Lexique étymologique du breton moderne/K

Texte établi par Faculté des lettres de Rennes, J. Plihon et L. Hervé (p. 48-85).
◄  B
D  ►
K

Kab, s. m., bout : autrefois « tète ». Empr. bas-lat. *capum[1].

Kabel, s. m., coiffure. Empr. bas-lat. cappa > dim. capello.

Kabel-dousek, s. m., champignon : exactement « chapeau à crapaud », sobriquet. V. sous kabel et tousek.

Kabellek, s. m., alouette (huppée) : dér. de kabel.

Kabestr, s. m., licou, cymr. cebystr, vbr. cepister. Empr. lat. capistrum[2].

Kablus, adj., coupable, corn. cably, « incriminer, calomnier », cymr. cablu id., vbr. ceple « de façon blâmable » : dér. de Tempr. lat. caoilla (corn. cabal « calomnie ») > *caola « chicane ». — Loth.

Kakouz, s* m., cordier, tonnelier (terme injurieux). Empr. fr. ancien cacou, caqueux « lépreux », aujourd’hui cagot.

Kadarn, adj., brave, cymr. cadarn, celt. *kat-arno-, cf. ir. cath-ach » belliqueux », br. Caioc > Cadoc n. pr. : adj. dér. du même radical que celt. *kat-u- « combat », gaul. Catu- dans Catu-vellauni et autres n. pr., gaul. latinisé n. pr. Catullus ; la rac. KAT se retrouve dans sk. çât-ru « ennemi », gr. ϰότ-ος (kotos) « haine », al. had-er id.[3] ; cf. vsl. kotora « combat », peut-être thrace Κότυς (Kotus) (déesse de la guerre), sauf toutefois ici le défaut d’accord des gutturales.

Kador, s. f., chaise, mbr. cadoer, cymr. cadeir. Empr. lat. cathedra venu du gr. (d’où aussi fr. chaire > chaise).

Kaé, s. m., haie, clôture, quai[4], cymr. cae t vbr. pl. caiou « enclos » : suppose un celt. *kat/o- t identique au germ. *haga- (al. hag « haie[5] », et subsidiairement al. hecke, ag. hedge[6]).

Kael, s. f., balustrade, grille : dér. du précédent.

1 Kaer, s. f., forme ancienne de kéar. V. ce mot.

2 Kaer, adj., beau, mbr. cazr> cymr. et vbr. cadr y gaul. *cadros dans Beletucadrus (surnom du dieu Mars) : soit un celt. *kad-ro-, dér. de rac KAD « se distinguer », pf. sk. ça-çâd-a, ppe pf. gr. ϰε-ϰαδ-μένο-ς (ke-kad-meno-s) « éminent[7] ».

3 Kaer, s. m., bon gré : sens abstrait du précédent.

Kaérel, s. f., belette : dér. de 2 kaer[8].

Kaésour, s. m., ordure, puberté, vbr. caitoir, et cf. cymr. cedor « parties génitales » : se ramène à un celt. *katt-io, d’où procèdent aussi ital. cazzo, et fr. ancien caiche « membre viril ». Étym. inc.

Kafout, vb., avoir, mbr. caffout, « trouver, acquérir, avoir », corn. cavel, cymr. caffael id. : se ramènent à une variante KÄB de la rac. KÄP qu’on trouvera sous kaout et kavout[9].

Kafuni, vb., couvrir le feu de cendre, cf. mbr. caffun « couvrefeu ». Empr. bas-lat. caminàre « entretenir le feu du foyer ».

Kagal, s. m., crotte : dimin. dér. du suivant.

Kac’h, s. m., excrément, mbr. cauch, corn. caugh, cymr. cach, ir. cacc, etc. : d’un celt. *kakko-[10], {{abréviation|gr.|grec} ϰάϰϰη (kakkê)), lat. cacâre, etc. (aucun rapport avec al. koth, ni même peut-être avec sk. càk-rt « excrément » et lit. szik-ti « cacare » ).

Kâl, kala, s. m., premier jour du mois, corn et cymr. calan, vbr. kalan, ir. callàin[11], vir. callaind. Empr. lat. kalendae « calendes ».

Kaladur, s. m., dévidoir. Empr. bas-lat. *calatàrium, dér. du vb. calàre, « détendre, desserrer », lui-même empr. gr. ϰαλάω (kalaô).

Kalannad, s. m., étrennes : dér. de *kalann. V. sous kal.

Kajar, s. m., boue, ordure, corn. caillar id. : pour *kag-eli-ar, dér. secondaire du même radical que kagal. V. ce mot.

Kalken-éjenn, s. f., nerf de bœuf. V. sous kalc’h.

Kalet, adj., dur, cymr. caled, vbr. calât, ir. calaih, gaul. Calet-es « le pays de Caux » (pierreux et en falaises) : d’un radical qui se retrouve dans lat callum a durillon » et sans doute dans fr. caillou[12].

Kalc’h, kall, s. m., testicules (peut-être aussi autrefois « pénis », cf. kalken-), cymr. caill id. : d’un celt. *kal-ko[13] et *kal-lo-, qui se rattache à la même rac. que kalet. V. ce mot et le suivant.

Kalloc’h, adj., non châtré, vir. callach, etc., gael. cullach « verrat » : dér. de la seconde forme du précédent. Cf. 2 kell.

Kalon, kaloun, s. f., cœur, corn. colon, cymr. calon id. : suppose un celt. *kal-ona, qui contient, soit le radical du lat. calidus (viscère chaud

par excellence), soit celui du lat. call-idu-a, le cœur ayant souvent passé pour l’organe de l’intelligence[14]. — Conj.

Kahré, kalvez, s. m., charpentier : pour *karo-ez, cf. ir. cairb-re, tous deux dér. d’un radical *carb- « chariot », d’où gaul. latinisé carp-ent-um « chariot » t carpentàrius « charron », Carpenioracte « Carpentras[15] », vbr. pl. cerpit « chariots » et cymr. cerbyd (empr. vir.), vir. car pat, ir. et gael. carbad, et peut-être aussi ir. corb f gael. cairb id. : apparentés au lat. corbis « panier » et au visl. hrip « bât ». — Mcb.

Kals, adj., adv., beaucoup : soit *kal-es-, dér. de la même rac. que kal-et, et signifiant « amas, monceau », cf. kalza[16]. — Conj.

Kalza, vb., entasser, amonceler : dér. du précédent.

Kambon, s. m., varangue : celt. *kamb-ono- y dér. de *kamb-o- (pièce de charpente courbe). V. sous 2 kamm.

Kamboull (C), s. m., vallon. V. sous 2 kamm et poull.

1 Kamm, s. m., pas, corn. et cymr. cam, vbr. pl. cemm-ein « gradins », vir. ceimm, ir. céim, gael. ceum <( pas » : soit un celt. *keng-men-, dér. de *keng-ô « je vais » (ir. oing-im, gaul. Cingeto-rix n. pr. « chef des marcheurs »[17], gaul. *keng-mino- « chemin » [18]).

2 Kamm, adj., courbe, corn., cymr. et vbr. cam, vir. camm, etc., gaul. cambo- dans Cambo-danum « le coteau courbe » et autres n. pr. : rac. KEMB, cf. gr. ϰόμϐ- ο-ς (komb-o-s) « lien », σϰαμϐ- ό-ς (skamb-o-s) « tortu », ϰάμφτω (kamptô)) « je courbe » ; sans autre équivalent sûr. Voir plusieurs des mots suivants.

1 Kammed, s. f., pas, allure : dér. de 1 kamm.

2 Kammed, s. f., jante de roue : dér. de 2 kamm. Cf. 2 kaàt, auquel on rattache aussi fr. jante.

3 Kammed (T.), adv., jamais : identique à 1 kammed[19].

Kammel, s. f., crosse pastorale : dér. de 2 kamm.

Kampi, s. m., intérêt, usure. Empr. ital. cambio, « change, banque », lui-même du gaul. latinisé cambium. V. sous kemm.

Kampoulen (T.), s. f., boue : dér. du suivant[20].

Kampoull (C), s. m., variante primitive de kamboull.

Kamps, s. f., aube du prêtre. Empr. lat. càmisia « chemise », et cf. hicU.

1 Kân, s. m., chant : abstrait de kana. V. ce mot.

2 Kân, s. m., canal, tuyau, gouttière, cf. cymr. cawn « tuyau de paille » (vocalisme différent), ir. conn-all et gael. conn-l-ach id., gr. ϰάννα (kanna), « roseau, tuyau », lat. canna, d’où canàlis « tuyau ».

Kañ, s. f., charogne, prostituée. Empr. fr. cagne « chienne » (injure)[21].

Kana, vb., chanter, cymr. canu, vir. canim « je chante », celt. *kan-à, lat. can-ere, can-tu-s, etc., got. han-a « coq » (al. hahn, d’où henné « poule » = ag. hen) : rac KAN exclusivement celto-italo-germanique.

Kanab, s. m., chanvre. Empr. bas-lat. *canapis < cannabis, lui-même empr. gr. ϰάνναϐις (kannabis), cf. ag. hemp, al. kanf, vsl. konoplja empr. roman.

Kanaber, s. m., chardonneret : dér. du précédent.

Kanastel, s. f., buffet, armoire. Empr. fr. ancien canestel, de *canistellum, dimin. du lat. canistrum[22], lui-même empr. gr. ϰάναστρον (kanastron).

Kanastr, s. m., tuyau de chanvre ou de lin : dér. de 2 kân.

Kander, s. m., blancheur éclatante. V. sous 1 kann.

Kanel, s. f., bobine. Empr. fr. cannelle « petit tuyau ». Cf. 2 kân.

Kanévéden, s. m., arc-en-ciel : les deux premières syllabes équivalant à *kamb-nenvsuivi d’un suff., soit donc « courbe céleste », d’où « météore en forme d’arc ». V. sous 2 kamm et env.

Kaùiard, adj., s. m., galant, débauché, polisson. Empr. fr. cafard, avec nasalisation épenthétique et forte altération de sens.

Kaniblen (V.), s. f., nuage : exactement « ce qui se forme au ciel, couvre le ciel » ; préf. *kaou *kan-. V. sous *ke* et oabl, et cf. koabr.

Kanien, s. t., vallée resserrée. Empr. espagnol canon id.

Kanived(V.), s. m., toile d’araignée : variante de kefnid(en).

1 Kann, adj., blanc, brillant[23], corn. et cymr. can, gael. cann-ach, « joli, aimable », gaul. canto- dans le n. pr. Canto-benn-ïnus « à la pointe blanche » (montagne du Cant-al) : soit un ceit. *kand-o-, cf. sk. cand-ràa brillant », lat. *cand-ô « j’enflamme » (dans le dér. incendô), cand-idus « blanc éclatant », candëre « resplendir ». Cf. Jceûneûd.

2 Kann, s. m., querelle, combat : abstrait du suivant.

Kanna, vb., blanchir, battre[24] : dér. de 1 kann.

Kannad, s. m., messager, corn. cannas, vbr. cannat « caution » : soit un celt. *ko-gna-to-[25]. V. sous *ke- et anat.

1 Kanol, s. f., canal, chenal. Empr. lat. canàlis. Cf. 2 h an.

2 Kanol, s. m., canon. Empr. fr. altéré par dissimilation.

1 Kaṅt. cent, corn. cans, cymr. cant, vir. cet, gaul. canton id. : suppose un celt. *kn-to- = i.-e. *kTn-tâ- t sk. çatâm, gr. àxat^v, lat. centum, lit. siimtas, vsl. sûto, got. hund, ag. hund-red, al. hund-ert, etc.

2 Kaṅt, s. m., cercle, van, tamis, etc., cymr. cant id. : soit un celt. *kanto-[26] = *kamb-to- = gr. ϰαμπ-τό-ς (kamp-to-s), « courbé, infléchi ». V. sous 2 kamm.

Kaṅten, s. f., fond du crible : dér. de 2 kant.

Kaṅtol, s. f., chandelle, mbr. cantoell, corn. cantuil, cymr. canwylL Empr. lat. candëla (dont la rac. est sous 1 kann).

Kaṅtréa, vb., rôder, vagabonder : cf. mbr. quantren « fureur », cantreet « couru çà et là », cymr. canrhe « poursuite », cethreu « pousser » : parait contenir les deux éléments gant et rén, soit le sens vague de <c diriger ensemble ». V. ces mots et cf. ambren.

Kaṅttoul, s. m., millepertuis. V. sous kant et toul[27].

Kaṅtved, s. m., siècle : ordinal de kant.

