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Texte établi par André Lefèvre, A. Lemerre (p. 193-194).

CALENDRIER
EMPLOYÉ DANS LES LETTRES PERSANES,

Les Persans possédaient anciennement une année solaire composée de douze mois. Mais le triomphe de l’islamisme mit fin à l’usage du calendrier national et introduisit chez tous les peuples musulmans les noms des mois arabes, qui sont employés dans les Lettres persanes.

L’année des Arabes et des musulmans et purement lunaire et ne reçoit point de mois intercalaires comme l’année juive. Elle se divise en douze mois de 29 ou de 30 jours, dont voici les noms, selon la transcription adoptée aujourd’hui :

Moharrem, Safar, Rébi premier, Rébi second, Djoumâda premier, Djoumâda second, Redjeb, Cha’ban, Ramadhân (que les Persans prononcent Ramazdân) Cheoual, Dhou’l-qa’da et Dhou’l-hidja (les Persans disent : Zou’l-qadè, Zou’l-hidjè).

Il est facile de reconnaître dans ces noms ceux qui figurent successivement dans les dates de chaque lettre : Maharram, Saphar, Rébiab 1 et 2, Gemmadi 1 et 2, Régheb, Chahban, Rhamazan, Chalval, Zilcadé, Zilhagé.

Le défaut absolu de concordance entre cette année lunaire et notre année solaire fait qu’un mois quelconque, celui de Ramadhân, par exemple, qui est celui du carême musulman, tombe successivement en décembre, novembre, octobre, etc., par une avance annuelle de onze à douze jours.

Les Persans, ainsi que les Arabes, commencent la semaine au dimanche, à l’imitation des Juifs, et par conséquent la finissent au samedi, que les Arabes nomment yaum-el-sebt et les Persans rouz-i-chembeh, c’est-à-dire, « jour du sabbat ». Le vendredi, qui chez les musulmans est le jour de repos, s’appelle en arabe yaum-el-djoumaʼ « jour de l’assemblée », et en persan adîneʼi ou azîneh, « fête ». Les autres jours n'ont pas de nom particulier ; les Arabes disent : premier, second, trolsième, quatrième, cinquième jour yaum el-ahad, 'y’aum el-ithnéïn, yaum el-thalathâ, yaum el-arba’â, yaum el-khamîs) ; les Persans : un du sabbat, deux du sabbat, trois du sabbat, quatre du sabbat, cinq du sabbat.(yek chembeh, dou chembeh, seh chembeh, tchâr chembeh, pendj chembeh).

(Cette note est due à l’obligeance de M. Marcel Devic, traducteur d'Antar.)