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Les Chansons de Bilitis, suivies de Chansons modernes/Les Chansons de Bilitis/17

Slatkine reprints (p. 35).


LES PETITS ENFANTS


La rivière est presque à sec ; les joncs flétris meurent dans la fange ; l’air brûle, et loin des berges creuses, un ruisseau clair coule sur les graviers.


C’est là que du matin au soir les petits enfants nus viennent jouer. Ils se baignent, pas plus haut que leurs mollets, tant la rivière est basse.


Mais ils marchent dans le courant, et glissent quelquefois sur les roches, et les petits garçons jettent de l’eau sur les petites filles qui rient.


Et quand une troupe de marchands qui passe, mène boire au fleuve les énormes bœufs blancs, ils croisent leurs mains derrière eux et regardent les grandes bêtes.