Kaṅv, s. m., deuil, mbr. caffon, corn. caoow, vir. curna, gael. cumha id. :

d’un celt. *kama-wo-, dér. de rac. KEMÀ, sk. çam-ya-ti « il se donne de la peine », gr. ϰάμ-νειν (kam-nein) « se fatiguer ».
Kaṅval, s. m., chameau. Empr. lat. camēlus > camellus.
Kaô, s. m., cave, grotte. Empr. fr. cave. Cf. kéô.
Kaoc’h, s. m., variante de kac’h. V. ce mot.
Kaol, s. m., chou, corn. caul, cymr. cawl. Empr. lat. caulis.
Kaoṅ, s. m., variante de kaṅv. V. ce mot.
Kaot, s. m., bouillie de gruau ou de mil. Empr. bas-lat. caldum pour calidum « chaud » (cf. esp. caldo « sauce »).
Kaoter, s. f., chaudron, corn. caltor, cymr. callawr. Empr. lat. *caldaria « chaudière », mais refait sur le type de kaot.
Kaouad, s. f., accès subit, ondée, dans vbr. couhat glau « averse », corn. cowes, cymr. cawad et cafod « pluie violente », vir. cúa « hiver », celt. *kaw-at- « coup subit » : rac. KU et SKU « frapper », al. hau-en id., got. skūra windis « coup de vent », visl. skūr, ag. shower et al. schauer « averse », lit. kaú-ti « frapper », vsl. kov-ati « forger ».
Kaoued, s. f., cage. Empr. lat. cavitās au sens de cavea.
Kaouen, s. f., hibou (aussi kaouan), cymr. cuan, vbr. couann. Empr. bas-lat. cavannus[28].
Kaouled, adj., caillé : dér. de *kaoul, cymr. caul « présure ». Empr. bas-lat. *coagulum > *coaglo.
Kaouṅ, s. m., variante de kaoṅ. V. ce mot.
Kaout, vb., trouver, acquérir, avoir : infinitif en -out (cf. bout) du radical kab-, variante primitive de la rac. KĒP KÄP « saisir » : gr. κώπ-η, « poignée », lat. cap-iō, got. haf-jan, ag. to heave et al. heben « soulever », got. hab-an, ag. to have et al. haben « avoir ». Cf. kafout et kavout[29].
Kâp, s. m., cape. Empr. bas-lat. cappa. Cf. kabel.
Kâr, s. m. : amour, amitié ; parent, ami (sens vieilli, cf. lat. cārus) : abstrait de karout. V. ce mot[30].
Karavel, s. f., brancard. Empr. fr. caravelle[31].
Karden, s. f., litière qu’on met à pourrir sur les chemins : altéré de mbr. kar-del[32] « fumier à charrier ». V. sous karr et teil.
Kardi, s. m., remise. V. sous karr et .
Karg, s. f., charge. Empr. bas-lat. cárrica, d’où fr. charge.
Karitel, s. f., étui à aiguilles : pour *garitel « guérite, réduit, boite », dimin. Empr. fr. ancien garite « guérite ».
Karn, s. m., sabot des solipèdes, corn. et cymr. carn, cf. galate κάρνον « trompette » [de corne] : soit un celt. *karno- « corne » de même souche que lat. cornu, etc. V. sous korn.
Karnel, s. f., ossuaire, charnier. Empr. lat. (avec dissimilation de r en l) carnāria, pl. nt. pris pour un fm. sg.
Karô, s. m., cerf (aussi karv), corn. carow, cymr. carw id. : soit un celt. *kar-wo-, lat. cervus, lit. kárvė « vache », al. hiruz > hirsch « cerf », exactement « le cornu ». V. sous korn et karn.
Karout, vb., aimer, cymr. caraf, ir. caraim « j’aime » : rac. KAR, cf. lat. cār-u-s « cher », al. hure « courtisane », sk. cār-u « aimable ».
Karr, s. m., charrette, cymr. car, vbr. et vir. carr, gaul. latinisé carrus (d’où fr. char), celt. *kars-o- id. : cf. lat. curr-u-s « char », curr-ō « je cours », germ. *hors-a- « cheval » (ag. horse, al. *hros > ross, etc.).
Karrek, s. f., écueil, rocher, corn. carrag, cymr. carrecc > careg, vir. carric, ir. et gael. carraig id. (fr. garrigue venu du gaul.) : d’un celt. *kars-ekki-, dér. de rac. KARS « dur »[33] ; cf. ag. harsh et al. harsch.
Karv, s. m., variante de karô. V. ce mot.
Karvan, s. f., mâchoire, ensouple de tisserand. — Étym. inc.[34].
Karvek, s. m., sauterelle : dér. de karv, et cf. l’autre sobriquet du même insecte, karv-raden « cerf de fougère ».
Karz, s. m., raclure, ordure : abstrait du suivant, et cf. skarz.
Karza, vb., racler, nettoyer, cymr. carthu, vir. cartaim, gael. cairt id. : dér. d’une rac. KER et SKER, « séparer, trier », etc., sk. apa-skar-a « excrément », gr. σκώρ id., κρί-νω « je juge », lat. cer-nō « je discerne », crī-bru-m « crible », vsl. skvrĭna « ordure », etc. V. sous krouer et skarz.
1 Kas, s. m., haine, cymr. cas, ir. cais id. : d’un celt. *kassi- = *kad-ti-, cf. ag. to hate, etc. V. la rac. sous keùz.
2 Kas, s. m., mouvement, fougue : abstrait du suivant.

3 Kas, vb., envoyer, porter, conduire. Empr. fr. (normand) casser = fr. chasser « pousser devant soi », du bas-lat. capiiàre.

Kastisa, vb., punir. Empr. lat. savant castigâre.

Kastréjenn, s. m., nerf de bœuf (aussi kastr tout court) : contient un radical gallo-lat. *castrum « pénis », qu’il faut sans doute reconnaître à la base du lat. castràre « châtrer ». Cf. kalken- et éjenn.

Kava, vb., creuser : dér. de kav variante de kao.

Kavaden, s. f., trouvaille : dér. de kaout. V. ce mot.

Kavala, vb., insulter (traiter de rosse ?) : dér. de mbr. caoall, « roussi n, bidet », cymr. cafalL Empr. lat. caballus. — Conj.

Kavan, s. f., corneille, chouette : variante de kaouan.

Kavas, s. m., fourchon d’un arbre (endroit où l’on peut s’y asseoir) : abstrait de kaoazez = koazez. V. ce dernier mot.

Kavel, s. m., berceau, corbeille, nasse, vbr. eauell ; cf. gael. cabhuil « nasse ». Empr. bas-lat. caoellum « petit creux », dimin. de caoïtm.

Kavout, vb., prononciation lente de kaout. V. ce mot.

Kaz, s. m., chat, corn. et cymr. cath y ir. et gael. cat, gaul. Cattos n. pp. ; cf. lat. caitus > fr. chat, probablement emprunté au celtique[35].

Kazarch, s. m., grêle, corn. ceser, cymr. cesair, ir. casair id., et gael. casair « tempête » : soit un celt. *kassri-[36], pour *kad-tri- « chute », de même rac. que lat. cad-ere ; sans autre équivalent.

Kasek, s. f., jument, corn. casec, cymr. caseg id. : peut-être originairement « [cheval] de prix » (celt. *kassi-ko-). V. la note sous 2 kaer.

Kaiel, s. f., aisselle, corn. casai, cymr. cesail id. : soit un celt. *koks-ali-, dér. du mot correspondant à sk. kàkça « aisselle », zd ka$a « aisselle », lat. coxa, « cuisse, hanche »[37], ir. coss « pied », cymr. coes « jambe », etc.

*Ke-, préfixe impliquant originairement conjonction, groupement, accession, parfois avec un sens très effacé : l’une des nombreuses formes que peut revêtir en breton, lepréf. celt. *ko- et *kom-, corn. co- y ce- etceo-, cymr. cy- et cyf-, ir. co- et càm-, gaul. et lat. co- et corn- (con-) y cf. la prép. lat. cum « avec ». Les autres formes, suivant la liaison qu’elles commandent, sont ka- t kan-, kav-, kef-, kem-, keAo-, keo-, ko-[38], etc. Kéar, s. f., logis, village, bourg, mbr. caer, corn. et cymr. caer (cf. ir. et gael. cathair). Empr. lat. castra, nt. pl. > fm. sg.

Kéaz, adj., malheureux, pauvre, cher[39], mbr. quaez « captif », corn. cait-es « servante », cymr. caeth « esclave », vir. cacht id., d’où gael. cachd-an « affliction », gaul. latinisé -captos à la fin d’un n. pr., lat. cap-tu-s ppe passé de rac. KÀP, cf. al. haf-t « prise », -haft (suff.) « doué de » (étymologiquement « pris de > susceptible »), etc. V. sous kaout[40].

Kébr, s. m., chevron (aussi quibr V.), corn. keber, cymr. ceibr, vbr. pl. cepriou. Empr. bas- lat. caprio, dér. de capra « chèvre ».

Kéded, kédez[41], s. f., équinoxe : exactement « égale durée » [du jour et de la nuit] : dér. de 1 keit. V. ce mot.

Kééla, vb., rechercher ardemment, adorer : dér. de kéél, forme ancienne de 1 kél[42]. V. ce mot, mais cf. Gloss. Ern., p. 531.

Kéf, s. m., tronc, mbr. gueff, cymr. cyff. Empr. lat. cippm.

Kéfalen, s. f., soupe, ragoût : exactement « contenant du sel, assaisonné ». V. sous *ke- et holen ou c’hoalen.

Kéfélek, s. m., bécasse : dér. de *kéfél[43]. V. sous *ke- et ell.

1 Kéfer, s. m., arpent[44], bois du soc de la charrue : composé du préf. *keet du radical de arat. V. ces mots.

2 Kéfer, s. m., opposition, comparaison, proportion, cymr. cyfer id., vir. comair, « pour, contre » : soit donc un celt. *com-are prép. impliquant juxtaposition conjointe. V. sous *ke- et ar-.

Kéfilin, s. m. (aussi kèfèlin), partie du bras attenante au coude (du coude à l’épaule ou du coude au poignet) : préf. *ke- et ilin.

Kéfiniaût, s. m., cousin au 4« degré : dér. de mbr. queffîn = cymr. cyffin « contiguïté ». Empr. lat. confînium v contiguïté ».

Kéfleûé, adj. f., [vache] pleine. V. sous *Are- et leûé, et cf. kénep.

Kéflwak, s. m., agitation, trouble. V. sous *ke- et luska.

Kafn, s. m., dos, cymr. cefn id., gaul. Cebenna n. pr. « les Cévennes » : aucun équivalent sûr en dehors du celtique.

Kefni (vieilli), s. m., mousse : soit un composé celt. *kom-mâkn-iomoussu ». V. sous *ke* f 1 mann et kinoi.

Kefniden, s. f., araignée (aussi kafioniden V.), cymr. cyffiniden id. : soit « la fileuse », dérivation secondaire appliquée sur le radical *kom-spen-. V. sous *ke-, et pour la rac. comparer ag. to spin, al. spinnen « filer », gr. σπάω (spaô) « je tire ».

Kéfrann, s. f., portion, cymr. cyfran. V. sous */re- et rann.

Kéiré, s. m., lien, vir. cuimrech id. : soit un celt. kom-rigo-, cf. lat. corrigia « courroie » et mhal. rie « lien ». V. sous *ke- et rumm.

Kéfréder, s. m., homme pensif, réfléchi : dér. du suivant[45].

Kéfret, adv., ensemble, mbr. que/fret, vbr. -cofrit, cf. cymr. frit et vir. reth o série » : soit donc un celt. *Ao-sr-fo-, équivalant à lat. con&ertum « arrangé ensemble », rac. SER dans lat. ser-ies « rangée », gr. συν-είρ-ω (sun-eir-ô) « je lie ensemble », sk. sar-at « cordon », etc.

Kéfridi, s. f., message : soit « com-mission », V. sous *ke- et 1 réd.

Kégel, kégil, s. f., quenouille. Empr. vir. cuicel, lui-même empr. bas-lat. *conucula, d’où fr. quenouille et al. kunkel.

1 Kégin, s. f., geai, cymr. ancien *cegin*[46], dér. secondaire par rapport à cymr. ceg « bouche » (souvent employé péjorativement), ceg-u, « dévorer avidement, crier », d’étymologie d’ailleurs inconnue : soit donc « le [gros] bec, le goulu, le braillard », etc. Cf. gégin.

2 Kégin, s. f., cuisine, corn. et cymr. cegin. Empr. lat. coquïna> cocina.

Kégit, s. f., ciguë, cymr. cegid, corn. ceg es, vbr. cocit-ou pl. « endive ». Empr. lat. cicata corrompu en *cucïta.

Keida, vb., égaliser : dér. de 1 keit. V. ce mot.

Kein, s. m., mbr. gueyn, variante usuelle de kefn. V. ce mot.

Keini, vb., gémir, mbr. queiniff, cymr. euin « plainte » (en justice), corn. chen « procès »[47], vir. càinim « je déplore », ir. eaonim, etc. : soit une base celt. */roi-n-, dér. d’une rac KEI[48], sans autre équivalent.

Keinvan, s. m., gémissement : dér. du précédent.

1 Keit, s. f., durée, égalité, mbr. que hit, cymr. eyhyd « aussi long », etc. (de *hit > het). V. sous ke- et 1 héd.

2 Keit, s. f., filipendule : identique à 1 keit (oscillations isochrones).

3 Keit, prép., pendant : identique à 1 keit « aussi longtemps que ».

Keixa, vb., dégrossir, cf. ir. caith-im, « je consume, use, dissipe », et surtout sk. çi-çà-ti « il aiguise » ; sans autre répondant sûr.

Kéjein (V.), vb., mêler, brouiller, cf. cymr. cyd-io « unir » : dér. de ket-. Cf. aussi kijout et digeiza.

1 Kel, s. m., nouvelle, conte, mbr. quehezl (cf. kééla), cf. corn. wheihl, cymr. chweddl, ir. scél = celt. *sq-etlo- id. : soit donc un celt. *Aosqetlo-, dont le second terme est dér. de rac. SEQ « dire », gr. ἔπι-σπε (epi-spe) « il dit », lat. ancien insequ-e « dis », vhal. sag-ën (al. sagen, ag. to *ay), lit. êak-jjti « dire » ; le 1er terme sous *ke-.

2 Kel, s. m., cloison, cymr. celL Empr. lat. cella « cellule ».

3 Kel, adv., forme assimilée de ken devant l.

Kéladur, s. m., doloire. Empr. lat. caelatorium « ciseau ».

Kélaoui, vb., publier : dér. de 1 kel.

Kélastren, s. f., houssine : dér. d’une composition de *ke- et lâz, avec rattachement artificiel à 1 kélen. V. ces mots.

1 Kélen, s. m., houx, corn. celin, cymr. celyn, vir. cuilenn, ir. et gael. cuilionn id. : soit un celt. *kol-enno-, cf. sk. çal-â t « baguette, aiguillon », gr. ϰῆλ-ο-ν (kêl-o-n) « flèche », et surtout ag. holly et al. huis > hulst « houx » (le mot fr. est emprunté au germanique).

2 Kélen, s. m., leçon : préf. *ke- et 3 lenn (comme lat. lectiô > fr. leçon procède de légère). V. ces mots,

Kéler, s. m., noix de terre, mbr. coloren (pl.kéler), cymr. cylor, ir. et gael. cularan « concombre » : soit un celt. */ra/oro-, pour */raru-/o-, apparenté au gr. ϰάρυ-ο-ν (karu-o-n) « noix », isolé par ailleurs[49].

Kéléren, s. f., feu follet, lutin. Empr. lat. celer « rapide ».

Kelf (C), s. m., souche (cf. kef), cymr. celff « pilier », vir. colba, ir. et gael. colbh id. : cf. lat. colu-men « appui », colu-mna « colonne », culmen « comble », celsu-s « haut », et gaul. cel-icno-n « construction » ; la souche est commune aux deux langues, mais il se peut que le mot soit emprunté au latin.

