Les Gloses de Cassel/Grammaire

Les Gloses de Cassel Les Gloses de Cassel Commentaire



I. PhonétiqueModifier

VocalismeModifier

Chute de la pénultième atoneModifier

1. On sait que la pénultième atone était déjà tombée en latin dès les premiers siècles de l’Empire. Notre texte nous montre de nombreux exemples en -ULUS, -ULA où elle est conservée, mais il ne faut voir là, évidemment, que des graphies purement latines. Du reste, on a

uncla nagal 36
oviclas auui 76
mufflas hantscoh 117
siccla einpar 126
cramailas[1] hahla 134
puticla 153

Digiti fingra 42 est peut-être une graphie étymologique, tandis que bisle phesal 96 (= PENSILE), dont l’étymologie échappait à l’auteur, est bien roman.

Dans figido lepara 52, peut-être y avait-il encore un léger son vocalique, A offrant toujours plus de résistance à l’atone que les autres voyelles.

Dans gerala, tina zuuipar 125, il faut nécessairement voir une faute pour gerula, voyez au Commentaire.

Quant à puledro folo 67, puledra fulihha 68, ils peuvent représenter, comme le dit Diez p. 93, aussi bien PULLÉTRUS que PÚLLETRUS. Nous verrons au Commentaire qu’ils correspondent à PULLÉTRUS.

Chute des voyelles finalesModifier

2. Malgré le grand nombre de mots affectés de terminaisons latines, on peut affirmer que la langue des Gloses de Cassel a déjà laissé tomber les voyelles finales. Il faut faire toutefois trois exceptions : pour A et, ce qui paraîtra plus surprenant, pour I et pour la finale de la 2e personne sing. de l’impératif.

Pour la chute de e, on relève les exemples suivants :

mantun chinni 11
tal(a)uun anchlao 32
auciun caensincli 84
mediran cimpar 105 (*MATERAMEN)
capriuns rafuun 108 (*CAPERIONES)
sim halp 162 (SEMEM)

Il y a des exceptions comme pulmone lungunne 53, mansione selidun 93 (graphie latine comme le prouve la première n), calice stechal 129.

Pour la chute de o et de u, on a les exemples :

un os(ti) spinale ein hruckipeini 25
calamel uuidarpeini 31
putel darm 49
pulcins honchli 86
uuanz irhiner 118
sestar sehtari 128
martel hamar 147
moi mutti 160 (= MODIUM)
vestid cauuati 164
laniu vestid uullinaz 165
lini vestid lininaz 166

Les exceptions sont en nombre considérable, mais il faut, à n’en pas douter, les attribuer à la tendance latinisante de notre auteur.

La règle de la chute des finales que nous avons établie, subit, en faveur de A, une première exception qu’on ne trouvera pas surprenante. Les exemples à citer pour le maintien de A sont les innombrables féminins pluriels, qui eux sont toujours en -as (jamais en -es comme il arrive dans les Gloses de Reichenau), dont la nomenclature serait ici superflue, de nombreux féminins singuliers en -a tels que

coxa deoh 27
tibia pein 30
uncla nagal 36
palma preta 41
unctura smero 58
equa marhe 66, etc., etc.

des neutres probablement féminisés tels que

brachia arm 39
iumenta marhe 65
pecora skaaf 73

On trouve un exemple où A est représenté par u, dans casu hus 91 (voyez l’explication au Commentaire) et un exemple où il est représenté par o : radi meo parba skir minan part 19. Ici nous avons incontestablement affaire à une faute du copiste, amenée par les expressions précédentes meo capilli et meo colli.

Une deuxième exception à la loi des finales a lieu en faveur de I : en effet, parmi les noms que notre glossaire nous transmet sous la forme du pluriel, ceux de la deuxième déclinaison latine, lorsque par hasard ils sont au nominatif, conservent toujours leur i :

digiti fingra 42
putelli darma 50
fidelli chalpir 75
agnelli lempir 77
purcelli farhir 82
pulli honir 85
mallei slaga, hamar 148
aia tutti uuela alle 163

À ces exemples, il n’est pas inutile d’ajouter la phrase bien connue du huitième chapitre : stulti sunt romani, sapienti sunt paioari.

La troisième exception à la loi des finales concerne les impératifs. Les exemples ne sont pas bien nombreux : deux, du reste, se terminent en i, un en e :

tundi meo capilli skir min fahs 17
radi me meo colli skir minan hals 18
radi meo (l. mea) parba skir minan part 19
punge stih 170

Mais on a va canc 155.

Chute de la contrefinaleModifier

3. La chute de la contrefinale paraît, à l’époque des Gloses, tout au moins en voie d’accomplissement, si elle n’est pas un fait accompli. Ainsi, l’on a d’un côté

intrange indinta 54 (= INTERANEA)
pulcins honchli 86
capriuns rafuun 108,

mais de l’autre

umbilico napulo 61
animalia hrindir 69
mediran[2] cimpar 105
ponderosus haolohter 172.

