Les Stations de l’amour/6

L’Île des Pingouins (p. 62-74).

VI

Calcutta, le 23 décembre 18…

Chère Cécile, il est arrivé, le grand jour où je devais enfin cueillir cette fleur précieuse que la tendre Flora m’avait réservée, et ce bouton charmant que la délicieuse et espiègle Maud était impatiente de m’abandonner !

— Plaignez-vous, mauvais sujet, me dit gaiement Dora en entrant avec ses deux amies : trois gentils pucelages à croquer le même jour…

— Trois ! interrompis-je étonné, car je ne pensais qu’à Maud et à Flora.

— Oui, trois, car je compte bien, moi aussi, vous en offrir un, reprit-elle, en se mettant la main sur les fesses ; Flora m’a dit que c’était un piment exquis.

— Pardon, fit Maud à son tour, alors cela fera quatre, car j’en ai deux pour ce cher Léo : celui-ci, dit-elle en portant sa main à sa petite fente, et celui-là, en montrant son petit fessier.

— Mais, petite coquine, lui dis-je, je vais te martyriser !…

— Cela m’est égal, répliqua-t-elle crânement, je veux n’avoir rien à envier à mes amies.

— Eh bien ! dit Flora, tu promets, toi !…

— C’est possible, mais si je promets, je veux tenir aussi.

— Cher ami, me dit Flora, comment pourrez-vous suffire à un pareil travail ?…

— Un travail, chérie ? dites donc un plaisir, le plus grand des plaisirs, quatre ou cinq fois répété.

— C’est bon, c’est bon, fit à son tour Dora, nous connaîtrons votre valeur ; pour moi, je ne suis pas inquiète. Mais, pour commencer, prenons quelque chose : je n’ai pas tiffiné[1].

Et déjà elle grignotait un morceau de plum-cake en remplissant les verres de vin de Bordeaux.

— J’aime assez le thé, le soir, parce que j’y suis habituée depuis mon enfance ; mais, dans la journée, et en mangeant, je préfère les bons vins de France, j’aime tout ce qui vient de France !…

— Et aussi les v… de France, murmura Maud installée sur mes genoux.

— Veux-tu te taire, polissonne, et ne pas prononcer de vilains mots, dit Flora.

— Crois-tu que je vais parler ici comme au temple ?… En tous les cas, si le mot est vilain, la chose est bien jolie ; regarde plutôt…

Et elle lui fit voir ce qu’elle tenait dans sa main et qui lui montrait sa reconnaissance par de petits soubresauts.

— Assez Maud, dit Dora en voyant l’émotion qui me gagnait ; laisse-lui ses forces…

Maud, comprenant l’importance de la recommandation, se leva à regret.

— Maintenant, mes petites chattes, un bon verre de malaga.

— C’est Maud qui va nous l’offrir, s’écria Flora.

Maud la regarda étonnée.

— Oui, continua-t-elle, comme l’autre jour, en croix de Saint-André…

Ce fut au tour de Dora de prendre un air interrogateur.

— Vous allez voir, Dora, lui dis-je, c’est exquis, et on ne peut plus gracieux.

— Mais, se récria Maud, je ne sais pas me tenir sur les mains, la tête en bas, comme Flora.

— On te tiendra, dit celle-ci en riant.

La complaisante Maud se dépouilla prestement de tous ses vêtements, et se montra dans sa juvénile et ravissante nudité qu’avivait une pudique rougeur.

— Est-elle jolie, est-elle mignonne, s’exclama Dora qui vint, robe et chemise ouvertes, serrer Maud dans ses bras et se frotter contre son délicieux petit corps.

— Tenez-lui les jambes tous les deux, dit Flora : je vais verser et Dora boira.