Kelc’h, s. m., cercle, cymr. cyrch. Empr. lat. circulus > *circlus.

Kelc’hen, s. f., collier : dér. du précédent[50].

Kéliénen, s. f., mouche, corn. kelionen, cymr. pl. cyUon, vir. cuil, gael. cuileag id. : soit un dérivé celt. d’une base *kuli-, qui ne parait se retrouver que dans le lat. culex « moucheron ».

Kélina, vb., mettre bas : dér. de kolen (pl.kélin). V. ce mot.

1 Kell, s. m., variante de 2 kel. V. ce mot.

2 Kell, s. m., testicule, cymr. caill id. : d’un celt. *kall-yo-, de même origine que kalc’h. V. ce mot.

Kelléaz, s. m., premier lait d’une vache qui vient de vêler, cymr. cynllaeth = celt. *kinto-lakt-. V. sous keût et léaz.

Kellid, s. m., germe : dér. de kell ou kall[51].

Kélorn, s. m., baquet couvert, cymr. cilurnn > celwrn, vir. cilornn, gaul. Cilurnum (nom de lieu) : soit un celt. *kelurno- pour *kelp-urno-[52], cf. sk. karp-ara « pot », gr. ϰάλπ-η (kalp-ê) « urne », lat. calpar « vase à vin ».

Kelvez, s. m., coudrier : serait en celt. *koslo-widu-, cf. corn. col-widen > colwidhen. Le premier terme est cymr. coll-en « noisette », vbr. coll, ir. coll f gael. call-tuinn, d’un celt. *koslo- = # Zro$a/o-, lat. corylus, ag. hazel, al. hasel(-nuss). Le second est gwéz(-en).

Kember, s. f., confluent (Quimper). Cf. aber, goaer et kémérout.

Kembot, s. m., variante de kombot. V. ce mot.

Kéméner, s. m., tailleur : soit *kem-ben-er « celui qui coupe pour assembler ensuite ». V. sous */re- et béna.

Kémenn, s. m., mandement, ordonnance, cymr. cymmyn id. : abstrait de Tempr. lat. commendare. Cf. mennout.

Kémeùt, adv., autant : exactement « conjointe (pareille) quantité ». V. sous *ke- et meut.

Kémérout, vb., prendre » recevoir, accepter, mbr. quempret < compret, cymr. cymmerqffxà. : dér. d’un celt. *Zrom-6er-o- « compréhension ». La rac. est BHER, sk. bhâr-a-ti « il porte »> gr. <pép-u>, lat./er-ô, vir. ber-im et do-biur « je porte », got. bair-an (ag. to bear, al. gc-bâr-en « enfanter »), vsl. ber-ç « je prends ». Le préfixe sous *ke-. Cf. en outre kember, argourou, etc.

Kemm, s. m., change, échange, troc. Empr. bas-lat. cambium[53] (d’où fr. change). V. sous kampi et eskemw.

Kemmesk, s. m., mélange, cymr. cymmysg, vir. cummasg, cf. lat. cornmiscère. V. sous *ke- et meski.

Kempenni, vb., arranger. Empr. lat. savant compônere[54].

Kempréd, adj., contemporain. V. « ous *Are- et préd.

1 Ken, adv., autant, cymr. cyn id. : identique au préf. ken-, qui répond dans plusieurs mots au préf. fr. corn-, con-, et par conséquent au celt. *kom-, redevenu mot indépendant comme indice du comparatif d’égalité. V. sous *ke-, kiment et ket-.

2 Ken, adv., ne… plus : le même, devenu négatif en*proposition négative, comme fr. pas, point, mie, goutte, etc. Cf. ket.

Ken-, particule dont on verra le sens et l’origine sous. 1 ken. Exemple : kenlévènez (con-jouissance) « félicitations ».

Kenavézô, kenavô : formule pour prendre congé ; le sens originaire est « autant que sera », c’est-à-dire « jusqu’à ce que soit »[55].

Kenkix, s. m., maison de plaisance, mbr. quenquis, cf. cymr. cainge et ir. géc « branche »[56], gael. geug id., sk. çank-ù « pal ». — Conj. Ern.

Kenklaô, s. m., étrape, V. sous kamm et klaô.

Kendalc’h, s. m., maintien. V. sous*£e- etdalc’h.

Kendamoues, s. f., émulation : répond à un celt. *koni’to-amb-(d)uk-ti-, qui signifierait « le fait de se tourner vers [un butj en concurrence », et contiendrait une rac. suivie d’un suff. et précédée de trois préf. V. sous *ke-, 1 da-, 1 am-, et la rac. sous dougen.

Kenderf, s. m., cousin, cymr. cenfder[57], vbr. comnidder, c’est-à-dire celt. *kom-nit-tero-, formation équivalente à ce que serait en lat. *cum-neptiu-s « petit-fils d’un même (aïeul) » ; cf. gr. ἀ-νεψ-ιό-ς « cousin », qui a exactement ce sens ; sk. nâpat « fils, petit-fils », lat. nepôs (fm. nept-is), « petit-fils, neveu », al. nejffe « neveu », etc. Cf. kéoenderfet 1 nïz.

Kenderc’hel, vb., maintenir. V. sous *ke- et derc’hel.

Kendrec’hi » vb., convaincre. V. sous*Are- et trec’hi.

Kéned, s. f., beauté : dér. du mbr. quen « beau », cymr. cain, vbr. cein, vir. càin, ir. et gael. caoin id. : soit peut-être une base celt. *koi-ni-, état fléchi de la rac. SKI > Kl, « briller, reluire », qui se retrouve dans le got. &kei-n-an (ag. to shine, al. scheinen, etc.).

Kénep, adj. f., (jument) pleine : préf. *ken- et *ep = celt. *epos « cheval ». V. sous *ke-, ébeul et ktfleùé.

Kéniterv, s. f., cousine. V. sous keàderf.

Kenn, s. m., peau, cuir, crasse de la tête[58], corn. et vbr. cennen, cymr. cenn, ir. ceinn id. : d’un celt. *kenni-> qu’on peut rapprocher du visl. hinna « membrane » ou du visl. skinn = ag. skin[59] « peau ».

Keùt, prép., avant, eorn. kyns, cymr. kynn > cyn, ir. cét-amus « d’abord », etc., gaul. Cintu-gnatO’s n. pr. « aîné», etc. Le même radical paraît signifier « nouveau » ou « dernier », selon qu’on l’envisage dans diverses langues : sk. kan-itfhâ « cadet », gr. ϰαινός (kainos) « récent », lat. re-cens, al. hint-er « derrière » et ag. be-hind, etc. : le sens primitif est donc « extrême »[60].

Kent a, adj., premier : superlatif du précédent.

1 Keûtel, s. f., leçon, cymr. cathlet cathl-edd « chant », ir. cètal id. : soit un celt. *kan-tla ou *kan-tlo[61]. V. sous kana.

2 Kentel, s. f., temps, heure (e keAtel « à point ») : le même que le précédent, au sens de « mesure de chant », d’où « temps marqué, temps précis », etc.

Kentiz, adv., d’abord, aussitôt : contamination de keht et de ^hastiz « hâtivement ». V. sous hast, atizei astizein.

Keùtr, s. f., éperon, ergot, cymr. cethr « clou », corn. center, vir. cinteir « éperon » : d’un celt. *ken-tri-, gr. ϰέντ-ρο-ν (kent-ro-n) aiguillon »[62], ϰεντέω (kenteô) « je pique » ; cf. gr. ϰαίνω (kainô) je tue », sk. {çnàth-a-ti) çnath-âya-ii « il perce », indiquant une base primitive KEN.

Kentrad, adv., aussitôt : exactement « coup d’éperon » (sens conservé)» influencé par la métaphore et la ressemblance de keàtiz[63].

Keùver, s. m., variante usuelle de kéfer. V. ce mot.

Kéô, s. m., grotte : d’un celt. *kow-io-, qui est de même souche que le lat. cao-u-s « creux » (lat. vulg. covus > espagnol cueca).

Kéôniden, s. f., variante de kefniden. V. ce mot.

Kéouez, s. m.» variante de kécez. V. ce mot.

1 Ker, s. f., contraction de kéar. V. ce mot.

2 Ker, s. f., arête d’un angle), cymr. cer « angulaire » : cf. provençal caire t coin ». Empr. fr. ancien *querre < bas-lat. quàdrum.

3 Ker, adj., cher (dans les deux sens du fr.), mbr. quer. Empr. fr. (normand) quer = cher. Cf. kdr et karout.

4 Ker, adv., aussi, autant : variante régulière de ken> comme ar de ann et eur de eunn. V. ces mots.

Kerkeùt, adv., aussitôt. V. sous 4 ker et /cent.

Kerkouls, adv., au reste, toutefois : exactement « en même temps » (cf. le sens du fr. cependant). V. sous 4 ker et 1 kouls.

Kerdu, s. m., variante de kerzu. V. ce mot.

Kéré, s. m., cordonnier (aussi kérèour dér.), corn. chereor, cymr. crydd, ir. cairem id. : tous dérivés, par divers suffixes, d’un radical celt. *kar- pour *karp- « chaussure » ; cf. gr. ϰρηπ-ίς (krêp-is), lat. carp-isculus, lit. kàrp-e, etc.

Kérentiel, s. f., parenté : dér. de *karant-. V. sous kâr.

Kérez, s. m., cerise (cymr. ceiros). Empr. bas-lat. cerasia.

Kerc’h, s. m., avoine, cymr. ceirch, d’un celt. *kork-yo-, cf. mir. corca, ir. coirce* gael. corc id. : soit un celt. *kor-ko- y dont la première syllabe rappelle celle du gr. ϰόρ-ο-ς (kor-o-s) « satiété », du lit. szér-ti « nourrir » (se dit des animaux) et du lat. Cer-ês. — Conj. Mcb.

Keroheiz, s. f. f héron, corn. cherhit, cymr. crychydd, vbr. corcid « grue », ir. et gael. corrii. : supposent un radical celt. *korg-, cf. gr. ϰέρχ-νω (kerch-nô) « je suis enroué », ϰερχ-νη-ίς (kerch-nê-is) « crécerelle », vsl. kragujĭ « épervier », vhal. hreigir > al. reiher « héron ». Onomatopée primitive[64].

1 Kerc'hen, s. m., tour de cou, poitrine : le sens étymologique est simplement « contour ». Empr. lat. circinus. Cf. kelc’hen.

2 Kerc’hen (V.), s. f., mystification, conte plaisant : dér. de kerch, comme qui dirait « donner de l’avoine à qqun » pour « lui en donner à garder ». — Conj. Ern. (très plausible).

Kerc’hout, vb., chercher, corn. cerches, cymr. cyrchu. Empr. lat. circâre > fr. chercher, « faire le tour de > explorer ».

Kerlux, s. m., loche de mer : soit ker-lus « brochet géant ». Le premier terme est cymr. cawr « géant » (cf. keùreuk), ir. caur « héros », gaul. n. pr. Κάυαρος (Kauaros), sk. çū́ra « héros », gr. ϰῦρος (kuros) ; et ϰύριος (kurios), etc. Le second est empr. fr. ancien lus « brochet » (lat. lūcius).

Kern, s. f., trémie, tonsure[65], sommet de la tète. Empr. bas lat. *cerna « crible », de cernere. V. sous krouer et karz.

Kerné, Kernéô, s. m., la Cornouaille, cymr. Cernyw, du nom de la peuplade brittonique dite en latin Cornocii[66].

Kernigel, s. f., vanneau, cymr. cornicell « pluvier ». Empr. bas-lat. *cornicilla « petite corneille ». Ou simple variante de kornigel, à cause des allures du vol du vanneau. V. ce mot. — Conj. Ern.

Kerreis (C), adj., paisible, modeste. V. sous *ke- et reiz[67].

Kers, s. f., possession, jouissance, vir. cert « droit » (adj. et subst.) ; cf. lat. cer-tu-s (mbr. querz « certes »), qui est le ppe passé primitif de cer-n-ere « juger ». V. la rac. sous karz.

Kersé, adj., étrange : exactement « possédé en propre, privé, particulier » (euphémisme) ; dér. du précédent.

Kerx, kersed, s. m., marche, allure, corn. kerd « route », cymr. cerdded « marche », vbr. credam « je marche », vir. ceird « voyage » : soit un celt. *krid-i- > *kerd-i-, qui paraît se rattacher à la rac. KRID et SKRIDdel’al. schreit-en « marcher ».

Kerzin, s. m., alise : abstrait de ker-zin-en, s. f., « alisier, alise », cf. corn. cerden, cymr. cerddinen et ir. caorthain[68], ir. cair « baies » et gaei. caor « alise » ; la base celt. *kar- équivaut à *karp-, soit gr. ϰαρπ-ό-ς (karp-o-s) « fruit », ϰαρπ-ίο-ν (karp-io-n) « baie », lat. carpere « cueillir », ag. harv-est « moisson », al. herb-st, « vendange, automne ». — Conj. Ern.

Kerzu, s. m., décembre (aussi kéverdu V.), mbr. qeverdu id. : équivaut à un cymr. *cyfor-ddu « tout noir », ainsi nommé par contraste à miz dû « le mois noir » qui est « novembre ». V. sous tfiiet 2 kéfer[69].

1 Kést, s. f., corbeille, ruche, cymr. et vbr. cest « panier », d’où « ventre, panse » (cf. ag. chest « buste »). Empr. lat. ciata.

2 Kést, s. f., quête. Empr. fr. ancien gueste.

3 Kést, s. m. pl., vers intestinaux : le même que 1 kést[70].

Két, particule négative : étymologiquement, le même que le suivant, devenu comme 1 ken un mot isolé avec le sens de « autant » ; au point de vue du sens, cf. également 2 ken[71].

Két-, préf. au sens de fr. com- y con-, V. sous gant[72].

Keû, s. m., variante de kéô. V. ce mot.

1 Keûlé, s. m., variante de kaouled. V. ce mot.

2 Keûlé, adj. f., variante de kefleùé. V. ce mot.

Keûneûd, s. m., bois à brûler, corn. kunys, cymr. cynnud (et cynnen « allumer »), gael. connadh, vir. condud id. : soit un celt. *kond-uto combustible », dér. de la même rac. que 1 kann. V. ce mot.

Keûnujen, s. f., imprécation : de même formation que kunuda.