Dans ces derniers exemples, il faut probablement voir des graphies latines ; toutefois, mediran est évidemment roman : peut-être le groupe t-r, d’une prononciation quelque peu rebelle, résistait-il mieux à la jonction.

Quant à keminada cheminata 97, il n’est pas surprenant. C’est un dérivé de date évidemment romane, qui peut bien ne s’être formé que postérieurement à l’époque de l’action de la loi de la contrefinale. C’est le cas en France, par exemple, où l’on a cheminée et non chemée.

Ajoutons encore que, comme il fallait s’y attendre, à la contrefinale aussi bien qu’à la finale, A résiste et n’a pas le sort des autres voyelles :

calamel uuidarpeini 31
caldarora chezi 133 (l. caldarola).
Voyelles initialesModifier

4. En général, A reste a :

capilli fahs 4
calamel uuidarpeini 31
cavallus hros 63
galina hanin 88
caminus ofan 99
capriuns rafuun 108
camisa pheit 112
calice steehal 129, etc.

Il faut cependant noter qu’il y a trois mots dans lesquels il devient e. Ce sont :

keminada cheminata 97
esilos pretir 104 (*AXILLOS)
mediran cimpar 105

Dans ordigas zaehun 35, on pourrait voir le changement de A en o. Pour moi, je regarde ce mot comme purement celtique, cf. au Commentaire.

Dans pridias uuanti 103 (= lat. vulg. PARETES), il faut bien voir une aphérèse de l’A, à moins qu’on n’admette qu’il y a là une faute de copiste. Pour l’explication du second i, cf. au Commentaire.

Enfin, je ferai remarquer ici, bien que ce ne soit peut-être pas exactement l’endroit, que hanap hnapf 130 possède l’a épenthétique.

Pour E, il y a à noter que, selon une tendance romane bien connue, il passe à a dans un certain nombre de mots :

mantun chinni 11
saccuras achus 138
aia tutti uuela alle 163 (= EIA).

Dans le dernier exemple, je considère l’E, en effet, comme ayant le traitement de l’initiale.

Je parlerai de innuolu chniu 29 (= GENUCULUM) au Commentaire. À propos de U, je dirai que j’admets que devrus deohproh 114 = TUBRUCOS. Je reviendrai d’ailleurs sur ce point. J’admets donc que U initial a passé à e dans ce mot.

Voyelles toniquesModifier
A.Modifier

5. A reste a, mais, s’il est suivi de jod, il passe à ei. Nous avons de ce cas deux exemples :

tunica, seia tunihha 111 (SAGA)
manneiras parta 139 (MANUARIAS)

Il est vrai que l’on a d’un autre côté pragas proh 113, qui est peut-être écrit sous sa forme latine. Je rappelle aussi ici le paioari du huitième chapitre ou ai reste intact. C’est un exemple du reste ou ai se trouve à l’initiale.

Le suffixe -ARIU qui devrait faire -eir comme son féminin fait eira (manneiras), fait exception à la règle. Ce n’est pas une forme correspondant à -ARIUS que nous avons, mais bien à -ARUS, c’est-à-dire à l’italien -aro, au roumain -ar(u) :

sestar sehtari 128
caldaru chezil 132,

exemples auxquels il convient d’ajouter le dérivé caldarola chezi 133, qui n’a pu être formé évidemment que d’un primitif caldaru ou caldara, et la forme hautement intéressante paioari du huitième chapitre (sapienti sunt paioari), qui doit être mentionnée à ce paragraphe, puisque les thèmes germaniques de Gautier, Gontier, Ogier, Baivier, etc., sont traités dans les langues romanes comme des mots en -ARIUS.

E et O ouvertsModifier

6. E et O ouverts sont toujours écrits e, o :

palpebre prauua 22
pedes foozi 34
boves ohsun 70
troia suu 80
domo cadam 92, etc.

Nous n’avons pas d’exemple de -ERIUM, mais le traitement de -ERIA est bien étonnant : contrairement à ce qui se passe dans -ARIA, l’i de -ERIA se perd sans laisser aucune trace :

fomeras uu[a]ganso 146 = VOMERIAS

Un second exemple nous est fourni par mediran cimpar 105 qui postule un thème *MATERAMEN, lequel ne peut avoir été dérivé que d’un primitif *MATERA.