La gentille Maud se jeta tête baisée sur la natte, s’appuyant sur ses deux menottes. Je pris sa jambe droite d’une main, tandis que de l’autre je maintenais son dos ; Dora saisit l’autre jambe en regardant Flora qui, sans perdre une seconde, versa dans la corolle béante le vin sucré que contenait son verre. Maud en le sentant couler, cria : « Oh ! que c’est frais. »

Dora s’était précipitée sur la coupe vivante et aspirait le délicieux breuvage, tandis que Flora soutenait la jambe de Maud. Dora paraissait insatiable, elle ne lâcha prise que lorsque Maud se fut affaissée, palpitante, en criant : « Oh ! je jouis ! »

Dora s’effondra de son côté, soupirant : « Moi aussi !… »

Elle s’était branlée sous, ou plutôt au-dessus des yeux de Maud.

Dora relevée la première sauta au cou de Flora : « Oh ! chérie, quelle jouissance !… »

— Mes petites amies, dis-je, aux choses plus sérieuses !

Toutes trois se rendirent au cabinet de toilette pour quelques soins préliminaires ; je les regardai tortiller leurs belles fesses avec cette démarche un peu embrassée que prend la femme lorsqu’elle se sent nue.

Elles revinrent bientôt, et le premier mot de Flora, en me donnant un baiser, fut de demander par qui on allait commencer ?

— Par moi ! s’écria Maud, je suis en retard sur vous !…

— Et moi qui suis l’aînée, demanda Dora, n’ai-je pas un droit de priorité ?…

— Et Flora, ajoutai-je, qui ne dit rien, mais qui n’est pas moins impatiente. Écoutez-moi, mes petites amies, voulez-vous vous en rapporter à moi pour le programme de la fête ?

— Oui, oui, répondirent ensemble les trois voluptueuses.

— Eh bien ! je commencerai par Maud qui, ayant une double opération à subir, devra se reposer entre les deux ; puis je débarrasserai notre Dora de la virginité qui lui reste. Je reviendrai ensuite à Maud pour lui enlever son pucelage numéro deux. Et enfin, Flora voudra bien me faire son dernier sacrifice. Et je te jure, mon bel ange, fis-je en mettant un baiser sur ses lèvres sensuelles, que tu ne perdras rien pour attendre.

Maud s’était déjà élancée sur le lit, hennissant d’impatience, comme une jeune cavale qui a senti l’étalon. J’allais la rejoindre, lorsque la prévoyante, Dora m’arrêta, me conseillant de lui mettre, sous les fesses, un drap replié.

Ces préparatifs étant vite exécutés. Maud reprit position. Je commençais à ne plus pouvoir me contenir : je sautai près de cette jolie gosse que j’entourai de mes bras en lui passant d’ardentes langues.

Flora s’assit auprès de nous, et Dora demeura debout devant l’autel pour présider aux manœuvres.

— Maintenant, mes amis, allez y… Du courage, Maud…

La mignonne me tendit les bras dans un mouvement adorable, en me disant : « Viens, mon Léo, viens, mon cher amant, ne crains rien… mets-le-moi… Va !… »

Et elle mit ses lèvres sur les miennes en tressaillant : Guidé par la main de Flora, mon priape venait de toucher le bouton sacré. Le gland entra facilement ; je sentis le ventre de Maud se soulever pour venir au-devant de son bourreau. Flora me caressait doucement les testicules, tandis que Dora promenait sa main du haut en bas de mon épine dorsale, allant jusqu’à l’entre-fesses qu’elle chatouillait avant de remonter : messire Priapus avançait doucement. Tout à coup, Maud me cria de pousser plus fort, et donnant un vigoureux coup de reins, poussant un cri qu’elle étouffa, elle me serra à perdre haleine.

J’avais fait, au même instant, un effort énergique et… je me sentis nager dans une mer de délices.

