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Briard (Poulet-Malassis) (p. 101-118).


AH ! QU’ON EST FOU !




PREMIER FRAGMENT




Sir Henry, cet Anglais si mélancolique, si sottement idolâtre d’une femme de cire, et contre le ridicule duquel on sait qu’il se prépare une si bizarre mystification, cet extravagant, disons-nous, n’est pas un personnage fort désirable. N’importe, la petite comtesse de Mottenfeu se trouvait offensée de ce que ce voisin n’avait pas eu la moindre idée de lui demander ses faveurs ; un homme qui la croit enfin magicienne sempiternelle, et l’arbitre de ce qui l’intéresse le plus au monde, c’est-à-dire du retour de sa chère Zéphirine à la vie !

La comtesse, folle à sa manière, disait un jour à Célestine : “ Si ce bande-à-l’aise, qui trouve pourtant très-doux de lasser parfois la menotte d’une camillonne à le branler[1] et que j’ai bien pris la peine de branler moi-même, ne se met pas à son devoir ; s’il ne se propose pas de mêler à nos sublimes éléments les siens, de l’espèce la plus crasse (c’est du moins ce qu’il doit imaginer), je déploie enfin toute la rigueur de mon espièglerie, et lui fais payer cher le prodige qu’il attend de mon pouvoir ! „

En réponse, Célestine, faisant violence à son amour-propre, avait raconté l’impertinence que peu de jours auparavant le baronet lui avait faite.

“ Oh ! s’il est de cette force en balourdise et en grossièreté, belle Célestine, avait riposté madame de Mottenfeu, je ne dois m’étonner de rien, moi qui n’ai ni ta jeunesse, ni tes formes, ni ta fraîcheur. Mais c’est une raison de plus pour que je persécute sans pitié le sot Anglais, puisque j’ai l’occasion sous la main. J’englobe donc ton injure dans la mienne, et le pisse-froid (plus fait pour les morts que pour les vivants) trouvera, je te le jure, à qui parler, lorsque nous jouerons notre pièce. „

Cette maligne conversation se tenait le troisième jour de la neuvaine ridicule où, si l’on s’en souvient[2], la comtesse faisait découler, de chez le baronet, cette essence de vie nécessaire, disait-elle, au plein succès du miraculeux enchantement.

Nous avons dit que la neuvaine allait finir ; que Zéphirine avait été secrètement introduite dans l’hospice, que d’ailleurs il n’y avait plus un moment à perdre, à moins qu’on ne la laissât accoucher,… et cependant, à cette époque, le baronet n’avait encore rien proposé à sa bienfaitrice. Hélas ! le pauvre diable en avait peut-être bien assez, après la contribution quotidienne qu’on exigeait de lui. À la bonne heure ! mais il semblait à la vaine petite comtesse que l’Anglais, s’il était né galant, aurait choisi de fournir cette contribution par un procédé moins étrange, moins factice, plus flatteur pour une femme, et que, sauf à réaliser dans une fiole, il devait, à bon compte, s’électriser ailleurs.

“ N’est-ce pas, Célestine, qu’un Français aurait cette galanterie ? „ Célestine, rancunière un peu contre le baronet, n’avait pas manqué de répondre : “ Assurément. „ En conséquence, tout le temps qui suivit ce menaçant entretien fut employé à combiner comment on pourrait le mieux tourmenter notre maniaque. Le dénoûment de la mystification devait avoir lieu le surlendemain du jour où Zéphirine était arrivée, où la comtesse encore avec elle avait fait un déjeuner voluptueux, suivi de si vigoureuses prouesses avec dom Ribaudin, ci-devant moine, devenu capitaine des grenadiers de la garde nationale[3].


Deux jours après, au jardin anglais, à la brune.


CÉLESTINE, SIR HENRY.