E et O fermésModifier

7. E et O fermés non plus ne nous sont attestés une seule fois sous la forme diphtonguée, lorsqu’ils sont libres. Qu’ils soient libres ou entravés, ils s’écrivent à volonté par leur double forme étymologique e ou i, o ou u. C’est un fait banal sur lequel je n’insiste pas. La même dualité de graphies existe aussi naturellement dans les syllabes autres que les toniques :

timporibus chinnapahhun, hiuffilun 9

On trouve une fois O fermé représenté par y conformément à l’étymologie :

gyppus houarohter 174.
AUModifier

8. Un phénomène remarquable, c’est que AU reste au dans les Gloses de Cassel, à l’inverse de ce qui se passe dans les Gloses de Reichenau. Sans vouloir tirer argument de aures aorun 6, aucas cansi 83, claudus lamer 176 qui ont bien l’air d’être écrits sous leur forme latine, je relèverai auciun caensincli 84 qui est écrit à la romane, parce que notre auteur ignorait probablement un thème tel que *AUICIONEM, pao phao 89 = PAUO ou PAUUM (en a. fr. on aurait eu pou), paua phain 90 (qui serait devenu ici poa, a. fr. poe).

ConsonnantismeModifier

H.Modifier

9. H latine subsiste dans homo man 1 et dans humerus ahsla 15, qui sont des graphies savantes. Dans idrias 121 au contraire (= HYDRIAS), elle n’est pas notée. Sa chute date déjà de l’époque latine.

H germanique est maintenue dans hanap hnapf 130, où il est probable qu’elle était prononcée.

On a dans trois mots une notation ch, à laquelle il faut donner la valeur de c dur :

brachia arm 39
stomachus mago 55
et inchus anti anapaoz 150.
X, SC, CSModifier

10. X, SC sont déjà devenus dans les Gloses s :

esilos pretir 104
fasselas fanun 115 (= *FASCELLAS)
sestar sehtari 128

On retrouve x dans

maxillas chinnpein 12
coxa deoh 27
punxisti stahli 169

On est fondé à croire que ce ne sont là que de simples graphies latines.

Les finales -CUS, -COS se résolvent en s :

pis first 106 = *PICUS
devrus deoproh 114 = TUBRUCOS
C, G.Modifier

11. C, G + a étaient-ils altérés dans la langue des Gloses ? Il est impossible de le dire. D’aucuns pourraient arguer de la forme tout isolée keminada cheminata 97 où ke représente CA latin, mais quant à moi j’estime que keminada ne prouve rien pour la prononciation de C, G. Je partage avec Darmesteter l’avis que C, G ont très bien pu se palatiser encore après le passage de A initial à e : qu’on veuille bien se rappeler le traitement en français des mots germaniques qui renferment K + E et de dérivés tels que duchesse, sachet.

On ne peut pas dire non plus que C, G étaient altérés dans le groupe -CL- car la forme cramailas hahla 134 = CRAMACULAS est absolument isolée au milieu d’une multitude d’autres en -CL-et une forme siccla 126 avec redoublement du c semble bien prouver qu’on avait encore là la prononciation de c dur. Cramailas doit être une faute pour cramaclas.

Intervocaliques, C, G sont déjà tombés ou réduits à i selon le cas. Ainsi :

tunica, seia tunihha 111 (= SAGA)
liones seh 145 (= LIGONES)

Ils ne tombent pas toujours cependant :

pecunia fihu 62
pecora skaaf 63
aucas cansi 83
pragas proh 113
saccuras achus 138.

Il se peut que quelques-uns de ces mots soient écrits dans leur forme latine, mais pour saccuras le redoublement du c prouve qu’il y était encore prononcé.

12. Quant à C, G + e, i, ils étaient indubitablement altérés à l’époque des Gloses. Cela est prouvé d’une façon certaine par falceas segansa 141, où le groupe ce représente le son nouveau, car FALCEM, s’il eût passé à la première déclinaison à l’époque où le C était encore dur, eût produit falca (comme en roumain) et non falcea. D’autres exemples, où l’on a la combinaison ci pour le son nouveau sont :

facias uuangun 10
auciun caensincli 84

et peut-être pirpici uuidari 74 (= BERBICES, Diez).

Il faut y ajouter vivaziu iili 158 (= l’adv. VIVACIUS, voir au Commentaire), où l’on a pour ce son une troisième graphie : zi. Il est infiniment probable que ce son tour à tour représenté par ce, ci, zi était ts ou tch puisqu’il semble avoir résorbé l’s finale dans vivaziu. Je considère en effet l’u final de ce dernier comme une simple lettre muette et servant d’appui. Je prononce vivats ou vivatch. Brachia arm 39 est, selon toute vraisemblance, une graphie latine.

Mais de l’altération de C, G devant e, il y a encore d’autres preuves : ce sont : keminada 97 et intrange 54. En effet, si l’auteur n’a pas écrit ceminada, c’est qu’il s’est aperçu que cela donnerait une prononciation autre (ts, tch) et dans intrangeINTERANEA il a représenté par g (suivi d’e) le son palatal issu de l’E latin en hiatus.

T, D.Modifier

13. La finale -T’S donne z dans uuanz irhiner 118, ce qui nous prouve que dentes zendi 8, pedes foozi 34, claudus lamer 176, mutus tumper 177 sont des graphies latines.