Keûreûk, s. m., saumon-coureur : correspond à ce que serait en cymr. *cawr-eog « saumon géant ». V. sous kerlus et éok.

Keûruz, s. m., petite anguille. V. sous*A-e- et rusa (reptile).

Keûsteûren, s. f., mauvais ragoût. Empr. esp. cocedura « cuisson[73] ».

Keûz, s. m., regret, chagrin, corn. cueth id., cymr. cawdda colère », coddi « offenser » : d’un celt. *kàd-os, gr. ϰᾶδος (kados) ϰῆδος (kêdos) ; « chagrin », got. hatis « haine » (ag. to hâte, al. hass). Cf. 1 kas.

Kévalen, s. f., variante de kèfalen. V. ce mot[74].

Kévatal, adj., proportionné, équivalent, mbr. attal id. et préf. *ke-. V. ce mot, et taloout (ici précédé du préf. *ad-), soit donc une formation celt. *kom-at-ial-o- (serait en fr. « *co-re-val-ant »).

Kéved (V.), s. m., quenouillée. Empr. fr. ancien eschevete « échevette », en prononciation normande.

Kéveṅderi, s. m., cousin issu de germain, cymr. cyfyrder = celt. *kowir- avec un suff. commun dans les noms de parenté, soit donc « arrière-petit-fils du même [aïeul] » ; cf. cymr. wyr « petit-fils »[75].

Kéves, s. m., jeune bois pliant : soit un celt. *ko-widu- « [bois] qui fait [encore] partie de Parbre ». V. sous *ke- et gwèzen.

Kévia, vb., creuser : dér. de kéô (keo). V. ce mot.

Kévlniterv, s. f., cousine : fém. de kévenderf.

Kéz, adj., variante moderne par contraction de kéaz.

, s. m., chien (pl.koun), corn. ki, cymr. ci, ir. eu (gén. vir. co/i), gael. cà, etc. : d’un celt. *ku (pl.kun-es) ; cf. sk. çoà (gén. çun-às), gr. ϰυών (kuôn) (pl. ϰυν-ες (kun-es)), lit. sau (gén. szun-s) ; lat. et germ. amplifiés, lat. canin, ag. houn-d, al. hun-d.

Kia, vb., supporter, résister : dér. récent du précédent[76].

Klb, s. m., cercle de moyeu, coque, pot, cymr. cib. Empr. lat. cupa.

Kibel, s. f., cuve, baignoire. Empr. bas-lat. *cupella.

Kik, s. m. (aussi kîg), chair, viande, mbr. quic, corn. chic, cymr. cig, vir. cich « mamelle ». — Étym. inc.

Kidel, s. f., filet qu’on tend [comme une chaîne] entre deux pieux, cymr. cidell id. Empr. bas-lat, *catilla[77], altéré de *catëlla, dimin. de catëna « chaîne » ; cf. cymr. cadwyn « chaîne » empr. lat.

Kigen, s. f., muscle : dér. de kik.

Kichen, prép. dans la locution é kichen « auprès », équivalant à ce que serait lat. in circinô, « dans le contour, aux environs », cymr. cyrehyn « environnant », vir. cercenn id. ; d’un celt. *kerk-inno-, cf. gr. ϰρίϰ-ο-ς (krik-o-s) « cercle », lat. circus, circum, circà, etc., sk. cakrá « roue », gr. ϰύϰλος (kuklos), ags. hwéol >ag. wheel[78]. Cf. kelc’h et kerc’hen.

Kijout, vb., rencontrer : dér. de *ket « avec ». V. sous kèt et cf. kéjein (ce que serait un mot fr. « *ensembler »).

Kil, s. m., dos, mbr. quil, corn. chil « nuque », cymr. cil, ir. cul, gael. cul « dos » : soit un celt. *kûlo- = lat. culus[79].

Kildrô, adj., inconstant, volage : le sens est celui d’un composé fr. qui serait « tourne-dos ». V. sous kil et trô.

Kilek, s. m., coq (aussi ki(ok), corn. chelioc, cymr. ceiliog, vir. cailech, gaul. Caliacos n. pr. ( ?) : d’un celt. *kal-ydko-, dont la rac. est celle de gr. ϰαλ-έω (kal-eô) « j’appelle », lat. cal-are[80], etc.

Kijéri, s. m., ortolan. Empr. fr. ancien guilleri « chant du moineau »[81].

Kijévardon, s. m., porc frais, mbr. quillevarden (aussi injure) : le premier terme doit être kik, soit donc « viande de Leeuwarden », sobriquet qui peut se rattacher à quelque particularité d’approvisionnement des Bretons pêcheurs dans la mer du Nord. — Conj.[82]

Kilc’ha, vb., cligner, bigler : contamination inverse de blingein.

Kilok, s. m., variante de kilek. V. ce mot.

Kilorou, s. m. pl., avant-train de la charrue [où se trouvent les roues], mbr. guilhorou, etc. : pour *kilc’h-ior-ou, pl. d’un dér. collectif àekelc’h. V. ce motet cf. kichen. — Ern.

Kllvid (C), s. f., coudraie. V. sous keloez.

Kilvizia, vb., charpenter : dér. de kaloez* V. ce mot.

Kimiad, s. m., congé, adieu. Empr. bas-lat. commeâtus a approvisionne* ment de voyage », d’où vient aussi le fr. congé.

Kiñ, s. m., écorchure, portion écorcée : abstrait du suivant.

Kiña, vb., écoroher, écorcer : dér. de kenn. V. ce mot.

Kiñkla, vb., parer : originairement « orner de bijoux » (cf. kinklérézou « affiquets »), dér. de l’empr. fr. altéré clinquant ou quincaille.

Kiñen, s. m., ail, corn » hennin « oignon », cymr. cenin et vir. cainnenn id. : d’un celt. *ka-niën-, dér. d’un radical *kap- accusé par gr. ϰάπ-ια (kap-ia) « ail » et lat. caep-a « oignon ».

Kiàex, s. m., guigne. Erapr. fr. bretonisé.

Kiniad, s. m., chantre d’église : dér. dekana. V. ce mot.

Kiniden, s. f., variante de kefniden. V. ce mot.

Kinnig, s. m., offre (aussi kennig), cymr. cynnyg = *cyn-dwg, soit fr. « il com- porte, conduit » : abstrait du vb. kinniga, qui est une juxtaposition équivalente à *ken-douga. V. sous *ke- et dougen.

Kinvi, s. m. (kicini V.), variante usuelle de kefni.

Kioc’h, s. f., bécassine, cymr. giach. Onomatopée.

Kiriek, s. m., fauteur, complice : soit un adj. celt. *karya-ko- « blâmable », dér. Ae*kar-yâ « blâme » > vir. caire id. ; cf. mbr. careza blâme », br. karè (V., et karéein « blâmer »), corn. cara, cymr. caredd et cerydd, lat. car-indre, lett. karinât, « agacer, exciter », lit. isz-ket-noti « médire de », vsl. karati « punir », etc. Cf. digarez.

Kirin, s. f., pot à crème pour le beurre. Empr. Scandinave, visl. kirna « vase à baratter », d’où aussi anglais churn. — Conj.

Kistin, s. m., châtaigne. Empr. bas-lat. castânia « caatanea).

Kivich, kivij, s. m., tan, cymr. cyffaeth id. : soit un dér. *confectium « apprêt » de l’empr. lat. confectus, « apprêté, confit ».

Kivioul, adj., bourru, fantasque : le sens primitif est simplement « volontaire », soit *kec-iouL V. sous *ke- et iouL

Kîz, s. m., recul : originairement « le fait d’aller »’ : dér. de la rac. signifiant « aller », cf. kae « va », kit « allez », corn. ke, vir. ro-chi-m « j’atteins », gr. ϰί-ω (ki-ô) « je vais », ϰι-νέ-ω (ki-ne-ô) « je meus », lat. ci-eo « j’excite », con-ci-tu-s « fougueux », etc. Cf. la conjugaison de mont.

Kis, s. f., variante de gîz (le g pris pour une mutation).

Kizel, s. f., ciseau. Empr. bas-lat. cïsellus (de caedô > cïdô).

Kizidik, adj., sensible, susceptible : exactement « qui recule ou se rebiffe, se replie » [comme la sensitive] ; dér. de / kiz.

Klaù, s. m., variante masculine de klann = glann.

Klaû, <klaàv, adj., malade, mbr. claff, corn. et cymr. claj vir. clam « lépreux », ir. clamh, gael. cloimh « gale » : d’un celt. *klamo- « malade », [83]

rac. KLÊM et KLÄM, sk. klām-ya-ti « il est épuisé », gr. ϰλαμ-αρό-ς (klam-aro-s) ; « faible » (Hesych.), lat. clēm-ens[84] — Mcb.

Klaô, s. m., ferrement, outil en fer (cf. kenklaô), nœud[85]. Empr. bas-lat. *clovus < lat. clāvus « clou ».

Klaouein (V.), vb., creuser, cymr. claddu id., vir. claidim « je creuse » : d’une rac. à sens vague, « frapper, endommager, briser, creuser »[86], qu on retrouvera sous klâz, kleùz, klèzé, koll, etc. V. ces mots.

Klaouier, s. m., étui à aiguilles : dér. de klaô.

Klaoustré, s. f., gageure : altéré de mbr. coustelé, cf. cymr. cywystl (avec un suff. en plus). V. sous *ke- 9 gicestl et gloesir.

Klask, s. m., recherche : abstrait de klask-out, cymr. clasgu < casglu « chercher ». Empr. bas-lat. *quaesiculare, fréquentatif de guaerere. — Ern.

Klav, s. m., variante de klaô. V. ce mot.

Klfiz, s. m., tranchée, cymr. cladd « fosse », vir. clad et ir. cladh, gael. cladh « cimetière » et cladhaich « fouir » : d’un celt. *klado- avec a bref (cf. gaul. n. pr. Vindo-clad-ia « la tranchée blanche ») ; rac. KLAD. V. sous klaouein et kleûz.

1 Kleiz, adj., gauche, corn. gledh, cymr. kled > cledd, vbr. cléd, vir. clé > cliy ir. et gael. cli id. : d’un celt. *kli-yà-, dér. de rac. KLI, « s’incliner, obliquer », sk. çrày-a-ti « il s’appuie », gr. ϰλί-νω (kli-nô) « je m’appuie », lat. clï-vu-s « pente », clivius, « escarpé, [augure] défavorable », m-cftnàre, etc., vir. clàin et gael. claon « gauchi », lit. szlë-ti « pencher », ags. hl&n-an> ag. to lean « s’appuyer », al. isich) lehnen id., got. hleid’Uma « gauche », etc.

2 Kleiz, s. m., craie : altéré pour *kreiz. Empr. lat. crēta[87].

3 Kleiz, s. m., mouron, cf. cymr. dais « scabieuse sauvage »[88].

1 Kleizen, s. f., pêne : dér. de 1 kleiz[89].

2 Kleizen, s. f., cicatrice, cymr. creithen, cf. gr. χαραϰ-τό-ς (charaktos), « gravé, entaillé ». Origine indécise ; mais en tout cas paraît contaminé de 2 kleiz[90].

Klemm, s. f., plainte, reproche : abstrait de klemma. Empr. fr. clamer [sg. 3 il claimet « il réclame »], du lat. clàmdre.

Kleùved, s. m., maladie (et klefioel vb.) : dér. de klaAo.

Kléô, s. m., l’attirail de la charrue : exactement « les ferrements », collectif auquel correspondrait un lat. *cldoium. V. sous klaô.

Kléô, s. m., ouïe : abstrait de kléoout. V. ce mot.

Kléren, s. f., pièce principale de la claie, mbr. clezren, cymr. cledr, « barrière, grille ». Empr. bas-lat. *clàtria y dér. de clàirt pl. 1

Kléren, s. f., glace légère à la surface de l’eau, mbr. clezrenn « glace » : pour *glezr-> qui suppose une base celtique *glid- =*^/-d-, très voisine, sous cette forme, de ag. cold et al. kalt « froid » ; cf. lat. gel-u et gl-ac-ië-s montrant les deux états de la rac. GEL 1.

Klét, adj., à l’abri, cymr. clyd « lieu abrité », vir. et gael. cleith « cachette » : soit un celt. *klito- < kl-to- 9 ppe passé de la rac. KEL« cacher », lat. oc-cul-tu-s de forme identique ; cf. cymr. cel-u « cacher », vir. cel-im « je cache », lat. cël-àre, al. oer-hehl-en, etc.

Kleûr, s. m., limon de charrette, cymr. claur> clawra planche », vir. clâr id. : soit un celt. *klàro- 2, sans autre équivalent.

Kleûz, s. m., fossé, haie 4, corn. claud et cymr. clawdd « fosse » : d’un celt. *klado- y rac. KLAD. V. sous klâz et klèzè.

Kleûz, adj., creux, vide. Empr. fr. altéré, et cf. klaouein. Kleûsen, s. f., arbre creux : dér. de 2 kleûz.

Kleûseur, s. m., métathèse de kreùzeul. V. ce mot.

Klévout, vb., entendre (aussi klêoei), corn. clewas, cymr. clywed et clyw, ir. cluinim et gael. cluinn id., vir. cld « renommée », etc. : d’une rac. KLEW, réduite KLU, largement représentée partout, sk. â-çrav-a-t « il entendit » et çrâo-as « gloire », gr. ϰλύ-ω (klu-ô) « j’entends » et ϰλύ-τό-ς (klu-to-s) « illustre », lat. in-clu-tu-s id. et glôria (pour *clo-ves-ia = sk. çrav-as-y), vir. clo-th et vbr. clôt « renommée », ags. AJod>ag. loud « à haute voix », et cf. ag. to listen « écouter », al. laut « son », etc. [91][92][93][94]

Klézé, s. m., épée, mbr. clezeff, corn. cledhe, cymr. cleddyf, vir. claideb (> ir. clàidheamh et gael. claidheamh)[95] id. : d’un celt. *klad-ebo-, cf. sk. khadga « épée » pour ^kald-ga- (?), tous deux de rac. KLAD « frapper » ; gr. ϰλαδαρός (kladaros) « fragile » et ϰλαδεύειν (kladeuein) « émonder », lat. ctâd-ës « désastre » et gladius pour *clad-io- « glaive », russe klad-u « je mutile », etc. Cf. klaouein.