Les bras de Maud se desserrèrent. Elle poussa un grand soupir et me dit : « ça y est !… »

Je soulevai sa tête pour la regarder : de grosses gouttes de sueur perlaient sur son front. Elle reprit : « Continue, mon chéri… baise moi doucement… fais durer le plaisir le plus longtemps que tu pourras… Donne-moi tout !… »

Cette fois, j’allais facilement. Ma respiration devint plus courte. Maud lâcha ma langue qu’elle suçait depuis un moment, et me secondant comme si elle n’avait fait que cela toute sa vie, elle murmura d’une voix entrecoupée : « Ça vient !… je vais jouir… oh ! cher… donne… donne… oh ! je le sens !… je décharge aussi… je jouis… oh ! encore !… encore !… c’est le paradis… toujours… »

Ses bras et ses jambes se détendirent, et la nouvelle initiée demeura sans mouvement, les narines frémissantes, les traits empreints d’une béatitude sans mélange.

J’allai faire mes ablutions : lorsque je revins, Maud reprenait ses sens : « Oh ! cher ami, cher ami, me dit-elle avec passion, que je t’aime !… que je suis heureuse !… oh ! mes bien-aimées, dit-elle en se tournant vers Dora et Flora, qui regardaient en souriant cette naïve expression de bonheur, vous n’avez pas idée des délices que j’ai éprouvées quand je l’ai senti pénétrer jusqu’au fond de moi et m’inonder de ce nectar… »

— Mais si, répliqua Dora, nous en avons parfaitement l’idée, moi du moins…

— Et la douleur ?… demanda Flora, intéressée.

— Oui, une douleur atroce, déchirante, mais qui ne dure qu’un instant. Qu’est-ce que cela en comparaison des ravissements qui suivent ?… Oh ! je voudrais qu’on me baise toujours, toujours… toi, Léo, fit-elle en se reprenant, rien que toi seulement… pas tous les hommes, et mes deux chères amies… Oh ! tiens… tiens…

Et elle avançait son ventre contre ma poitrine, la frottant avec sa motte en feu.

— Allons, ma petite Maud, cal me-toi, dit doucement Flora.

— Oh ! Dora, s’écria Maud en se jetant au cou de son amie, si tu voulais… oh ! que tu serais gentille, je t’aimerais… encore plus…

— Mais quoi ?… que veux-tu, ma chérie ?…

— Eh bien ! fit Maud d’un ton câlin, que tu me cèdes ton tour.

— Comment, tu veux recommencer ?…

— Non, pas comme ça… quoique j’en aie bien envie… mais je veux essayer de l’autre façon…

— Quoi ! demanda Flora, tu veux tout de suite ?…

— Oui, je veux qu’il m’enquioule… j’ai vu comme tu étais heureuse l’autre jour… Et puis après, vous serez débarrassées de moi.

— Allons, petit monstre, fais ce que tu voudras…

— C’est toi, ma Dora, qui me feras minette, pendant qu’il me le mettra.

— Oui, polissonne, je veux avoir l’étrenne de ton petit chat dépucelé.

Maud avait déjà posé sa poitrine sur l’un des coussins du fauteuil, et écartait ses jambes entre lesquelles Dora prit place, assise sur l’autre coussin, les lèvres tendues vers la plaie rose. Flora lubréfiait avec du cold-cream le réduit où j’allais pénétrer, et elle y enfonça le doigt.

— Tu vois, souffla Maud, comme ça entre facilement… Attends, Dora… je jouirai trop vite.