P, B, F, V.Modifier

14. S’il fallait tenir compte de la majorité des exemples, on n’admettrait pas que dans la langue des Gloses, P et B médials fussent déjà devenus v. Mais comme nous y relevons déjà cavallus hros 63, auquel il faut joindre devrus deohproh 114 = TUBRUCOS, nous devons bien admettre que les autres exemples

caput haupit 2
capilli fahs 4
tundi meo capilli skir min fahs 17
stupa stupa 95
trapes capretta 107
capriuns rafuun 108

sont des mots où a été conservée l’orthographe traditionnelle et archaïque ou, tout au moins, qu’à l’époque de notre texte la langue était arrivée à cette étape intermédiaire entre b et v, qui est représentée par le b, v espagnol.

Scruua suu 81 = SCROFA peut s’interpréter de deux façons : scruua avec redoublement de l’u comme dans tal(a)uun et effacement de l’F médiale ou bien scruva avec changement de F en v (la sonore pour la sourde).

Pour V médial, cf. à AU tonique, § 8.

M.Modifier

15. M finale donne n : mediran cimpar 105. Homo man 1 est une graphie savante.

W germaniqueModifier

16. W germanique reste intact dans notre texte :

uuindicas uuintinga 116 (a. fr. guinche)
uuanz irhiner 118.
HiatusModifier

17. Comme il fallait s’y attendre, les Gloses de Cassel montrent l’E ou l’I latin en hiatus déjà résolu en jod, phénomène qui est du reste de l’époque latine. Le jod peut être écrit de trois manières : par i  :

laniu vestid uulinaz 165
lini vestid lininaz 166.

par g :

intrange indinta 54,

enfin par e conformément à l’orthographe latine :

calcanea fersna 33
dolea 120 = DOLIA (a. fr. doille).

qui est une graphie contraire,

mallei slaga, hamar 148 (a. fr. mail).

Il faut admettre que dans sicleola 127, l’e est purement graphique, puisque dans le suffixe -EOLUS l’E était déjà tombé dès l’époque latine (cf. du reste caldarola chezi 133).

Les groupes BI, PI, VI ne sont pas altérés :

labia lefsa 21
tibia pein 30
gulvium noila 180

Y a-t-il des exemples où I en hiatus ait passé dans la syllabe tonique ? Il en est deux, en tous cas, qui semblent assurés ; c’est manneiras parta 139 et camisa pheit 112. Mansione selidun 95 fait exception. Dans fomeras uu[a]ganso, on constate la disparition totale de l’i ; je renvoie pour ce mot au § 6.

Sur CE, CI, ZI ayant la valeur ts ou tch, voir § 12.

Consonnes doublesModifier

18. Dans la langue des Gloses, les consonnes doubles se sont déjà simplifiées.

Pour CC, le phénomène nous est attesté par des graphies contraires telles que siccla einpar 126, saccuras achus 138, bien que l’on ait vaccas choi 71.

Les exemples où LL est réduit à l abondent :

calamel uuidarpeini 31
polix dumo 44
putel darm 49
puledro folo 67
puledra fulihha 68
pulcins honchli 86
galina hanin 88
fasselas fanun 115
martel hamar 147

Il est vrai qu’on pourrait citer tout autant d’exemples où LL se maintient :

capilli fahs 4
maxillas chinnpein 12
collo hals 13
tundi meo capilli skir min fahs 17
radi me meo colli skir minan hals 19
putelli darma 50
cavallus hros 63
fidelli chalpir 75
agnelli lempir 77
purcelli farhir 82
pulli honir 85
callus hano 87
mallei slaga, hamar 148 :

mais il va de soi qu’on a affaire, ici comme ailleurs, à un simple phénomène orthographique. L’influence latine ne perd jamais ses droits. De la réduction de PP en p, il n’y a pas d’exemples, probablement par un pur effet du hasard.

cuppas chupf 131
sappas hauua 137
gyppus houarohter 174
et lippus prehanprauuer 175

On ne rencontre FF que dans mufflas hantscoh 107.

La simplification de NN est attestée par la graphie contraire manneiras parta 139, bien qu’on trouve pannu lahhan 110.

D’autre part, le redoublement des consonnes nous est encore attesté comme une simple habitude orthographique du glosographe par uu = V latin : uuasa uuahsir 119, cauuella potega 124 (l. cuuuella). Dans tal(a)uun anchlao 32, cet u est redoublé, lors même qu’il a la valeur d’une voyelle. La partie germanique offre aussi des exemples de cette singularité : suu 80 et 81, rafuun 108.

II. FlexionModifier

ArticleModifier

19. On ne trouve la présence dans notre texte que de l’article indéfini : un os(ti) spinale ein hruckipeini 25. L’article défini n’est exprimé nulle part, pas même dans une glose où se trouve l’article défini allemand : os maior daz maera pein deohes 28.