Kliked, s. m., loquet. Empr. fr. ancien cliquette.

Klîn (V.), s. m., pli du genou ou du coude. V. sous glîn.

Klipen (C, V.), s. f., crête, huppe, sommet : semble une contamination de kribel et kriben, avec influence de penn.

Klisia, vb. t effleurer, s’écorcher. Empr. fr. glisser.

Kloarek, s. m., clerc, corn. cloirec, vir. clérech, ir. et gael. cléireach. Empr. lat. clëricus (de clërus « clergé » > ir. et gael. cléir).

Klôk, adj., complet : comme qui dirait « [dur comme] pierre > inséparable », corn. et cymr. ctog « rocher », vir. cloch « pierre », dér. de la même rac. que kalet. V. ce mot et cf. klôpenn.

Klogé, s. f., métathèse pour *koglé. V. sous koklé.

Klôgôren, s. f., ampoule : dér. de *klog « cloche ». Empr. bas-lat. *cloca, pour clocca. V. le mot suivant.

Klôc’h, s. m., cloche, corn. et cymr. cloch, vir. clocc id. : d’un celt. *klokko-, qui a donné par emprunt bas-lat. clocca > fr. cloche, ag. dock « horloge », al. glocke « cloche ». — Étym. inc.

1 Kloc’ha, vb., agacer [les dents] : dér. de klôc’h. V. les précédents[96].

2 Kloc’ha, vb., glousser ; cf. gael. cloch « petite toux » et cloch-ranaich « respirer bruyamment », lat. clôcîre « glousser », fr. kloké « glousser » (Bas-Maine Dn) et ag. io cluck. Onomatopées, et cf. sklôka.

Klôpenn, s. m., crâne : pour klok-penn « rocher de la tête », cf. cymr. penglog, ir. cloigionn et gael. claigionn (= *cloc-cenn). V. sous klôk.

Kloren, (V.) s. f., boîte : jadis « cosse, pellicule », variante dialectale[97] de

Klosen, s. f., gousse, cosse, enveloppe, boîte. Empr. fr. cosse, contaminé de klôz « fermé ». V. ce mot et cf. kos.

Klouar, adj., tiède, doux ; cf. gr. χλι-αρό-ς (chli-aro-s) et al. lau (pour *hlau, visl. hlœr) id. ; sans autre équivalent appréciable [98].

Klouéden, s. f., claie, com. cluit, cymr. clwyd id. Empr. bas-lat. clëta, d’où vient aussi fr. claie.

Klôz : adj., clos ; s. m., enclos. Empr. fr. ; cf. klosen.

Klôsennek, adj., dissimulé, sournois : dér. du précédent.

Klûd, s. m., juchoir : soit originairement « construction », of. cymr. cludo « amonceler », cludedig « entassé », vbr. clut-gued « amas », clut-am « je construis », d’un celt. *klout-ô id., qui montre les mêmes oonsonnes que got. hlath-an « charger » (ag. to lade, al. laden), sans autre équivalent connu.

Kludel, s. f., corps de la charrette : dér. du précédent au sens de « chargé » (la partie du véhicule que l’on charge).

Kluoha, vb., s’accroupir : variante de kluja « se jucher », dér. de klûd.

Klujar, s. f., perdrix, mbr. gouriar, cymr. cor-iar id. : proprement « poule naine », mais contaminé de kluja. V. sous iar et korr.

Klûn, s. f., fesse, cymr. clùn id. : d’un celt. *klouni-, sk. çràw, « hanche, fesse », lat. clunis, lit. szlaûnys, et cf. gr. ϰλόνις (klonis).

Koabr, s. m., nuage, mbr. couffabrenn. V. sous *ke- et oabl (la liquide finale altérée), et cf. kaniblen.

Koaden, s. f., pièce de bois : dér. de koad = koat.

Koaga. vb., croasser. Onomatopée. Cf. gwac’ha.

Koaga, vb., bossuer [la vaisselle] : variante de konvoka[99].

Koal, s. m., caille. Empr. fr. ancien quaille (ital. quaglia).

Koan, s. f., souper, corn. côn, cymr. cwyn-os. Empr. lat. cëna. Koaùt, adj., joli (d’où koahtik « écureuil » et koahtixu maîtresse »). Empr. fr. ancien coint (lat. càgnitus « familier »).

Koar, s. m., cire, corn. cor, cymr. cwyr. Empr. lat. cëra.

Koarel, s. f., semelle, mbr. coazrelL Empr. bas-lat. quadrellum « pièce [de cuir] quadrangulaire [100] ».

Koarc’h (V.), s. m., chanvre, cymr. cywarch « chanvre, lin » : soit un celt. *ko-werg-o- « matière à travailler ». La rac. est WERG, gr. ἔργον ϝέργ-ο-ν (ergon werg-o-n) « ouvrage » et gr. ῥέζω (rhezô) « je fais », gaul. vergo- « efficace » dans vergo-breto-s (titre d’un magistrat, cf. breût), gaul. cisalpin Verg-ilio-s n. pr., got. waurk-jan « travailler », cf. ag. work « œuvre », al. werk[101], etc. V. le préf. sous *ke-.

Koat, s. m., bois, forêt, corn. cuit, cymr. coit > coed, gaul. cëto- comme premier ou second terme de plusieurs noms géographiques : soit un celt. *keito- (sk. kné-tra « champ » ?), lat. cëto- (empr. celt. s’il se laisse rapprocher) dans quer(c)cëtum « chênaie », etc., got. hàithi (< *koiti) « champ », ag. heath et al. heide « lande ».

Koaven, s. m., variante de koéven. V. ce mot.

Koaza, vb., dépérir : exactement « se réduire par évaporation » (aussi coahein V.). Empr. bas-lat. coctàre, fréquentatif de coquere.

Koazez, s. m., séant. V. sous *ke- et azéza, et cf. kaoas.

Kôb, s. m., variante de kôp. V. ce mot.

Kok (C, V., T., pl. kégi), s. m., coq. Empr. fr. (onomatopée).

Kok, s. m., baie de houx, cf. cymr. coch « rouge vif ». Empr. lat. *cocum < coccum, nom de la baie qui donne la couleur écarlate.

Koklé, koklôa, s. f., grande cuiller. Empr. lat. cochlea ou cochleâre « cuiller », mais influencé par Pétymologie populaire qui y a vu « cuiller de cuisinier », cf. corn. coc, cymr. cog (empr. lat. coquus) et br. lôa. V. ce dernier mot, et rapprocher klogé.

Kodioc’h (V.), s. m., alouette. — Étym. inc. Cf. alc’houeder.

Koéf, s. m., coiffe. Empr. fr. coëffe (orthographe du XVII e siècle).

Koenv, s. m., enflure, tumeur, mbr. coezff 9 dont le second terme est mbr. huezaffa enfler ». V. sous *ke- et c’houéza.

Koéred (V.), s. m., charrée (cendre de lessive) : contamination des deux empr. bas-lat. *carrata (d’où fr. charrée, cf. karr) y et quadrâta, pièce de toile carrée dont on recouvre cette cendre. — Ern.

Koéven(T., V.), s. m., crème : serait en cymr. *cy-hyfen (préf. *A*H, le cymr. hy/en « crème » pouvant représenter une forme celt. *sai-mensubstance mucilagineuse », qui se retrouve dans gr. « T-{xa « sang » et al. zeima mucilage ». — Étym. inc.

Kôf, s. m., ventre, cymr. coffa corps creux ». Empr. bas-lat. *cofus> abstrait de bas-lat. câphinus (d’où fr. coffre).

Kofiûon, s. m., chausson. Empr. fr. ancien escafignon id.

Kogénan (V.), s. m., huppe : dér. de 1 kok (la huppe assimilée à la crête).

Kogennek (V.), s. m., alouette : dér. de 1 kok. Cf. kogénan.

Kohan (V.), s. f.. hibou : variante de kaouan.

Koc’hen, s. f., écorce, pellicule. Empr. bas-lat. cocca (d’où aussi fr. coque), corrompu de concha « coquille ». Cf. kouc’h.

Koc’hien, s. f., crasse, lie : dér. de koc’h, variante de kaoc’h.

Koc’hu, koc’hui, s. m., halle (aussi koc’hi), mbr. cochuy « réunion tumultueuse »[102], cymr. cy-chwyf « agitation, tumulte », de chwyfa mouvement ». V. sous *ke- et finval.

Kojen, s. m., bouvillon pour *gw-ejen. V. ces mots. — Conj.

Kôlé, s. m., jeune taureau (aussi kozlé = kôz-leùè). V. ces mots.

Kolen, s. m. f., petit d’un quadrupède, corn. coloin, cymr. colwyn, vir. culén, ir. cuileann, gael. cuilean id. : soit un celt. *kul-eino-, cf. gr. (éléen) ϰύλλα (kulla) glosé par σϰύλαξ (skulax) « jeune chien ». — Étym. inc.[103]

Koll, s. m., perte, dommage, corn. collet, cymr. collet colled, vbr. col « coupable », vir. coll, ir. caill, gael. call id. : d’un celt. *kold-o-. qui se rattache à la même rac. que lat. cladës « désastre ». V. sous klaouein et klézé.

Kôlô, s. m., paille, cymr. calaf, vbr. calam-ennou pl. d’un celt. *kalam-on-, cf. gr. ϰάλαμ-ο-ς (kalam-o-s) « roseau », lat. calamus (empr. gr.) et culmus « chaume », al. halm id., etc.

Koloren, s. m., singul. de kéler. V. ce mot.

Komb, kombant, s. m., vallon, cymr. cwmm, gaul. Cumba n. pr. (d’où fr. combe[104] id.) : soit un celt. *kumb-o-, cf. lat. cubàre et -cumb-ere « être couché, être en contrebas ». V. sous komm.

Kombot, s. m., étage, terrasse, cymr. cwmmwd « province », vbr. compot « division territoriale », vir. commaid « camaraderie » : soit un celt. *kom-buti- « ce qui tient ensemble », dont la rac. est BHU « être ». V. sous *ke-, bèza et boni.

1 Komm, s. m., auge : le même que komb (objet creux).

2 Komm, s. m., foulerie : le même que 1 komm (auge à fouler).

Kommoul, s. m., nuage épais, cymr. cymmwl et ctcmwl id. : parait dér. de 1 komm = komb, ou de koumm[105], ce qui revient au même.

Kompez, kompoez, adj., uni, lisse, mbr. compoes « égal », corn. compos « droit », cymr. cymmhwys, « de même poids, de même taille, convenable », soit donc « en équilibre ». V. sous *ke- et poez[106].

Komps, komz, s. f., parole : soit une base celt. *kon-wep-s-, où la rac. est WEQ, sk. vác-as, gr. ϝέπ-ος (wep-os) et εἰπεῖν (eipein), lat. vōx, etc.[107]

Kofi, s. m., coin. Empr. roman, cf. provençal conh, wallon coine, esp. cuhOy ital. conio, etc. ; tandis que cymr. cyn vient directement du lat. cuneus > cunius.

Konkoez, s. m., gourme : soit « rétrécissement ». V. sous *ke- et ehk[108].

Konchenn, s. f., récit : dér. de ko fit a. Empr. fr. conter.

Kaùohésa, vb., salir, tacher. Empr. fr. conchier[109].

Konikl, s. m., lapin (aussi kounikl, et altéré en konifl et en koulin V.). Empr. lat. cuniculus, d’où fr. ancien connil.

Koùtamm, s. m., poison, venin : abstrait de kontammi qui a signifié d’abord « gâter, corrompre ». Empr. lat. contàminàre.

Koùtel, s. m., couteau, vbr. cultell. Empr. bas-lat. cuntellus <cuUelhut.

Koṅtron, s. m., ver de charogne, corn. contronen « punaise », cymr. cynrhonyn « termite » : soit une base celt. # /co/i-^r-on-, où la rao. est TER > TR comme dans gr. τερ-ηδών (ter-êdôn) « ver de bois » et lat. ter-mes (larmes) « fourmi blanche ». V. sous *ke- et tarar.

Koùvoka, vb., repiquer [une meule], cymr. cyfhogi « aiguiser » : soit une base celt. *kom-ak-. V. sous *ke- et ék. Cf. kouga.

Kôp, s. m., tasse, gobelet. Empr. fr. ancien coppe > coupe.

Korka, vb., quêter, mendier, gueuser. Cf. f r. ancien cerchier « quêter » et courquaille « mauvais lieu ». Empr. fr. probable.

Korden, s. f., corde. Empr. fr. (malgré oorn. et cymr. cord)[110].

Korl, s. m., corps, buste, corn. cor/ 9 cymr. corff. Empr. lat. corpus. lKorn. s. m., corne, cornet, pipe[111], corn. et cymr. corn. vir. corn. gael. corn « corne à boire » : soit un celt. *korno- ou empr. lat. cornu[112].

2 Korn, s. m., grondin, cf. hollandais knorhaan, anglais gurnard et le nom fr. lui-même : poisson qui « corne », qui « gronde », qui émet un son ronflant au moment où on le retire de Peau. V. sous 1 korn et kornaouek.

Kornalen, s. f., trachée-artère : dér. de 1 korn[113]. Cf. korsalen.

Kornaùdoun, s. m., génie nain, nabot : exactement « nain de ruisseau », dér. de *korr-naût. V. sous korr et aàt.

Kornaouek, s. m., vent d’ouest, ouest : exactement « le cornant, le vent qui joue de la trompe », dér. de 1 korn.

Kornel, s. m., hausse de soulier : dér. de 1 korn au sens de « coin ».

Kornigel, s. f., toupie : exactement « en forme de [bout de] corne », ou mieux « la cornante, la ronfleuse », dér. de 1 korn.

Koroll (C, V.), s. m., danse : abstrait du fr. ancien coroller = caroler « danser en rond », d’où aussi ag. carol « chanson ».

Koroller, s. m., marchand de cuir, tanneur : contamination de *coazreller par fr. corroyeur, et peut-être par calembour sur koroller « danseur ». V. le précédent et koarel.

Korr, s. m., nain, corn. cor, cymr. corr id. : soit un celt. # /ror-*o-, cf. vir. ccr-t « petit », gr. ϰαρ-τό-ς (kar-to-s) « tondu » (de xstpio), lat. cur-tu-s « écourté, court », vsl. kratUkû id. (dont la rac. est KERT, cf. lit. kert-ù « je coupe »).