Sir Henry (en marchant). — … En un mot, belle Célestine, j’étais heureux dans mon malheur ; mais depuis que j’ai fait cette funeste connaissance, j’éprouve tous les chagrins, tous les déchirements imaginables. Aussi, j’ai pris mon parti, bien convaincu que la prétendue magicienne n’est qu’une fourbe, cruelle autant qu’audacieuse ; bien persuadé que nul miracle ne peut rendre la vie à l’être qu’il a plu au sort d’en priver. Je m’éloigne, et dès demain je sors de ces lieux, où je me flattais pourtant d’avoir trouvé le degré de consolation et de jouissance auquel il m’était encore permis d’aspirer. (Il est ému jusqu’aux larmes.)

Célestine. — Tu ferais une insigne folie, mon cher Henry ; sois bien certain que la colère de Nécrarque[4] te poursuivrait partout. Au moment même où il s’agit d’éprouver la réalité de sa toute-puissance, elle la signalerait sur toi par tous les fléaux familiers à son art, dont, moi, je ne doute pas.

Sir Henry (avec vivacité). — Désabusez-vous, mademoiselle ; cette femme nous jouait, vous et moi. Sans cela, m’éviterait-elle, comme elle fait depuis ce matin, après être venue troubler sur la fin de la nuit le plus doux sommeil, sous prétexte d’avancer cette burlesque opération à laquelle j’ai eu la sottise de me soumettre pendant neuf jours ?

Célestine. — Tout à l’heure je vous expliquerai cette conduite…

Sir Henry (s’animant davantage). — Et la prestidigitatrice n’aurait-elle de plus loin “ annoncé qu’un nœud qu’elle ne pouvait deviner encore, mais qu’elle se croyait à peu près sûr de trancher dès qu’elle l’aurait découvert, arrêtait court le succès de ses enchantements ? „ Quelle pitoyable défaite ! quelle maladroite justification de sa conduite à mon égard, qui dès lors n’est plus qu’une insultante raillerie !…

Ces derniers mots ont été dits au tournant d’un sentier tortueux du bosquet. En même temps, une lettre qui semble s’élancer d’elle-même hors d’une touffe de feuillage tombe aux pieds de sir Henry. Il ne fait pas encore assez obscur pour que l’Anglais ne puisse la lire. À la vue des caractères de la suscription, il pousse un cri d’étonnement.

Célestine (feignant elle-même une extrême surprise). — Que vous arrive-t-il donc ?

Sir Henry (tremblant, mais ne pouvant s’empêcher de baiser plusieurs fois la lettre). — C’est d’elle ! oui, Célestine, c’est une divinité !) Il lit tout bas, se trouble, paraît d’abord accablé, et bientôt au désespoir.)

Célestine. — Puis-je voir cette lettre ?

Sir Henry (la lui donnant). — Lisez.) Il sanglote, la tête appuyée contre un jeune arbre dont le tronc partage l’agitation extrême du baronet.)

Célestine (hésitant). — Je ne sais trop pourtant si l’on peut se fier à ce qui vient de chez messieurs les morts. Mais la curiosité de mon sexe… (Elle prend la feuille, en affectant toutes les précautions et la légèreté de tact imaginables.) Certes, on n’apprend pas dans l’autre monde à bien peindre, si l’on s’y sert d’aussi joli papier que chez nous. (Elle lit avec quelque difficulté.)  Ingrat ! ne t’en prends qu’à toi-même, si les bienfaisants efforts de notre souveraine ne peuvent rompre les liens qui me retiennent où je suis. Toi seul, par de matérielles et trop fréquentes communications avec des êtres étrangers à ta Zéphirine[5], as détourné la direction de notre aimant. Tandis que, depuis que je suis évoquée, je t’ai cherché sans cesse, tu semblais me repousser ; ton intermittente passion s’est trop encrassée des ordures de la brutale humanité, pour que notre amalgame ait pu demeurer facile… „ (S’interrompant). Le style des enfers est diablement mystique. (Elle poursuit.) “ Ce n’est donc plus à moi de remonter dans le séjour d’exil où tu t’es ménagé de grossiers dédommagements. Si tu veux qu’une nouvelle existence nous réunisse encore, c’est à toi de te dépouiller de tes éléments impurs. Viens alors confondre avec ce qui reste de mon être l’immatériel résidu du tien. Ose, ou renonce à m’agiter et à me faire éprouver dans le paisible Élysée les seules disgrâces auxquelles mon entéléchie soit demeurée sujette, jusqu’à ce que toi, qui fais partie de moi-même, cesses de respirer. „ Ouf ! la proposition est saugrenue… En tout cas, mon cher Henry, tu vois qu’il n’y a pas de la faute de qui tu sais. J’espère que maintenant tu ne lui refuses plus justice ;… mais fais-moi donc l’honneur de m’écouter… (Elle va le tirailler et veut l’arracher à son arbre).