DéclinaisonModifier

20. Il saute aux yeux de quiconque lit les Gloses de Cassel, que la langue de ces Gloses possède et connaît les représentants de deux cas latins, le nominatif et l’accusatif. Mais un glossaire n’est pas un texte formé de propositions présentant des sujets et des régimes munis chacun de sa terminaison respective. Aussi il devient très difficile de dire si la langue des Gloses de Cassel possédait encore un système de déclinaison ou si chez elle la réduction des cas à un seul s’est déjà opérée, cas qui serait alors emprunté tantôt à l’accusatif latin, tantôt au nominatif.

Pour les mots de la première déclinaison latine, il va de soi que les cas sont déjà uniformisés aussi bien au singulier qu’au pluriel. Au pluriel, c’est la forme en -as qui nous est attestée uniformément, et cela par un nombre considérable d’exemples qui ne peut laisser place à aucune espèce de doute. Il y a bien deux nom. plur. en -e : palpebre 22 et intrange = INTERANEA 54, mais ils semblent bien n’être autre chose que des formes latines, le second surtout qui ne paraît être mis au nom. (au lieu de intrangas) que pour qu’un e suivant le g lui donne sa valeur palatale. Il est à noter que dans la déclinaison féminine en -a il est passé un certain nombre de substantifs féminins des troisième et cinquième déclinaisons latines :

facias uuangun 10
prid(i)as uuanti 103
saccuras achus 138
falceas segansa 141
et forcipa anti zanga 149

On a exceptionnellement costis rippi 57, qui est peut-être un latinisme.

Ce qui a rapport à la deuxième déclinaison latine est plus compliqué. Au singulier, il est évident que les représentants de cette déclinaison avaient encore leurs deux cas, chacun remplissant sans aucun doute sa fonction propre. Ainsi on a :

humerus 15 à côté de calamel 31
manus[3] 40 putel 49
stomachus 55 umbilico 61
lumbus 60 puledro 62
cavallus 63 domo 92
callus 87 pannu 110
thalamus 94 sestar 128
furnus 98 martel 147
caminus 99 moi 160
pis 106 vestid 164
uuanz 118 laniu vestid 165
lini vestid 166.

De même, dans les adjectifs (im)plenus est 135, ponderosus 172, gyppus 174, et lippus 165, claudus 176, mutus 177, à côté d’argudu 159. Au pluriel de cette deuxième déclinaison, on observe semblable dualité de désinences. Cependant on constate à première vue que les noms qui ont -i, la terminaison du nominatif, sont tous en t, tt, ll (y compris ll mouillé). La simplification des cas serait-elle déjà un fait accompli ici et y aurait-il eu option tantôt pour la forme nominative tantôt pour la forme accusative, selon les affinités de la consonne finale ?

capilli 4 oculos 5
digiti 42 pulcins 86
putelli 50 esilos 104 (= *AXILLOS)
 fidelli 75 devrus 114
agnelli 77 taradros 142
purcelli 82 scalpros 143
pulli 85
mallei 148
aia tutti 163

Toutefois il est juste de dire qu’au huitième chapitre il y a une phrase où est encore formellement observée la règle des cas : stulti sunt romani, sapienti sunt paioari.

Arrivons à la troisième déclinaison latine. Au singulier, elle présente aussi des formes nominatives et accusatives. Il faut pourtant dire que les premières offrent dans leur ensemble les caractères de mots latins, tandis que les secondes accusent plutôt, pour la plupart du moins, une allure romane :

homo 1 mantun 11
polix 43 tal(a)uun 32
furnax 100 pulmone 53
et inchus 150 auciun 84
mansione 93
calice 129

Dans les adjectifs, on relève la forme sim halp 162.

Au pluriel, il faut distinguer les féminins des masculins. Les premiers ou bien ont passé dans la déclinaison en -a, ou bien sont restés dans la troisième comme aures aorun 6, nares nasa 7, radices uurzun 20, siciles sihhila 140, et ceux-ci comme ceux-là n’ont naturellement qu’un seul cas, resp. en -as et en -es. Pour les masculins, on ne trouve qu’un seul exemple d’une recomposition du nominatif en -i : encore est-ce une forme adjective qui se trouve au huitième chapitre : sapienti sunt paioari. Dans les substantifs au contraire, on trouve cinq formes en -es :

dentes zendi 8
renes lenti 26
pedes foozi 34
boves ohsun 70
liones seh 145

La question d’une recomposition du nominatif en -i pour les substantifs ne saurait être tranchée. Voy. encore au Commentaire pirpici 74.

En manière de conclusion, on peut donc dire que la langue des Gloses de Cassel connaît encore partiellement (au singulier de la deuxième déclinaison latine) le système de la déclinaison à deux cas. Elle connaît peut être encore, en tout cas a connu ce même système de déclinaison pour le pluriel des noms de la deuxième déclinaison latine.