Korréen, s. f., courroie. Empr. fr. ancien coreie, et cf. kéfré.

Korroùka, vb., se baigner : pour gorroûka, mbr. gou-sroncquet « baigné », cf. cymr. trochi et ym-drochi « immerger », vir. fo-thrucud « bain » : préf. *gw-. et une base celt. *tronk, sans équivalent connu[114].

Kors, s. m., roseau, chalumeau, cymr. et vbr. cors, corn. cors a marais » : pour *korks, vir. curchas et gael. curcais, cf. vir. currech « marais » et lat. cârex « roseau » ; sans autre équivalent appréciable.

Korsalen, s. f., gosier ; dér. de kors[115], mais cf. kornalen.

Korventen, s. f., tourbillon de vent, mbr. cor-uent, cymr. cor-wynt, soit un composé celt. *kuro-wento- « vent en cercle » ; cf. vir. cor « circuit », gr. ϰυρ-τό-ς (kur-to-s) et lat. cur-vu-s « recourbé », gr. ϰορ-ώνη (kor-ônê), « objet recourbé, arc, encorbellement » (d’où lat. corōna), etc. V. sous gweiit et kichen.

Korvigella, vb., s’emmêler [à force de se contourner] : soit un composé *kor-mi(s)g-ella. V. sous korveûten et meski. — Conj.

Kos, s. m., cosse, vermine qui s’y loge. Empr. fr. Cf. klosen.

Kostez, s. m., côté (et kostèzen, s. f., côte). Empr. fr. ancien *costéd qui reproduit normalement le bas-lat. *costatum.

Kouabr, s. m., variante de koabr. V. ce mot[116].

Koukoug, s. f., coucou. Onomatopée. Cf. 1 kok.

Kouer, s. m., paysan. Empr. fr. ancien coillier « cueilleur » au sens de « qui récolte ». — Conj., cf. pourtantcymr. gtcaer, « lourdaud, rustique ».

Kouers (V.), adv., variante degouers. V. ce mot.

Kouévr, s. m., cuivre. Empr. fr.

Kouéz, s. m., chute : abstrait de kouèza « tomber », mbr. coesajf, corn. codhe, cymr. cœyddo id. : soit un celt. *keidô « je tombe », i.-e. *kei-dhô amplifié de la rac. KEI « aller ». V. sous 1 kh.

Kouéz, s. m., lessive : syncopé peut-être pour ^gtoelc’hes ou *golc’hez, SLYecg durci par l’aspiration. V. sous gwalc’hi.

Kouga, vb., variante de koàcoka, et cf. 2 koaga.

Kougoul, s. m., capuchon. Empr. lat. cucullus.

Kouc’h, s. m., couverture de ruche (eu cône), cf. cymr. cicch « canot, vase rond ». Empr. bas-lat. cocca, et cf. kochen.

Kouiltron (V.), s. m., goudron. Empr. fr. altéré[117].

Kouiû, s. f., tourte. Empr. fr. ancien et dialectal : cugneul « brioche », coignel, cuignei, cuignot, cuignole, « sorte de gâteau », tous dans God.

Kouldri, s. m., colombier, mbr. koulm-ti. V. ces mots [118].

1 Koulm, s. m., nœud, cymr. cwlm « lien », vir. colmm-ene « cordon » : soit une base *kolmbo-, sans affinité connue.

2 Koulm, s. f., colombe, corn. colom, cymr. colommen, vir. colomb, gael. colman, calaman, caïman, etc. Empr. lat. columba.

1 Kouls, s. m., temps (aussi kours V.). Empr. lat. cursus.

2 Kouls, adv., autant : abrégé de kerkouls. V. ce mot.

Koulskoudé ( kouskoudé), adv., cependant : exactement « aussi bien après cela » [que sans cela]. V. sous 2 kouls et goudé.

Koumm, s. m., vague : variante de 1 komm[119].

Koun, kouṅ, s. m., mémoire, mbr. couff, corn. côf, cymr. cof, vir. euman (dér. cuimnech et gael. cuimhne), cf. lat. com-min-iscor « j’imagine » : composé de préf. *kom- (sous *ke-) et de rac. MEN « penser », sk. màn-as « esprit » et màn-ye « je pense », gr. μέν-ος (men-os) et μέ-μον-α (me-mon-a), lat. men-s et me-min-î, got. mun-an a penser », lit. menu « je me souviens » et -manaâ « je pense », vsl. mïnèti « penser ».

Kounnar, s. £., rage, cymr. cynddaredd « folie », vbr. cunnaret « rage » : soit donc un composé *koun-dar, dont le second terme est corn. dar « abattement » ou cymr. dar « tumulte ». — Étym. inc. pour ce terme. V. le premier sous kî.

Koura), s. m., fressure. Empr. fr. ancien couraille, dér. de cœur. Kouricher, s. m., coiffe de deuil, mbr. coufforcher, où apparaît nettement l’altération del’empr. fr. couorechef, d’où aussi ag. kerchie/n fichu ».

Kouroul (V.), s. m., verrou. Empr. fr. ancien verrouil[120].

Kourrez, s. m., corroi : abstrait du vb. kourreza. Empr. bas-lat. *corredàre. d’où fr. conreer correier corroyer.

Kousk, kousked, s. m., sommeil (et kousket « dormir »), corn. cusc et cusc-e, cymr. cwsg et cysc-u. Empr. lat. quiesc-ere.

Kouskoudé, adv., variante de koulskoudé. V. ce mot.

Koust, s. m., dépense. Empr. fr. ancien coust.

Kouzoumen, s. f., sacrement de confirmation : abstrait du verbe correspondant kouzoum-enni. Empr. lat. consumm-àre[121].

Kôv, s. m., variante de kôf. V. ce mot.

Kôz, adj., vieux, corn. coth, gaul. Cottos n. pr. et ses dérivés (Alpes Cott-iennes) : ne se retrouve nulle part ailleurs[122].

Krab, s. m., crabe (d’où kraban « griffe » et krabisa « égratigner »). Empr. fr. ; cf. pourtant krâf pour les dérivés.

Krak, adj., court, corn. crak « bientôt », cymr. crach « petit », vir. croc id. : suppose une base celt. *kr-ako-, dont la rac. paraît être la même que celle de korr. V. ce mot.

Kraé, s. m., variante de graé. V. ce mot.

1 Krâf, s. m., prise : exactement « action d’agripper, de saisir [comme] avec des griffes », et conséquemment « de gratter » cf. kraoel, cymr. craf-u « gratter, racler », cf. gr. γράφ-ω (graph-ô), « je grave, j’écris », al. graben « creuser »[123] (lat. scab-ere « gratter », ag. to shaoe « raser », al. schaben « racler »), lett. kribinàtn ronger ). Rapprocher krapa et cf. krampinel.

2 Krâf, s. m., couture : abrégé de krâfnados. V. ces mots.

Krâg, s. m., grès, cymr. craig « rocher » : se rattache à la souche de karrek, s’il n’en est une variante très ancienne. Cf. aussi graé.

Krampinel, s. f., attrait, amorce : exactement « croc pour attirer ». Empr. fr. grappin, crampon, et cf. krapa et krâf.

Krampoez, s. m., crêpe, galette, cymr. cramm-wyth, c’est-à-dire *crammpoeth[124] « pâte cuite ». Le premier terme est un mot perdu *kramm y qui a dû désigner tout corps gras et pâteux, mais a passé dans l’usage à un sens péjoratif (cf. krémen) : il paraît identique au fr. crème et chrême et semble remonter de même au bas-lat. chrisma[125], empr. gr. χρῖσμα (chrisma) « oignement ». V. le second terme sous poaz.

1 Kran, s. m., entaille. Empr. fr. cran, et cf. kranel.

2 Kran, s. m., rouleau broyeur : variante probable de krenn.

Krank, s. m., crabe. Empr. fr. cancre (métathèse et cf. cymr. crange).

Kranel, s. m., créneau. Empr. fr., et cf. kran.

Kraon, s. m., variante de kraoun. V. ce mot.

Kraost, s. m., pituite. Onomatopée. Cf. fr. cracher[126].

Kraon, s. m., étable, mbr. crou, cymr. craw, ir. crô, gael. cro id. : d’une base celt. *krāo- pour *krāpo- « toit » ; cf. visl. hrōf, ags. hrōf > ag. roof sans autre équivalent connu.

Kraouaden (V.)» s. f., gratin. Empr.fr. bizarrement altéré.

Kraouen, s. f., ( Ai te d’aiguille, cymr. cra/, ir. crd, gael. cro [127] id. : soit donc peut-être le toit de l’aiguille », cf. kraou.

Kraouà, s. m., noix, rabr. knoenn, corn. cnyfan, cymr. cneuen, vir. c/uc, ir. c/io, gael. cnb id. : d’un celt* *À7io-i0o-, cf. ags. hnu-tu > ag. na/, visl. A no/, al. nuss[128].

Krapa, vb., accrocher. Empr. fr. grappe, grappin, gripper, agrafer et autres de même souche ; cf. krâfet krampinel.

Kravaz, s. m., brancard. Empr. lat. grabàius > grabaitus.

Kravel, s. m., grattoir, sarcloir : dér. dekrâf. V. ce mot.

Kraz, adj., sec, aride, rôti, cymr. cras id. : d’un celt. *kraso-, dont la rac. est la même que celle de sk. çrâ-ya-ti « il cuit », çrà-tà et çp-tâ « cuit », gr. ϰερά-ννῡ-μι (kera-nnû-mi)[129] « je mêle », et cf. krin.

Kré, adj., variante usuelle de krèhc. V. ce mot.

Kréac’h, s. m., tertre, mbr. knech (cf. kraoun), vbr. enoch, vir. enoec, ir. et gael. enoe id. : d’un celt. *knokko-, cf. visl. hnakke « nuque », ags. hnecca > ag. neck y al. nacken, sans autre équivalent.

Krédi, vb., croire, mbr. cridiff, corn. cresy, cymr. crédit, vir. cret-im « je crois » : soit un celt. *kred-dô « je place dans mon cœur », comme lat. crëdô etsk. çrad-dâdhdmi (= gr. -τίθημι (-tithêmi)) id. Cf. kreiz.

Kréfen, s. f., couture : dér. de 2 krâf. V. ce mot.

Krégi, vb., mordre, accrocher : dér. de kràk.

Krec’hen, s. f., colline : dér. de kréac’h.

Kreiz, s. m., milieu : étymologiquement « cœur », cymr. craidd, vir. cride, ir. croidhe, gael. cridhe, celt. *kridyo- pour *krdyo-, gr. ϰαρδ-ία ϰραδ-ίη, lat. cor (cord-is), lit. szird-i-s, cf. got. hairt-ô, ag. heart, al. herz. Pour le sens, cf. vsl. srêda et russe seredâ « milieu ».

Krémen, s. f., crasse : dér. de *kramm. V. sous krampoez.

Krén, s. m., tremblement : pour *krezn, dérivé d’une base celt. *kridtrembler » qu’on trouvera sous kridien[130]. Kréña, vb., se rouler, se vautrer : aussi krénia = *krenn-ia dér. de krenn « se mettre en boule ».

Krenn, adj., rond, vbr. cron> cymr. crwn, vir. cruind, gael. cruinn id. : soit un celt. *kr-undi-, formé comme le lat. rot-undu-s, sur une base signifiant « courbe », qu’on trouvera sous koroeâten.

Kréṅv, adj., fort, mbr. creff, corn. crif, cymr. craff id. : soit un celt. *Arrem-o-, cf. sk. krâm-a « marche », kràm-ati « il marche », vikramà « exploit » : sans autre équivalent. — Conj.

Kréoṅ, s. m., toison, mbr. kneau (cf. kraoun), corn. cnêu, cymr. cnaif, vir. cnae id. : d’un celt. *knaw-ï-, cf. gr. ϰνά-ω (kna-ô) « je gratte », ϰνάφ-αλο-ν (knaph-alo-n) « flocon », et br. kréoia.

Krés, s. m., chemise, vêtement, cymr. crys, « ceinture, chemise », vir. crissei gael. crios « ceinture » : d’un celt. *krisso— qui parait avoir signifié « [vêtement] du milieu ». V. sous kreiz.

Kreski, vb., croître. Empr. lat. crësc-ere > *crëscere.

Kresteiz, s. m., midi, sud : altéré pour kreiz deiz[131]. V. ces mots.

Kresténen, s. f., variante de kristinen. V. ce mot.

Krét, s. m., caution : pour kréd, abstrait de krédi.

Kreûen, kreûn. kreunn, s. m., croûte du pain, corn. crevan, cymr. cratcen id. : soit un celt. *kreuenno— pour *kreup-enno-, dont la base se retrouve en lettique et germanique[132].

Kreûzeul, s. m., lampe, mbr. creuseul. Emp. fr. ancien croissel[133].

Krévia, vb., tondre : dér. de la forme mbr. de kréon.

Kréz, s. m., variante de krés. V. ce mot.

Krî, s. m., clameur. Empr. fr. cri (cymr. cri aussi, par Tag. cry).

Krîb, s. f., peigne, vbr. crip, cymr. crip > crib id., mais vir. crich « limite » : d’un celt. *kriqâ dont les conditions originaires sont inconnues[134].

Kribel, kriben, s. f., crête, huppe : dér. de krib[135].

Kribin, s. f., carde : dér. de krib.

Kridi, vb., variante de krédi. V. ce mot.

Kridien, s. f., frisson, cymr. crit > cryd, vir. et gael. crith id. : d’un celt. *krit-u-, ags. hritha et vhal. *hritto > ritto « fièvre » ; cf. en outre vbr. crihot « il brandit », gael. cra/A « secouer », lit. kratyti id., gr. ϰραδ-άω (krad-aô) « je brandis », etc. V. sous krén et skrija.

Krien, kriénen, s. m., gratin : dér. de kri[136].

Krîn : adj., sec, avare ; s. m., bois mort ; cymr. et vbr. crin, vir. crin, ir. crion et gael. crton, « décharné, petit » : soit un celt. */rrê-no-, qui équivaut au sk. çrâ-nâ, « cuit », d’où « épuisé par coction, desséché, flétri », etc. V. la rac. sous kraz.

Kriôa, vb., ronger, miner. Empr. fr. grigner (d’où grignoter).

Kriski, vb., variante de kreski. V. ce mot.

