Les mercis
Traduction par Alexandre Dumas.
A. Le Vasseur et Cie (p. 353).

LES MERCIS

Eh bien, soit, je te rends grâce pour toute chose,
Ô Dieu ! qu’en mon erreur je tremble d’accuser :
Pour l’impur limaçon qui rampe sur la rose,
Pour le poison amer qui coule du baiser ;
Je te rends grâce aussi pour la trempe de l’arme
Dont l’assassin dans l’ombre atteint son ennemi ;
Je te rends grâce encor pour la sanglante larme
Que tire de nos yeux l’abandon d’un ami ;
Grâce, enfin, pour la vie, énigmatique aurore
Que le monde maudit de Werther à Didon ;
Mais tâche que ma voix n’ait pas longtemps encore
À te remercier de ce terrible don !