Sir Henry. — Laissez-moi, mademoiselle… Vous êtes aussi l’une des causes de mon irréparable malheur.

Célestine. — Bien obligée ! Monsieur s’en prend à moi !… Il est joli, celui-là !

Sir Henry. — Pardonnez à ma franchise,… à ma douleur…

Célestine (feignant du courroux). — Tenez donc : reprenez votre beau présent de l’enfer… et gouvernez-vous désormais comme bon vous semblera. Je vous donne le bonsoir… (Elle fait quelques pas.)

Sir Henry (vivement). — Belle Célestine, un mot, de grâce !

Célestine. — Que me voulez-vous ? (Elle s’arrête.)

Sir Henry (avec expression). — Je ne sais… J’ai la tête perdue… Si j’avais pu du moins entretenir un moment de ce qui m’arrive… celle…

Célestine (revenant). — Celle que vous n’osez nommer, tant vous avez honte, sans doute, de l’avoir si follement outragée… Eh bien ?…

Sir Henry. — Si par votre entremise il y avait moyen…

Célestine (avec quelque amitié). — Pourquoi n’être qu’un fou, qui ne souffrez pas qu’on vous parle, et qui vous mettez d’avance en travers de tout ce qu’on pourrait essayer pour vous servir dans votre inimaginable position ?

Sir Henry. — Eh bien ! j’ai mille torts ; je les confesse, je m’en repens. Un remède à présent ?

Célestine. — Je vous l’aurais fourni : c’était mon objet quand nous avons commencé cette promenade.

Sir Henry. — Je vais vous écouter comme une amie, comme la protectrice de mon plus cher intérêt. (Il lui baise la main avec sentiment.)

Célestine. — Tu sauras donc, mon pauvre Henry, que Nécrarque, si mal à propos accusée, fait au contraire tout pour le mieux à ton égard. Mais elle-même, hélas ! n’existe pas impunément sur cette petite boule. Condamnée à mille sortes de malheurs malgré ses étonnants priviléges, accordés par la nature ou acquis par son art sublime, Nécrarque, un jour de chaque lune, dès que pointe le crépuscule du jour, se fond, perd la forme plus ou moins agréable qu’il lui avait plu de revêtir, et devient… ce qu’il est naturel que soit une femme qui vit depuis tant de siècles. Dans cet état, elle est privée de ses immenses pouvoirs jusqu’à la nuit. Il s’agit alors pour elle de savoir si la force des talismans dont elle a grand soin de se surcharger dans ces sortes de crises ne cessera pas de prévaloir sur l’ordre naturel qui veut qu’enfin s’éteigne notre débile flammèche… C’est ainsi que Nécrarque nomme certaine âme physique qu’elle prétend commune aux animaux quelconques qui ont ici-bas le droit de respirer…

Sir Henry. — Ce système est aussi le mien, et sans doute le seul raisonnable dont on puisse emprunter quelque idée sur la nature de notre être…

Célestine. — Laissons les commentaires. Sur le pied de douze à treize fois par an, notre fée risque de finir. C’est aujourd’hui l’un de ces jours dangereux, c’est pour cela que si matin elle est venue troubler ton sommeil, voulant remplir une dernière formalité, nécessaire au complément de ses incantations, dont la chance sera décidée cette nuit…

Sir Henry. — Quel choix ! Pourquoi mettre de la sorte au hasard d’un événement personnel et qui peut être funeste celui d’où dépend infailliblement ma félicité suprême ou la mort ?