Kristen, s. m., chrétien. Empr. lat. christiânus.

Kristija, vb., hennir : peut-être « sacrer, jurer »en disant « sacristi ! », traduction plaisante du hennissement. Empr. fr.

Kristinen, s. f., peau qui se forme sur le lait qui bout : dér. d’une base *krûst-. Empr. lat. crusta « croûte » > *crasta.

1 Kriz, s. m., ride, froncis : abstrait du vb. mbr. crissaff > br. kriza, « retrousser, froncer ». Empr. lat. crissdre « se tortiller »[137].

2 Kriz, adj., cru, cruel, [fruit] vert. Empr. lat. cradus. Krôa, s. m., variante de grôa, cici.graé.

Kroaz, s. f., croix, mbr. croes > croas, corn. crois > crows. Empr. lat. crux (nominatif). Cf. kroug.

Kroazel, s. f., les reins : dér. du précédent[138].

Krôk, krôg, s. m., croc, agrafe, prise. Empr. fr.

Krogen, s. f., coquille, anse (pl.krégin), corn. crogen, cymr. crogen et cragen (pl.cregyn) id. : soit une forme celt. *krok-enfi> sensiblement altérée par rapport à i.-e. Vcotikhâ que supposent sk. çaṅkh-á et gr. ϰόγχ-η (kogch-ê)

Kroc’hen, s. m., peau, cuir, corn. crohen, cymr. croen, vir. croccnn, ir. croiceann, gael. craicionn id. : d’un celt. *krok-kenno-, « dos, peau du dos, peau », dont le premier terme se retrouve dans visl. hrygg-r, ag.

ridge et al. rûcken « dos », cf. sk. krúñc-ati « il se courbe » (?). V. le second terme sous kenn.

Kroc’henen, s. f., membrane : dér. du précédent.

Kropa, vb., engourdir, s’engourdir. Empr. fr. cropir > croupir.

Kros, s. m., tête d’épingle. Empr. fr. gros (bout). — Conj.

Krouadur, s. m., créature, enfant, corn. croadur, cymr. creadur. Empr. lat. creatara (pour le genre, cf. kaladur, kéladur, etc.).

Krouer, s. m., crible, mbr. croezr, corn. croider, vbr. cruitr y ir. et gael. criathar, celt. *krei-tro- « instrument à cribler », cf. ags. hridder > ag. riddle, al. reiter, lat. crï-bru-m id. : tous dér. identiques et parfaitement réguliers de la rac qu’on trouvera sous kars.

Kroug, s. m., gibet, corn. et cymr. crog. Empr. lat. cruc-em[139].

Krou), s. m., variante syncopée de kouroul. V. ce mot.

Kroumm, adj., courbe, cymr. cncm, vbr. crum, ir. cromb. Empr. ags. très ancien crumb, cf. al. krumm « de travers ».

Kroummel, s. f., anse de vase : dér. du précédent.

Krouzel, s. f., croupe, cime : variante probable de kroasel.

Krôz, s. m., murmure, querelle. Onomatopée probable, comme sûrement dans krôsa « croasser », cf. fr. croasser, br. klôc’ha, etc.[140]

KrubuJ, s. f., estomac, jabot, cymr. cromil pour crombil. Paraît dér. d’empr. ags. cropp> ag. crop, cf. al. krop/a jabot ».

Krûk, krûg, s. f., petit scorpion, cf. cymr. crugo « tourmenter » : d’une base eelt. *krouk-, étroitement alliée à la base *krok- qui a donné bas-lat. *croc-cu-m > fr. croc. Cf. krôk et krègi.

Krugel, s. f., monceau, butte, vbr. et corn. crue, cymr. crùg, vir. cruach, ir. et gael. cruach id. : dér. d’un celt. *krou-ka 9 visl. hrû-ga. cf. visl. hrauk-r « tas », ags. hrêac > ag. rick « meule » [de foin] ; la rac. à nu dans lit. krad-ti « entasser », kruv à « tas ».

Kuden, s. f., écheveau, cymr. cadyn, « boucle de cheveux, flocon », vbr. cutinnioupl. « articulations ». Empr. lat. très altéré condylus, lui-même empr. gr. ϰόνδυλος (kondulos), « nœud d’articulation, bourrelet ».

Kudon, s. f., ramier, cf. cymr. cuddon id. : paraît se rattacher à la même souche obscure que kuden-nek « sournois » = mbr. cuden-nec « farouche ».[141] V. sous argud, et pourtant tenir compte du nom de l’oiseau en vir. qui est ciad-colum « colombe de forêt ».[142]

Kudou, s. m. pl., basses caresses, flatteries. — Étym. inc.[143]

Kudurun, s. f., tonnerre : semble un composé ielarann avec préfixe (*keoi*gw-) t mais influencé par 1 kurun. V. ces mots.

Kuohen, s. f., parcelle, touffe : variante possible de koc’hen.[144]

Kuit, adj., quitte, libre. Empr. fr. ancien.[145]

Kujen (T.), s. m., petit-lait. Cf. kaouled et keùlè (?).

'Kûl, adj., potelé, grassouillet : soit un celt. *fcoul-yo-> qui aurait le même sens qu’un adj. lat. *calius. V. sous kîl. — Conj.

Kûn, adj., doux, affable, mbr. cuff, cymr. cura > eu, vir. càim > coem, ir. et gael. caomh id. : soit un celt. */<roimo-, cf. gr. ϰοι-μά-ω (koi-ma-ô) « faire dormir »[146], état fléchi de rac. KEI « être couché » (sk. çé-te = gr. ϰεῖ-ται (kei-tai) « il gît »), exactement reproduit par got. háim-s « demeure », ags. hām ag. home, al. heim[147].

Kunia, vb., gambader : semble dér. de la souche de . V. ce mot.

Kunuda, vb », caqueter, se plaindre : exactement « crier ensemble », préf. *ke- et iuda (udein). V. ces mots et keûnujen.

Kunuc’ha, vb., gémir, cymr. et ir.uchu soupir » (cf. got. auh-jôn « bruire », ag. owl « hibou », etc.), précédé du préf. *ke-.

1 Kurun, s. f., tonnerre. Cf. gr. ϰεραυνός (keraunos) « foudre ». — Étym. inc.

2 Kurun, s. f., couronne. Empr. lat. corôna.

Kusiadel, s. f., cachette : dér. de kuz. V. ce mot.

Kustum, s. m., usage. Empr. fr. ancien coustume.

Kutu)a, vb., cueillir, mbr. cuntuill, corn. cuntell « réunir » et cuntellet

« réunion », cymr. cynnull id., vbr. contulet « réunion » : tous dér. d’une base celt. *kont-oul- « beaucoup ensemble ». V. le premier terme sous ket- et gant, le second sous lies [148].

Kûz, s. m., cachette, corn. cudhe « cacher », cymr. cùdd « dissimulation » et cuddio « cacher » : soit un celt. *koud-o-, dér. de rao. KHEUDH ou KUDH, sk. kuh-î « brouillard » (?) et kdh-aka « trompeur », gr. ϰεύθ-ω (keuth-ô) « je cache », lat. cus-tôs « gardien », ags. hgd-an > ag. to hide, al. hutte « cabane » ; cf. encore zd khaodh-a « casque »( ?).

Kuzul, s. m., conseil, cymr. cusyl, vbr. cusil. Empr. lat. consilium.

