Les Muses françaises/Mme Genlis

Les Muses françaisesLouis-MichaudI (p. 163-167).




MADAME DE GENLIS




Stéphanie-Félécité du Crest de Saint-Aubin, marquise de Sillery, comtesse de Genlis, née à Champcéri, près d’Autun, le 25 janvier 1746 ; morte à Paris le 31 décembre 1830. — Elle était fille d’un officier de marine et appartenait à une bonne famille de Bourgogne.

Il n’y a guère d’intéressant dans sa vie que le temps qu’elle pasa, en qualité d’institutrice des princesses et même des princes, au Palais-Royal. Elle occupa, en effet, la charge, nouvelle pour une femme, de gouverneur du duc de Valois, plus tard duc de Chartres, puis duc d’Orléans, puis roi (Louis— Philippe). Elle fit également l’éducation du duc de Montpensicr et du comte de Beaujolais. Elle devait, paraît-il, cette confiance à son système dans lequel l’éducation physique tenait une place iniportante.

Ses fonctions d’institutrice royale lui laissèrent, néammoins, le lemps d’écrire, habitude qu’elle tenait sans doute de sa mère,’aquelle avait composé plusieurs romans pour jeunes personnes.

Les ouvrages de Mme de Genlis s’élèvent modestement ii soixante-quatorze, et la plupart ont plusieurs tomes.

On peut dire, sans crainte de se tromper, qu’ils sont en général médiocres. Ses livres d’éducation, écrits, le plus souvent, sous forme de contes, do petits drames, d’entretiens épistolaires sont aujourd’hui aussi oubliés que se.^ romans et que son théâtre, ce (jui n’est peut-être pas pleine justice. La Tendresse maternelle, par exemple, est une petite pièce délicieuse do simplicité et de naturel, où Mme de Ciirardin a trouvé l’idée de sa Joie fait peur et Alfred de Musset son abiié do // ne faut jurer de rien. C’est, d’ailleurs, le chef-d’œuvre de Mme de Geiihs, avec Ualatée[ lui a été Inspirée par Rousseau.

Parlant do Mme de Genlis, Sainte-Beuve a dit spirituellement : « Une femme auteur, c’est en etîet ce (juc Mme tle ( « enlis était avant touteelioao, ot la nature semblait l’avoir créée tellv>, couimo si e’éUiit lA, désornuiis, une dos fonctions essentielles de la civilisation et de la vie. Mme ilo Genlis aurait certainement inventé l’écritoire, si l’invention n’avait pas ou lieu auparavant. » Et encore : « En tout, ce qui lui manquait, c’était la vérité et la nature ; d’ailleurs, elle avait les tlneîw^es, lea adresses et les grices de la société. On vc)it, d’ai>rès cet ensemble, qu’avec beaucoup d’esprit et île talent, elle n’étjilt nullement une femme supérieure. »

C’est ce qui apparaît clairement dans les quelques poésies qu’elles a laissées. Ainsi qu’on jMUirra s’en rendre coni>to les nuMlleures do ces poésles n’ont rien cle particulièrement remarquable.

BIBLIOGRAPHIE DES ŒUVRES POÉTIQUES ; Herbier moral ou recueil de fables nouvelles, Paris, 1801.

CONSULTER : SAINTK-Bkuvk. Causeries du Lundi, tonic lll. 1852. AL1*H( » SK Sfionft et.In.KS Bkrtait. VKvolutinn du ThMtre contem. porain. in-18. Paris, 1008. Page:Séché - Les Muses françaises, I, 1908.djvu/166 Page:Séché - Les Muses françaises, I, 1908.djvu/167 Page:Séché - Les Muses françaises, I, 1908.djvu/168 Page:Séché - Les Muses françaises, I, 1908.djvu/169