son nom à tant d’admirables appareils d’induction. Elle se compose de deux petites bobines, véritables diminutifs de sa grande machine. À la gauche de notre gravure, on aperçoit une petite pile à sulfate de mercure, composée de deux éléments. Le courant lancé dans le fil inducteur est recueilli avec deux armatures.

Le courant est, pour ainsi dire, gradué avec la plus grande facilité. Les bobines sont enveloppées dans un double manchon en laiton et mobile. Ces manchons métalliques sont également sillonnés de courants induits. Si les bobines sont entièrement cachées sous le manchon, les secousses sont nulles ; elles seront d’autant plus énergiques que le manchon métallique en découvrira une surface plus considérable. Le mouvement du manchon se produit facilement à l’aide d’une tige métallique.

L’appareil de petite dimension est enfermé dans une boîte ; il tient dans la poche, et le médecin peut facilement l’emporter avec lui et l’enfermer dans sa trousse.