Célestine. — Parce que le moment où elle renaît, toujours probable pour elle dans la proportion d’un sommeil ordinaire avec le réveil, parce que ce moment, dis-je, est celui où elle jouit de toute sa puissance au plus éminent degré…

Sir Henry. — Qu’entends-je ! J’étais donc complétement injuste ?

Célestine. — Et même absurde, comme le sont, sans exception, messieurs les esprits forts, les païens, les soi-disant philosophes, qui ont l’orgueil de vouloir circonscrire ce qu’ils ne peuvent comprendre dans les bornes étroites de leur crédulité.

Le lecteur intelligent ne peut se méprendre au pourquoi de cette scène. Il est évident qu’avant de frapper les grands coups il s’agit de pousser au dernier degré de crédulité l’imagination égarée de cet homme à peu près fou, dont on a résolu de rire au sein de la plus badine société. C’est pour ajouter à l’égarement du baronet que Célestine a joué le rôle d’indiscrète confidente du côté faible de notre magicienne. Pour mettre le comble à l’imagination, Célestine a conduit, comme par hasard, l’Anglais tout près du pavillon où loge la comtesse. Pour lors c’est fort naturellement que, l’appartement étant au rez-de-chaussée, une femme (un être curieux par conséquent) regarde à travers une croisée dont le rideau n’est pas exactement tiré. À peine un coup d’œil jeté, notre friponne recule avec une feinte frayeur et se jette contre sir Henry, de l’air d’être vivement frappée…

— Approchez-vous, lui dit-elle en tremblant, et contemplez ce que je viens de voir.

L’Anglais obéit et voit, couchée sur une espèce de lit de repos, l’affreuse figure d’une femme aux trois quarts nue, décharnée, ridée[6]… Le squelette vivant est coiffé d’une espèce de bonnet en pain de sucre, surchargé d’espèces d’hiéroglyphes de diverses couleurs. Une manière de scapulaire ou d’étole passée autour du cou rassemble (entre deux peaux jaunâtres, en forme de sac, restes de vieux tétons) sept plaques triangulaires de métal. Aux bras, aux jambes, sont des bracelets formés avec des plaques à peu près semblables. Devant ce hideux objet est une table sur laquelle on voit ouvert un immense in-folio : d’un côté sont quelques fioles, d’un verre noir, de l’autre, une tête de mort. Le tout est faiblement éclairé d’une lampe à l’antique.

Sir Henry, parfaitement dupe, est plus repoussé qu’étonné de cette vision dégoûtante et sinistre. Il ne peut pas cependant s’en arracher. Il a tout le temps de voir différents mouvements que fait l’épouvantable vieille, comme il arrive pendant un demi-sommeil agité de songes laborieux. À peu près au bout de cinq minutes, l’objet affreux se met sur son séant, se touche de la tête aux pieds et débouche une fiole. Aussitôt une épaisse vapeur se répand dans la pièce ; à travers ce nuage, le lumignon de la lampe n’est plus aperçu que comme un point de lugubre rougeur. La vieille est presque imperceptible. On croit pourtant lui voir avaler l’une des fioles. Peu à peu la lampe s’est éteinte. Sans aucun intervalle on entend la voix de la comtesse, qui, venant en deux sauts ouvrir la croisée, dit, avec un soupir de contentement : “ C’est encore moi ! „

Dès que la lumière avait fini, Célestine et sir Henry s’étaient éloignés de quelques pas. Il est inutile de dire que, dans ce moment aussi, le lit de repos (qui est une machine approchant de celles qu’on a vues mille fois aux grands danseurs dans leurs pantomimes) a escamoté la vieille et substitué madame de Mottenfeu. La vapeur qui se dissipe par la fenêtre ouverte répand aux environs une odeur qui n’a rien que d’agréable[7]. Quelque bruit qu’on fait aux environs (car bien du monde a le mot pour se réunir ce soir-là dans l’hospice, et déjà des couples folâtres se sont dispersés pour escarmoucher dans les boudoirs des bosquets), ce bruit, disons-nous, a chassé Célestine et sir Henry devers le logement de ce dernier.