GenreModifier

21. En latin, le genre neutre avait commencé (par les noms de la deuxième déclinaison) à s’effacer de bonne heure (iiie siècle). Dans les Gloses de Cassel, nous trouvons des noms neutres qui ont passé à la déclinaison féminine en -a :

Sing. : calcanea fersna 33
pecora skaaf 73
dolea 120
Plur. : membras lidi 37
armentas hrindir 72,

et d’autres qui ont passé à la déclinaison masculine en -us :

Plur. : taradros napugaera 142
scalpros scraotisran 143.

On ne relève pas d’exemple de ce dernier cas pour le singulier. Il faut également citer, comme nous attestant le remplacement du genre neutre par le masculin, la glose 28 : os maior daz maera pein deohes.

Mais comme on sait, le genre neutre, n’a pas été sans laisser des traces dans les langues romanes. Sous ce rapport, la langue dans laquelle sont écrites nos gloses ne fait pas exception.

Les plur. neutres en -a ne sont pas rares :

brachia arm 39
latera sitte 56
animalia hrindir 69
uuasa uuahsir 119.

Il est probable que plus d’un de ces mots est purement et simplement latin ; cependant animalia apparaît comme une forme romane, traduit qu’il est par un pluriel : « têtes de gros bétail ». Il est vrai qu’il pourrait être un collectif féminin et signifier : « troupeau de gros bétail ». Labia lefsa 21 peut être, comme le dit Diez, aussi bien le sing. lat. LABIA que le plur. latin LABIA.

PronomModifier

22. Au sujet des pronoms, il n’y a à noter qu’un seul fait, mais il est d’une grande importance : c’est que le possessif (forme conjointe) de la première personne au cas régime masculin est MEO :

tundi meo capilli 17
radi me meo colli 18

C’est donc la forme des langues romanes du midi que nous avons ici, et non celle du français.

On pourrait ajouter que la forme accusative ME a supplanté le datif MIHI, ce qui n’a rien d’extraordinaire :

radi me meo colli 18

Il convient pourtant de noter que le huitième et dernier chapitre commence par : Indica mih quomodo nomen habet homo iste. Mais on ne doit pas perdre de vue que ce huitième chapitre est à peu près du latin pur.

VerbeModifier

23. On remarque les deux impératifs tundi et radi qui supposent des infinitifs refaits tundir et radir, ainsi que la forme va 155 dont il a déjà été parlé au § 2 (fin).

Conclusion[4]Modifier

Je ne saurais admettre avec Frédéric Diez que les Gloses de Cassel soient un texte de la langue d’oïl. J’admets que la langue dans laquelle elles sont rédigées présente bon nombre de caractères qui sont ceux du français du Nord, tels que la chute des voyelles finales, le maintien de W germanique, le changement de cs en s, la réduction de ts à z. Mais il y a plusieurs raisons qui s’opposent absolument à l’attribution des Gloses au domaine français.

Je ne veux pas faire figurer parmi ces raisons celle qui consisterait à dire qu’on ne retrouve pas en français bon nombre de mots : scapulas, humerus, pecora, scruva, sedella, saccuras, manneiras, siciles, liones, fomeras, vellus, gyppus, lippus, etc. Cette raison n’est pas décisive et on pourra probablement toujours en faire valoir une semblable contre toute attribution des Gloses à un domaine quelconque.

Je ne veux pas non plus m’autoriser de ce fait que la forme du suffixe -ARIUS, -ARIA est dans nos gloses -ar, -eira (§ 5) et de cet autre que AU n’y est nullement vocalisé en o (§ 8). Je pourrais cependant le faire avec quelque raison, puisque les Gloses de Reichenau qui sont un texte français du viiie siècle possèdent déjà le suffixe -ARIUS sous la forme -er (sorcerus, paner) et ont déjà transformé AU en o. On peut, en effet, ruiner ces deux arguments en disant que les Gloses de Cassel sont peut-être antérieures aux Gloses de Reichenau et que la substitution du suffixe -er (*ERUS) au suffixe -ar et le changement de AU en o sont des phénomènes qui ont pu s’accomplir dans l’intervalle.

Je ne m’appuyerai pas davantage sur le fait que ai > ei dans seia et manneiras (§ 5), transformation qu’on ne saurait absolument pas admettre dans le français du viiie siècle, car on pourrait objecter que ces ei sont le résultat d’une simple habitude graphique du scribe allemand[5]. Je crois cependant qu’on se tromperait, puisque le même scribe connaît la graphie ai (aia tutti)[6].

Les deux seules formes que je produirai pour prouver la provenance non française des Gloses sont esilos (§ 4) et meo = MEUM (§ 22), mais elles sont concluantes. En français, les formes répondant à « essieu » ont toutes originairement la diphtongue ai à l’initiale aissil (*AXILE), aissel (*AXELLUM) et ce n’est qu’au xie siècle que la diphtongue ai peut se resserrer en e. Ici, au contraire, nous n’avons pas le même processus : A initial passe directement à e.