— Oui, répliqua Flora, mais ce n’est pas un doigt que l’on va mettre là…

Et se tournant vers moi, elle me dit : « Va, chéri… va conquérir ce nouveau pucelage. »

C’était facile à dire. Je ne te rends pas compte en détail des efforts qu’il me fallut faire et que Maud supportait avec une constance vraiment héroïque, m’encourageant de ses exclama fions étouffées, mêlées d’anglais et de français :

— Oh ! Go on ! push forward !… ta langue, Dora… slowly… que c’est bon ! push slowly… oh ! fort… quick… quickly… Dora… darling… oh ! je sens ton foutrrre… I am fainting… my bottom… oh !…

Elle retomba, le nez, sur le coussin, pendant que Dora se relevait en s’essuyant les lèvres couvertes de liqueur…

— Attends, dit Maud en me retenant, ne t’en va pas… laisse-le sortir tout seul… je le sens… oh ! ajouta-t-elle en portant vivement le doigt à son bouton en feu… je jouis encore… oh !…

— Encore !… dit Dora… mais elle n’a fait que cela !… Je l’ai sentie couler au moins trois fois…

— Je suis morte… morte de bonheur… soupira la petite en se relevant et en s’étendant sur la chaise longue.

Flora me prit la main et m’entraîna. C’est elle qui voulut laver, nettoyer maître Jacques, qui en avait bien besoin.

— Repose-toi un moment, mon chéri, me dit-elle.

Elle me prit dans ses bras et me posa la tête sur son sein. Je portai machinalement la main à son chat.

— Tu dois en avoir envie ?…. lui demandai-je.

— Oui, je suis terriblement excitée…

Dora et Maud revinrent.

— C’est à moi, maintenant, dit Dora… te sens-tu bien, mon Léo ?…

— Tiens ! ma belle, regarde plutôt !…

— Oh ! fit Maud, et dire que ce n’est pas pour moi !…

Elle vint se jeter sur mon membre et se mit à le sucer goulûment.

— Arrête, Maud, dit Flora en lui arrachant sa proie… tu vas faire tort à Dora…

— Hélas ! fit la gentille gamine en se relevant, contrariée comme un enfant auquel ou enlève un jouet… je voudrais le sentir toujours…

— Tu ne sais pas ce que tu dis, reprit Dora… Va te reposer, mon petit ange…

Mais Maud ne voulait rien entendre ; et voyant Flora installée devant le minet de Dora, se remit à sucer mon priape, « pour qu’il passe mieux ». Fuis, quand elle nous vit prêts, elle vint, comme Flora lui avait fait tout à l’heure, maintenir ouverts les deux battants de l’huis. Je m’avançai alors fièrement.

Le gland seul avait pénétré et je sentais Dora flageoler sous l’ardente langue de Flora.

— Attends, dis-je à celle-ci, que je me reprenne.

Dora, cependant, se tortillait, à demi enclouée : elle poussait des gémissements de plaisir et de douleur, et semblait, par son mouvement, m’inviter à poursuivre ma tâche, de tenais ses adorables nichons dans mes deux mains et j’allais, d’un vigoureux élan, donner un puissant coup de reins, quand je sentis le doigt de Maud, que la gamine avait plongé dans un pot de cold-cream, s’insinuer chez moi comme je cherchais à le faire chez Dora. Ce mouvement m’ayant rendu une ardeur nouvelle, je donnai un suprême coup de bélier qui lui fit pousser un cri. Je m’arrêtai alors, me sentant bien au cœur de la place. Me penchant à son oreille, je lui dis : « Plus rien que du plaisir, ma chérie… Va. Flora !… »

Et je ramonai du haut en bas, glissant facilement, ce que Dora constata par ses exclamations : « oh ! ami, c’est bon… va… déchargeons ensemble… Flora, chérie, plus vite… Et toi aussi, chéri, va… je sens que ça gonfle… Viens… oh ! je jouis !… »

Je jouissais en même temps, lui lançant des jets brûlants dans les profondeurs de son être.

S’arrachant du pieu, elle courut, suivie de Flora, au cabinet de toilette où Maud les avait précédées. Celle-ci revint aussitôt, et se mit à faire la toilette de maître Jacques, avec un soin délicieux ; je me laissai faire comme un pacha.

Flora et Dora en rentrant s’étaient jetées sur le lit, où elles lutinaient doucement et se becquetaient.

