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Les Chansons de Bilitis, suivies de Chansons modernes/Les Chansons de Bilitis/146

Slatkine reprints (p. 171).


DERNIÈRE ÉPITAPHE


Sous les feuilles noires des lauriers, sous les fleurs amoureuses des roses, c’est ici que je suis couchée, moi qui sus tresser le vers au vers, et faire fleurir le baiser.


J’ai grandi sur la terre des nymphes ; j’ai vécu dans l’île des amies ; je suis morte dans l’île de Kypris. C’est pourquoi mon nom est illustre et ma stèle frottée d’huile.


Ne me pleure pas, toi qui t’arrêtes : on m’a fait de belles funérailles ; les pleureuses se sont arraché les joues ; on a couché dans ma tombe mes miroirs et mes colliers.


Et maintenant, sur les pâles prairies d’asphodèles, je me promène, ombre impalpable, et le souvenir de ma vie terrestre est la joie de ma vie souterraine.