Dans MEUM, la chute de l’M qui est un phénomène des langues romanes du midi, est totalement inconnue au français. Et pourtant dans meo l’on ne peut pas voir une faute de copiste, puisque la forme est attestée deux fois.

La conclusion de l’étude grammaticale que j’ai faite de la langue des Gloses de Cassel sera donc que ces Gloses ne sont pas françaises.

Tous les caractères de cette langue que j’ai relevés plaident au contraire en faveur du réto-roman. Je vais montrer, en conservant la même numérotation de paragraphes, qu’aucun des phénomènes que j’ai relevés dans l’étude de la langue des Gloses n’est étranger au réto-roman[7].

1 et 2. « In den besten rät. Mundarten gibt es 1. kein Proparoxytonon… 2. keinen Vokal der lat. unbetonten Endsilben ausser A. » L’exception en faveur des pluriels en -i existe, puisque dans le Frioul et surtout dans le Tyrol, le pluriel se forme encore partiellement au moyen de la désinence -i. L’exception pour la finale de l’impératif est encore en vigueur également : « Zunächst gibt es Ausnahmen zu Gunsten flexivischer Ausgänge, die man also ihrer Bedeutsamkeit wegen schonte, wie die Imperative auf -e… » (Gartner, Grundriss, I, 477).

3. La chute de la contrefinale est un phénomène qui relève encore de l’époque latine et a lieu aussi bien en rtr. qu’en français.

4. Le traitement des voyelles initiales (A donnant sporadiquement e et E donnant a) s’accorde également avec le réto-roman : « Vor der Tonsilbe werden die Vokale sehr häufig abgeschwächt : … offene Vokale verdumpfen sich gegen i und u oder verlieren ihren Character, indem sie ungefähr zu a verblassen. » (Gartner, Gram., § 60.)

5. Ai devenant ei et la finale -ar correspondant au suffixe -ARIUS sont des traits que l’on retrouve en réto-roman, cf. Gartner, Gram., § 27. On relève de même ce suffixe -ar en ancien tergestin (Cavalli, Archivio glottol., XII, 261).

8. AU restant au est un caractère propre à une partie du domaine réto-roman : « AU besteht am Rhein, in Greden und im Friaul noch fort. » (Gartner, Grundriss, I, 477.)

10. La réduction de X à s a lieu : « Das lat. X ist ebenso meist mit ss gleichwerthig… » (Gartner, Gram., § 85). cs final réduit à s n’est pas inconnu : ainsi, en ancien tergestin on a amis = amicus (Cavalli, Arch. glottol., XII, 263). Cf. encore les pluriels de LOCUS dans Gartner, Gram., p. 86, ceux de PORCUS dans Gartner, Grundriss, I, 476.

11 et 12. Nous avons vu que dans C, G + e, i les gutturales sont déjà altérées dans notre texte. Ce n’est pas là un caractère propre au français, il est parfaitement connu du réto-roman ; cf. Gartner, Grundriss, I, 479 : « G und C haben in vier Stellungen ihren alten harten Laut aufgegeben : I, am frühesten vor e und i, wo dann in den reineren Mundarten die Erweichung bis zu , und ž, š fortgeschritten ist… ». CI et GI + voy. se comportent absolument comme C et G + e, i : « Genau so wie gi, ci verhält sich auch gj, cj (gi, ci vor Vokalen)… (Gartner, Gram., § 88).

13. ts peut parfaitement avoir été graphié z dans le réto-roman du viiie siècle, aussi bien qu’en ancien français. La finale t’s est restée jusqu’aujourd’hui ts dans la prononciation règle générale : voy. les représentants des pluriels ÆSTATES, DIGITOS, PARTES, TUTTOS dans Gartner, Gram., § 106. Dans Pirona, je relève fonz = FONDUS, où z = ds.

14. P, B médials devenant v est un phénomène général dans le réto-roman, cf. Gartner, Grundriss, I, 478.

15. M finale > n n’est pas non plus un phénomène étranger au réto-roman (Gartner, Grundriss, I, 478).

16. On peut en dire autant de W germanique > w, puisqu’on trouve w dans le Frioul (Meyer-Lübke, Gr. des langues rom., trad. franç., I, p. 39).