Maud ayant fini son doux office, se remit à caresser mon membre. Celui-ci, sous tant d’attouchements lascifs, ne resta pas inerte et commença à se soulever. Elle fit doucement aller le prépuce d’avant en arrière, couvrant et découvrant tour à tour la tête rose, la lardant au passage d’un petit coup de langue ; puis, passant sa main sous mes globes qui pendaient mollement, elle les chatouilla doucement, si bien qu’elle leur rendit leur belle apparence. Priape se redressa, et Maud se relevant alors, s’écria joyeusement : « Oh ! chéries, voyez donc comme il rebande !… C’est pour toi, Flora… »

Les chéries ne s’occupaient guère de nous !…

— Que font-elles donc ? me demanda Maud, en m’entraînant vers le lit.

Étendue sur le dos, Flora tenait Dora étroitement enlacée : toutes deux s’étreignaient furieusement, les yeux mi-clos, les langues mêlées, les seins s’écrasant, se frottant leur toison l’une contre l’autre. Soudain Dora se retourna sur elle-même, la tête au pied du lit ; ses deux jambes s’entre croisèrent avec celles de Flora qui se prêta sans mot dire à cette manœuvre. Puis, par un léger mouvement de reins, elles rapprochèrent leurs sexes ; leurs deux vulves entre-bâillées se touchaient. Dora, de ses mains, ouvrit les grandes lèvres de son vagin et les referma brusquement en happant celles de Flora ; elle se mit alors à frotter, légèrement d’abord, puis plus vite, son clitoris en feu sur celui de sa partenaire qui était resté un peu en dehors.

Penchée sur le lit, Maud regardait avec une curiosité avide le combat engagé ; moi-même je ne pouvais détacher mes yeux de cet excitant spectacle. Dora, allongée, étirée, les nerfs tendus à se rompre, serrait et crispait les poings ; les muscles de ses bras et de ses jambes se gonflaient ; son visage se convulsait sous l’empire d’une volupté inouïe. Flora, inerte, les bras en croix, semblait une visionnaire ; ses traits respiraient une joie céleste. Elle agitait néanmoins, avec un mouvement de tangage de plus en plus prononcé, ses hanches, et laissait entendre, de temps à autre, un long soupir de jouissance.

Ne pouvant plus y tenir, je glissai mon priape entre les cuisses de Maud, qui se prêta aussitôt, et je l’enfilai en levrette. Ah ! ce ne fut pas long : au bout de quelques secondes, j’activai mes mouvements, comme je le voyais faire à Flora et à Dora, et, presque simultanément, un quadruple cri de jouissance retentit, et nous nous affaissâmes, pendant que Dora et Flora se tordaient en mouvements désordonnés.

Ma Cécile, j’ai rarement éprouvé plaisir aussi aigu : je n’ai jamais vu pareil spectacle. Comme je compris bien alors l’étymologie du mot tribade, qui veut dire : frotter.

Flora, soupirant à peine, les jambes écartées, jouissant encore ! Je me glissai près d’elle et la mangeai de baisers.

— Tu est fatigué, murmura-t-elle en saisissant mon priape.

— Fatigué !… m’écriai-je, tu vas voir !…

Je bondis brusquement sur elle et, sans la moindre préparation, furieusement, je me mis à l’enfiler sans qu’elle eût la pensée ou la force de se défendre. Maître Jacques, qui n’avait pas faibli, entra plus facilement, car tout était lubréfié, élargi, disposé par la scène que je viens de te raconter. Malgré cela, Flora qui poussait de son côté, fit tout à coup entendre un cri de douleur, que je n’eus pas le temps de réprimer. Maud et Dora accoururent et restèrent stupéfaites en nous voyant aux prises. Flora, revenue à elle, me disait : « C’est fini, ça ne me fait plus mal, continue… »

Encore quelques mouvements réciproques, mais retardés, savourés, et je la sentis fondre en même temps que moi et haleter dans un spasme suprême. De grosses larmes coulaient sur les joues de Flora, qui avait beaucoup souffert. La gentille Maud la consolait de son mieux : « Oh ! ça me cuit !… dit Flora d’une voix éteinte… j’ai eu bien plus mal que de l’autre côté… »

La tendre victime était tout ensanglantée, et mon triomphe n’était que trop visible.