Le premier objet qui frappe leurs yeux quand ils rentrent dans le salon, c’est une bouteille posée au pied de la châsse de Zéphirine, sur un carreau de velours à glands d’or, permanent, propice aux fréquentes génuflexions du baronet. Au col de la bouteille (qu’il a ramassée) se lit une bande de papier : La voiture, pour venir me rejoindre.

Quelque épris et persuadé que soit l’Anglais de la réalité de tout ce qui lui arrive, il ne mesure pas sans un premier mouvement d’horreur la profondeur du précipice dans lequel il lui semble ordonné qu’il s’élance, car, tout net, il s’agissait de mourir à tout événement. C’est jouer gros jeu sans doute. Célestine, affectant un air froid, lui en fait l’observation, sans toutefois rien conseiller ni pour ni contre. Ce moment cruel, où la nature doit être aux prises avec une extravagante passion, est le point de vengeance que la petite comtesse avait en vue. La neutralité perfide de Célestine aggrave encore la perplexité de l’Anglais, en ajoutant à son irrésolution. Pendant que Célestine parle à mots coupés, ne perdant pas une des variations de la physionomie du combattu baronet, il tient, lui, la bouteille, tête basse et les yeux en-dessous, stupidement fixés sur les traits charmants de la postiche Zéphirine.

Célestine s’est tue ; sir Henry, qui semble revenir enfin à lui-même après une profonde absorption, soupire et dit avec fermeté : „ Je pars ! „ Une voix faible riposte aussitôt : „ Je t’attends ! „ Alors sir Henry décoiffe courageusement la bouteille et boit à longs traits. Déjà Célestine, qui a feint d’être excessivement épouvantée du prodige, a jeté un cri perçant et s’est enfuie ; son rôle finissait à ce coup de théâtre. La bouteille contenait une raisonnable dose de certain vieux vin de Hongrie, fort agréable à sir Henry ; ce breuvage est mêlé d’un puissant narcotique qui va bientôt plonger le déterminé baronet dans un léthargique sommeil.


  1. Entre amies aussi intimes que ces interlocutrices, il n’y a point de façon, et chaque chose est tout uniment nommée.
  2. Voyez page 24 du précédent numéro.
  3. Voyez page 38 du précédent numéro.
  4. Nécrarque : nom que la comtesse se donnait dans la comédie. Il dérive du grec et signifie : Qui règne sur les morts.
  5. On avait arraché au baronet l’aveu d’avoir, en différents lieux, satisfait les mêmes caprices qu’on sait le distraire dans son séjour actuel, mais le tout en dirigeant constamment ses intentions vers l’adorée momie. Il avait même essayé, par occasion, en Italie, d’un culte absolument étranger et qui lui devait sembler devoir caractériser encore mieux son excessive passion pour l’objet si tendrement regretté. Mais cette grossière erreur ne l’avait séduit qu’un moment : pouvait-elle gangrener un cœur susceptible d’amour véritable, dont l’immuable base est la simple nature, sans aucune modification ?
  6. C’est, en un mot, une mendiante des environs, presque centenaire, qui joue pour quelques écus ce personnage, et doit représenter Nécrarque dans l’état de crise dont Célestine a parlé.
  7. J’entends les plus sensés des fous qui liront ces sottises me dire : Ces moyens ne sont pas fort subtils. — D’accord ; mais qu’on demande à messieurs les martinistes, mesméristes, illuminés, maçons égyptiens, etc., si les leurs sont beaucoup plus fins. Quand il s’agit de mystifier des gens de bonne étoffe, les trois quarts de l’ouvrage sont faits d’avance dans leur cervelle creuse ; avec un peu de jargon et d’adresse, le mystificateur a bientôt fait le reste, car au bout du compte qui que ce soit n’est sorcier. N’importe, on voudra sans fin lire dans l’avenir, vivre des siècles, faire de l’or, etc., etc.