  1. Altéré de caput. D’où ital. capo, prov. cap, fr. chef, etc.
  2. D’où fr. chevestre « corde », enchevêtré, et prov. cabestan.
  3. Premier terme des n. pr. Hadubrand et Hedwige.
  4. Cette dernière extension vient de l’homophonie avec fr. goai, lequel au surplus parait empr. br. : il y a eu réaction réciproque des deux mots.
  5. Le fr. haie est emprunté au germanique.
  6. Il n’y a pas d’autre équivalent sûr ; cf. pourtant sk. kak-sù a ceinture », dont la rac. peut être KAGH.
  7. De la même rac. gaul. *cassi-, dans Tricasses « Troyes », Bodiocasses « Bayeux », et autres ethniques. Cf. aussi kazek.
  8. A l’exacte imitation de fr. bel-ette dér. de bel beau. V. le Dict. Hatzf., s. v. et cf. dalif.
  9. Sur ce genre d’alternances, cf. 1 aven.
  10. Et aussi *kako-, comme en témoigne le précédent.
  11. Cf. gael. Calluin « la fête du jour de l’an ».
  12. Au moins en contamination de lat. calculus. Car on observera que sur toute la côte caillou signifie « rocher ».
  13. Dont lat. calc-ulu-s est précisément le diminutif.
  14. Celui-ci aurait sur l’autre l’avantage d’exister en celt., corn. cal, cymr. call « habile » : ce qui, en passant, réduit à néant le trop ingénieux rapport qu’on avait établi entre lat. callêre « être fort en » et caUêre « avoir des durillons » (cf. kalot). Mais ni l’un et l’autre ne se retrouvent en dehors du celto-latin. Quant à la rac. KAL « chaud », elle est latine, sanscrite et lituanienne, mais n’est représentée en celtique que par deux mots (Stokes, p. 331).
  15. Donc nom de lieu signifiant « le Chantier ».
  16. La filière est « dur— serré — dm — monceau ». "£>e même lat. mulu signifie étymologiquement « moulus, serrés, drus », Henry, Mèm. Soc. Ling., VIII, p. 171.
  17. Deux radicaux s’en laissent rapprocher en dehors du celtique : phonétiquement, KHENG a boiter », sk. khànj-ati « il boite », gr. « rxÀÇca, al. hinken, etc. ; sémantiquement GHENOH « marcher », sk. jângh-a « jambe », al. gang s marche », etc. Il a pu se produire une confusion entre eux, ou bien ils n’en faisaient qu’un seul à l’origine. Ces doublets de racines ne sont pas rares.
  18. Latinisé en camminus, fr. chemins ital. camminare, etc.
  19. De même que pas négatif fr. est identique au substantif pas, abstrait de locutions telles que il ne marche pas « il ne fait pas un pas » ; en d’autres termes, un mot qui ne servait qu’à renforcer la négation est devenu la négation elle-même. Cf. kèt, etc.
  20. Ce qui se trouve au fond d’un vallon ou d’une fosse.
  21. Contrairement à ce que ferait supposer la sémantique, l’étymologie indique que le premier sens est postérieur : il y a eu peut-être confusion des deux mots cogne et carogne, peut-être influence sémantique de goann qui étymologiquement n’a, bien entendu, aucune relation à kan. V. ce mot et cf. gan.
  22. « Corbeille », d’où « panier à vaisselle, égouttoir », etc., etc.
  23. Cf. loar-gann = kann-loar « pleine lune ».
  24. La filière est « blanchir — blanchir le linge — battre le linge pour le blanchir — frapper à tour de bras — se cogner ».
  25. Impliquant l’idée de la connaissance d’un objet ou d’un fait commune à deux personnes. — Douteux : on eût dû avoir un cymr. *cygnat (Loth).
  26. C’est du gaul. latinisé *cantus « cercle » que vient l’ital. cantono > fr. canton « division territoriale », fr. de champ = de chant « de côté », etc.
  27. La plante à « cent trous », cf. le nom français.
  28. D’où fr. chouan, altéré par étymologie populaire en chat-huant.
  29. Les formes de conjugaison de ce verbe ne dépendent point de sa racine, et il n’appartient qu’à la grammaire de les analyser. Il suffira de dire ici qu’en réalité la conjugaison du vb. « avoir » en breton se rattache étroitement à celle du vb. « être », en sorte que « j’ai » se dit « à moi est » : Loth, Mém. Soc. Ling., IV, p. 88. V. sous béza.
  30. Le pl. kérent « parents » se rapporte à une forme *karant- (cf. le dér. karaṅtez « amitié »), qui est l’ancien ppe présent du même vb. kar-out.
  31. Cf. fr. carabe (vieilli) « chaise a porteurs ».
  32. Conservé dans kardèlat (V.) « épandre du fumier ».
  33. Un doublet de cette racine est KERT ou KART, got. hard-u-s, ag. hard. al. hart. Cf. en outre cymr. carn « monument consistant en un amas de pierres » (br. Carn-ac), ir. carn, gael. càrn (naturalisé en ag. sous la forme cairn).
  34. Le second de ces sens paraît procéder de celui de « chariot », qui serait pour l’ensouple une appellation assez appropriée. V. sous kalvez. — Subsidiairement, le jeu de la mâchoire a-t-il été comparé à celui des deux ensouples ?
  35. Ag. cat et al. katze sont empruntés au latin.
  36. La finale bretonne, complètement isolée, procède de la contamination avec erc’h « neige ». — Ern.
  37. On sait combien les noms de parties du corps sont sujets à être pris l’un pour l’autre.
  38. V. la plupart des mots commençant par ces syllabes. — Le préf. copulatif got. ga- = al. ge- est peut-être de même famille.
  39. Ce dernier sens provenu de commisération affectueuse.
  40. Four le sens comparer lat. capttcus > fr. chétif.
  41. L’étymologie populaire a naturellement préféré cette seconde finale, où elle a eu l’illusion de retrouver le mot deiz.
  42. Exactement « s’engouer de… comme d’une nouveauté ». — Selon Gloss. Ern. ce serait *ko-selg-, soit « poursuivre ensemble, avec effort ». V. le préf. sous *ke- et la rac. sous émolc’hi.
  43. Le long bec de l’oiseau étant comparé à un ergot.
  44. Cymr. cyf-air « ce qu’on laboure » [en un jour].
  45. « Qui lie les idées ensemble, en fait des séries ». — Ou bien à rattacher, avec cymr. cy-fryd « unanime », dy-fryd-u « songer », dy-fryd-ol « pensif », à cymr. bryd « pensée » = corn. brys = vir. breth « jugement », dont on trouvera la rac. sous barn et breût. — Ern.
  46. Dans un texte que me signale M. Loth, chweddl y gegin « la leçon du geai ». Du même, relevé dans la Méthode (récente) de Landivisiau, le pl. kégined « geais ». — Si le sens de ceg était originairement « bec ». on en trouvera quelques similaires sous kenkis.
  47. Pour le sens, cf. lat. querēla « plainte » > fr. querelle. La plus ancienne forme connue est vbr. cuinhaunt « ils pleureront ».
  48. Peut-être KEIP, cf. lit. szêp-ti « faire la grimace ». — Conj. Bzb. — Ou emprunt très ancien au germanique (got. qainôn « gémir », etc.) ?
  49. Sans rapport avec kraon « noix », ni sans doute avec *kos-ulo-, base de keloet « noisetier ». V. ces mots.
  50. Cf. kichen, qui lui est un véritable mot celtique.
  51. Plutôt au sens de « pénis » qu’à celui de « testicule ». V. ces mots, et la discussion détaillée, Gloss. Ern. s. v. quellldaff.
  52. Il est difficile de ne pas songer à une influence, sur la finale, du lat. urna.
  53. Ce mot parait d’ailleurs emprunté par le latin au celtique, où il se rattacherait à la rac. de kamm.
  54. Ou kem-penn- y comme fr. a-chev-er (Ernault).
  55. Sous-entendu « le plaisir de se revoir ».
  56. Ce serait donc une maison « de branchages », ou « bâtie sous les branches », ou mieux « ornée de rinceaux » (???).
  57. On voit que le br. a opéré une forte métathèse.
  58. Ainsi nommée en tant que « peau » morte.
  59. Suivant que tombe ou demeure l’initiale mobile.
  60. D’où « dernier » ou « premier », suivant qu’on envisage l’une ou l’autre extrémité de la série. Le vsl. cumule les deux sens : konici « fin », et is-koni « depuis le commencement ».
  61. Soit donc primitivement « leçon de chant », mot propagé sans doute par les maîtrises des paroisses. Cf. pourtant lat. carmen « poésie », mot appliqué dès le temps de Cicéron à tous les morceaux à apprendre par cœur.
  62. D’où lat. centrum fr. centre, le point où l’on pique le compas, pour tracer la circonférence
  63. Kentré est le même mot, mais avec finale imitée des adverbes et amenée par le sens adverbial. Cf. addlek. — Voir une étymologie plus archaïque au Gloss. Ern., p. 537.
  64. Cymr. moderne cregyr « héron » se rattache de même à cregu « être enroué ».
  65. Par passage naturel du sens de « crible » à celui de « couronne ». Cf. pourtant les deux articles cern dans Loth, Mots latins.
  66. Qui a colonisé les deux péninsules de ce nom.
  67. Et cf. pour le sens et la formation lat. correctus « correct ».
  68. La seconde partie du mot identique à tann, « arbre, chêne ». V. ce mot.
  69. cymr. cyfor « tout contre », d’où « complètement ».
  70. Abstrait de locutions telles que tersien kést « fièvre de ventre », comprise comme « fièvre de vers » (euphémisme).
  71. Soit né két brâz « pas si grand » pour « pas grand ».
  72. La nasale disparue à cause de l’atonie constante du préfixe.
  73. On sait que, dans toutes les langues, les mots empruntés prennent aisément une acception péjorative.
  74. D’une manière générale, on cherchera sous l’initiale kqf- tous les mots qu’on ne trouvera pas sous l’initiale kec-.
  75. Voir ce mot sous douaren. Le mot breton a été altéré sous l’influence analogique de kenderf. V. ce mot et kénitero.
  76. Une dérivation ancienne eût donné *kouna. — Au point de vue du sens, « faire le chien » peut signifier l’un et l’autre.
  77. Le fr. guideau et l’ag. kiddle sont empruntés respectivement au breton et au cymrique.
  78. Ces derniers mots ont un l au lieu d’un r, et cependant il est. difficile de ne pas supposer une affinité préhistorique. — Récemment (Mém. Soc. Ling., X, p. 340) M. Ernault a séparé kichen de cette souche et l’a rattaché à la même formation que kêjein et kijout.
  79. Sans équivalent connu ailleurs. — Dans le composé kildaàt « molaire » (dent de derrière), le second terme régit le premier, conformément à la loi générale indo-européenne ; au contraire, dans kildourn « revers de la main », le premier terme régit le second, à la façon d’une juxtaposition bretonne moderne. Cette observation, qui est faite ici une fois pour toutes, s’applique à un nombre considérable de compositions bretonnes, déstructure et, par suite, d’époque toutes différentes. Il en est qui opposent l’un à l’autre les deux types : dourgi et ki dour « loutre » (chien d’eau).
  80. Bien entendu sans aucun rapport avec ag. to call, qu’on trouvera sous galvaden.
  81. Onomatopée du même genre que filip. V. ce mot.
  82. Non pas que la Frise soit spécialement célèbre pour ses porcs, ni que Leeuwarden fût jamais un port qui en trafiquât ; mais simplement parce que les marins, après avoir longtemps vécu de salaisons, étaient heureux, en prenant terre, de s’y ruer en cuisine et d’y manger de la viande fraîche. — Au point de vue phonétique du moins, cette étymologie bizarre est irréprochable : la gutturale finale a dû disparaître comme dans drou-licet « mauvais teint » ; et l’initiale frisonne du nom de L. est un l suivi de y semi-voyelle, quia sonné aux oreilles bretonnes exactement comme un f mouillé.
  83. Le sens « retour, recul » a été abstrait de locations telles que dotit toar hè gu « venir à son aller », c’est-à-dire « retourner d’où l’on était venu ».
  84. Sens primitif « mou » ( ?), d’où « indulgent, affable ».
  85. Ce dernier sens procède de celui de « ferrement ».
  86. Mais influencée, dans sa dérivation, par la souche du celto-lat. *covare cavare « creuser » ; cf. kaô et kéô.
  87. Pour la finale, cf. mnnelz. Pour le mot même, of. prt.
  88. Les autres sens du cymr. pourraient indiquer un rapport avec gldi. V. ce mot.
  89. La pièce qui est « à gauche » de la gâche.
  90. A cause de l’aspect blanc et crayeux d’une plaie qui s’est cicatrisée normalement. — Conj.
  91. « L’ensemble des barreaux ou la pièce maîtresse qui les relie entre eux ».
  92. Us initial de êklér (V.) n’est pas clair ; mais il ne le devient pas davantage en tirant 2 kléren de 7 kléren au sens de « ratissoire », d’où « ratissure ». Au contraire, le changement de g initial en k n’est pas un fait isolé.
  93. Le rapprochement phonétique est irréprochable ; mais le changement de sens est bien surprenant.
  94. Le second sens est sûrement postérieur : il procède du rapprochement avec fr. clôture (destination commune aux fossés et aux haies).
  95. D’où le composé clàidheamh môr « grande épée » > ag. claymore.
  96. Comme qui dirait « y faire venir des ampoules », expression pittoresque et énergique.
  97. Sans doute influencée par le vb. fr. clore.
  98. Le second de ces rapprochements est rigoureux ; le premier ne le serait que si l’on pouvait restituer un plus ancien *ϰλιαρός (*kliaros), à moins que l’initiale i.-e. ne fût kh.
  99. V. ce mot et cf. kouga. L’une et l’autre opération résultent de choc.
  100. D’où aussi fr. ancien carreau « semelle ».
  101. Pour le sens, cf. aussi l’ai, werg « étoupe ».
  102. Le fr. cohue est donc emprunté au breton.
  103. On pourrait le rattacher à la même racine que kî.
  104. C’est sûrement à l’imitation du français qu’a été rétabli en breton le groupe mb > mm.
  105. A cause de la ressemblance des gros nuages, soit avec des montagnes coupées de combes profondes, soit avec les flots de la mer.
  106. Le sens de « [cousin] germain » se déduit sans difficulté de celui de « de plain pied », donc « sans intermédiaire ».
  107. Ce qui, outre sa complication, rend la conjecture extrêmement douteuse, c’est que la fameuse rac. WEQ « parler », si répandue partout ailleurs, n’a point de représentant en brittonique. — On pourrait aussi songer à un celt. +kommed-tu- > *kommessu-, contenant la même rac. obscure qui se trouve dans émé. V. ce mot.
  108. Rapprocher cymr. cyf-yng « étroit », mais non br. arlkoé.
  109. C’est le y intermédiaire entre i et e qui s’est ici changé en *, comme dans br, fait de fr. faillir (prononcé faytr). V. ce mot.
  110. Qui, ainsi que gael. càrd y sont empruntés à l’anglais.
  111. Le sens « coin » dérive de celui de « corne » ; mais le fr. carne « coin » n’y a sans doute pas nui. Cf. koñ.
  112. La racine était KERÂ, dont l’état normal est représenté par gr. ϰέρα-ς (keras) et al. hir-sch (sous karô), l’état réduit par sk. çf-Aga, got. haûrn (ag. et al. horn) et peut-être lat. cor-nu, l’état fléchi peut-être par lat. cornu et sûrement par celt. *kornO’. Le celt. *karno- (sous karn) montre un vocalisme modifié.
  113. Au sens de « pipe » (forme du larynx), de « trompette » ou simplement de « tuyau » ? La dernière syllabe contiendrait-elle l’élément ail ou eil, comme qui dirait « l’autre tuyau » (le faux gosier) par rapport à l’œsophage ?
  114. On a rapproché lit. trink-ti « laver ». Il est fâcheux que germ *rfrm/r- « boire » (got. driggkan, ag. to drink, al. trinken) ne s’y puisse absolument raccorder.
  115. A cause de sa forme tabulaire, sans difficulté.
  116. D’une manière générale on cherchera sous les initiales ko- les mots qu’on ne trouverait pas sous les initiales kou-.
  117. On a de même pouitrori « poltron », et cf. une insertion analogue dans /oc ^r, etc.
  118. Les intermédiaires peuvent être *koulnti (assimilation), *koultni (métathése), et enfin a changé en r dans le groupe ta comme dans le groupe kn > cf. kraouH.
  119. Avec sens diversifié. A cause des vallonnements que présente l’aspect des vagues. V. ce mot et komb.
  120. Par les intermédiaires *gwcroul > *gouroul, d’autant que digourouillein c déverrouiller » a pu subir l’influence de digor. V. sous digéri, mais cf. aussi fr. crouyet « verrou » (Mayenne Dn).
  121. Qui, dans la langue ecclésiastique, désigne ce sacrement, parce qu’il est la consommation définitive de la vocation de chrétien.
  122. N’étant pas irlandais ni même cymrique, on doit supposer qu’il a été emprunté à des aborigènes par les immigrants celtes de Gaule.
  123. Les conditions consonnantiques ne sont pas concordantes, mais ce détail est secondaire dans une famille de mots qui sont visiblement des onomatopées. Le sk. a grbh-nâ-ti « il saisit ».
  124. D’où l’ag. a tiré le mot crumpet « sorte de pâtisserie ».
  125. Fr. crème ne vient pas directement de chrisma, puisqu’on a lat. crenior « crème » ; mais il en a sûrement subi l’influence, car chrisma seul a pu donner cresme.
  126. Qui passe pour emprunté au Scandinave » Le br. peut l’être de même, soit kraost pour *krac’h-ost.
  127. En d’autres termes, partout à peu près identique à kraou.
  128. Sans équivalent connu (lat. nux est isolé), mais commun à tout le celto-germanique. Sur n > r après explosive, cf. krêac’h et kouldri.
  129. Qui prend aussi la forme ϰρᾱ (krâ) dans ἄϰρᾱτος (akrâtos), etc.
  130. D’où koat krén et krén tout court « tremble ».
  131. Mot demi-savant calqué sur meridiés qu’on s’est faussement expliqué par média diês.
  132. Exemples : lit. kraup-à-s « rude au toucher », lett. kraup-c « escarre d’une plaie », vhal. A/’ « /id. f etc. Donc sans aucun rapport avec fr. croûte < lat. crusta.
  133. En partie germanique ; cf. ag. cruse a petit pot », dont le dimin. a donné fr. rrousequin y ir. crûisgtn et gael. crdisgein. Le type croissel vient de la forme latinisée. Il est encore largement représenté dans les patois : M. Kod l’écrit croïjet en valaisan {Là-Haut, Perrin 1897, p. 321).
  134. Les deux sens pourraient se concilier par celui de « séparation, séparateur » (crible, etc.), si l’on rattachait le mot à la rac. de krouer et kras.
  135. Comme en ag. cock’s comb et en al. Iiahnen-kamm.
  136. Nous disons aussi « la friture crie dans la poêle ».
  137. Conj. Loth : plus satisfaisante, en tout cas, que celle d’un rapprochement avec krèz (Stokes). Mais cf. pourtant cymr. rrych « ride ».
  138. La croix que dessine la rencontre de la colonne vertébrale et de l’ossature lombaire.
  139. Cf. kroas. L’un des deux mots est sorti de l’accusatif latin, et l’autre du nominatif, comme en fr. chanteur < lat. cantôrcm et chantre < lat. cântor.
  140. Cf. pourtant cymr. crœys-edd* dispute », et l’ingénieuse conj. Ern. qui tire le tout de ridée de « se croiser », d’où « se traverser, être en désaccord », comme en anglais to cross, « contrarier, chagriner ». — Br. krôsmôla est l’empr. fr. grommeler influencé par br. kros > krôz.
  141. Le ramier est un oiseau extrêmement timide et méfiant partout ailleurs qu’au jardin du Luxembourg.
  142. celt. *këto-kolumba. V. sous koat et 2 koulm. Les deux appellations ont pu s’influencer l’une l’autre.
  143. Si le mot signifiait ou avait pu signifier « menées secrètes », on le rattacherait au radical *kud- de argud. Mais on songe plutôt à un pl. d’un radical */r« rf-, abstrait du fr. ancien cudoire (God.) < cuidoire « ce qu’on fait accroire », dér. de cuider « croire » < lat. côgitâre.
  144. Influencée dans le dernier sens par kuden.
  145. Dans l’expression mont kuit « s'en aller >», le sens du mot est abstrait du vb. kuitaat = empr. fr. quitter.
  146. D’où ϰοιμητήριον (koimêtêrion) « dortoir », lat. coemeterium, fr. cimetière.
  147. En d’autres termes, le mot *koimos, en tant qu’adjectif, signifie « paisible », et, en tant que substantif, « lieu où l’on vit en paix ».
  148. Dans cymr. eyfall, ir. comhailtim « je joins », gael. comhailteachd « convoi », le premier terme est *kom-. — La longue radicale est confirmée par le vir. com-th-in-ôl « congregatio » ; mais il faut convenir qu’on a quelque peine à concilier ce vocalisme celtique avec celui de la rac. qui a donné gr. πολ-ύ (pol-u), etc.