— Viens, lui dit Dora, appuie-toi sur moi, mon ange ; je vais faire ta petite toilette…

Pendant ce temps-là. Maud me câlinait, tenant mon pauvre priape emprisonné dans une serviette.

— Mon chéri, Flora était donc bien étroite ?…

— Pas plus que toi, je pense, elle était plus énervée.

— Moi, je ne sens plus rien… Je vais préparer le thé, cela nous fera du bien…

Flora revint, un peu pâlie, mais souriante, et alla s’étendre sur la chaise longue. Je m’approchai d’elle, l’embrassant et lui demandant : « Je t’ai donc fait beaucoup de mal, ma chère Flora ?… »

— Oui, mais je suis heureuse d’avoir souffert pour toi… Aussi, nous recommencerons quand tu voudras !…

— Oh ! pas aujourd’hui… je ne suis plus en forme… regarde !…

— C’est vrai ; fit-elle, il doit être bien fatigué, le chéri : cinq fois de suite !… Tiens, il faut que je l’embrasse, le bourreau de mon pauvre minet…

Et se penchant sur mon membre apaisé, elle le bécota.

— Cher Léo, me dit-elle en mettant sa tête câline sur mon épaule, j’ai une grâce à te demander…

— Une grâce ! ma chère aimée… parle !… tout ce que tu voudra…

— Eh bien ! continua-t-elle en hésitant, je voudrais… mais tu promets de n’en rien dire à nos amies jusqu’à nouvel ordre ?…

— Je te le promets, répondis-je, légèrement intrigué.

— Je voudrais passer toute une nuit avec toi… rien que nous deux…

— Oh ! ma chérie, je le désire autant que toi, si c’est possible…

— Oui, je m’arrangerai… Attends quelques jours, je te le dirai… Oh ! que je suis heureuse !… toute à toi, seule à toi pendant une nuit entière !… Nous ferons tout, tout !…

Et elle me serra passionnément sur son sein.

— Chut ! ajouta-t-elle, voilà nos amies.

— Quel dommage, soupira Maud, que l’homme ne puisse pas le faire indéfiniment comme la femme !…

— Alors, demanda Dora, tu n’en as pas encore assez ?… Tu le referais encore ?…

— Mon Dieu ! répondit Maud ingénument, j’aurais voulu le faire encore une fois de chaque côté, car la première ne compte pas.

— Eh bien ! répliqua Dora, tu n’as pas l’air de te douter que notre ami Léo vient d’accomplir une prouesse dont peu d’hommes, je crois, seraient capables. Cinq fois, coup sur coup !… Le voilà sur Le flanc pour huit jours.

— Oh ! fis-je en me redressant, je ne vous en demande que trois…

Tout le monde s’habilla. Nous prîmes le thé, et après quelques petites caresses, mes trois libertines me quittèrent, promettant de m’écrire pour une prochaine séance. En les reconduisant jusqu’à la porte, Maud étant restée en arrière, me retint un instant, et me souffla à l’oreille : « Oh ! que je voudrais coucher toute une nuit avec toi !… rien que nous deux, et le faire de toutes les façons !… » Comme Flora !…

— Oui, ma petite chatte, moi aussi… nous arrangerons cela, si c’est possible.

Encore un petit coup de langue, un doigt sur les lèvres, et elle s’envola.

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Ton Léo.
  1. Le « tiffin » est le repas, généralement composé de viandes froides, de gâteaux, de thé avec beurre, et de vins de liqueurs, que les Anglais prennent à deux heures et après lequel ils font la sieste.