20. Les phénomènes que nous avons relevés dans l’étude de la déclinaison concordent avec ceux que l’on constate dans le réto-roman moderne. Les plur. fém. de la 1re déclinaison sont en -as et il y a même une partie du domaine (Ober-Fascha et Greden) où cet -as devient la règle pour les féminins latins en -ES (Gartner, Gram., p. 82), ce qui explique des formes comme facias, prid(i)as, etc. Pour le masculin, le réto-roman actuel nous révèle les traces de l’ancienne déclinaison à deux cas que nous avons constatée : « Vom Masculinum aber treffen wir in allen drei rätischen Gebieten als Pluralform nicht nur alte Akkusative (-OS -ES), sondern auch Nominative auf -I an, so dass man annehmen darf, es habe hier überall einst zwei Pluralkasus gegeben » (Gartner, Grundriss, I, 481). Il y a même plus. Pour les pluriels masculins, le Tyrol et le Frioul nous ont conservé la distinction que nous avons observée dans la langue des Gloses, distinction qui repose sur la nature des consonnes finales et qui trouve sa raison d’être dans une question d’affinité de consonne à voyelle ou de consonne à consonne : « In Tirol und im Friaul, dit Gartner, Gram. p. 82, kommt -i und -s vor, in Tirol das erstere, im Friaul das andere gewöhnlicher,… Stellt man die einzelnen Fälle zusammen, so entdeckt man bald, dass die Wahl je nach dem Auslaute des Nomens getroffen ist. Man braucht da keineswegs immer an venedischen Einfluss zu denken, der ja vor allem gerade im verkehrten Verhältnisse auf Tirol und Friaul vertheilt sein müsste ; es hat sich vielmehr dort das -i erhalten, wo es durch seine bekannte ätzende Wirkung auf den vorhergehenden Konsonanten bestimmte, klare, leicht aussprechbare, mit einen Worte : beliebte Pluralformen erzeugt hatte, von denen man nimmer lassen mochte. Besonders l, d, t und (wenn es nicht zu ŋ wird) n vertragen sich nicht in jenem Munde mit einem folgenden s, und in der That haben gerade die meisten Stämme auf l und einzelne auf d, t, n (und auf Vokale) von der Etsch bis an den Isonzo das Plural -i beibehalten… Bei OCULUS, VETULUS u. a. fällt der friaulische Plural auf -i um so mehr auf, als der Sing. wegen des unterstützenden i nicht auf l auslautet. »

21. Il n’y a pas jusqu’aux collectifs féminins dérivés du neutre latin, dont j’ai cru reconnaître un spécimen dans animalia, qu’on ne retrouve dans le réto-roman. Le fait se présente dans les Grisons. Là, on retrouve un grand nombre de neutres latins devenus grammaticalement des féminins sing., mais exprimant une collectivité (Gartner, Gram. § 101).

22. Enfin, la perte de l’M dans MEUM est parfaitement conforme aux données du réto-roman (cf. les formes de MEUM dans Gartner, Grundriss, I, 477, note 2). En ce qui concerne la substitution de ME à MIHI, il faut faire remarquer qu’elle n’est nullement étonnante, mais à propos de l’exemple tout isolé du huitième chapitre indica mih, il convient de rappeler que « man unterscheidet an vielen Orten sogar noch ME und MIHI, TE und TIBI. » (Gartner, Grundriss, I, 482.)

23. On constate le changement de conjugaison tout au moins pour le verbe RADERE : radir (Carigiet). Va est aussi la forme du rtr. pour VADE, voy. Gartner, Gram. § 26.

Est-il possible de préciser encore et de dire à quelle partie du domaine réto-roman appartiennent les Gloses de Cassel ? Je crois que oui. Le traitement du suffixe -ARIUS (-ar) et les pluriels (à radical en l, t) de la deuxième déclinaison en -i excluent la partie occidentale du domaine (Grisons), car celle-ci pour -ARIUS a une forme primordiale *-air. Le Tyrol aussi est exclu à cause du maintien de AU latin et de W germanique. Je crois donc que c’est à la partie restante, au Frioul, qu’appartient notre texte.

  1. Les Capitulaires de Charlemagne ont CRAMACULUM (Hatzfeld et Darmesteter, Dictionnaire général).
  2. En fr. merrain ; *MATERAMEN, MATERIAMEN > mairien.
  3. Au singulier, la quatrième déclinaison se confond évidemment avec la deuxième.
  4. À partir de cet endroit, mon honorable et éminent collègue M. Streitberg a bien voulu m’aider à revoir les épreuves. Je lui adresse mes vifs remerciements.
  5. « Dans la partie allemande », dit Diez, p. 115, « on ne rencontre jamais ai, mais ei, comme par ex. dans les mots einpar, pein, skeitila ».
  6. Au huitième chapitre on a aussi le roman paioari à côté de l’allemand peigira (les faits du huitième chapitre ne sont pas du reste décisifs).
  7. Liste des abréviations : Gartner. Gram. = Gartner, Rätoromanische Grammatik, Heilbronn, 1883. — Grundriss = Grundriss der romanischen Philologie, hgg. von G. Grœber, Strasbourg, 1886, t. 1. — Cavalli = Cavalli, Reliquie ladine raccolte in Muggia d’Istria dans l’Archivio glottologico italiano d’Ascoli, XII, 255-375.