P.-G. Delisle (p. 151-152).


À LA PATRIE[1]




Nuages qui flottez au firmament vermeil,
Épaves de l’éther dans l’infini perdues,
Vous qui légèrement volez vers le soleil,
Comme de grands oiseaux les ailes étendues ;

Où courez-vous ainsi sans relai ni sommeil,
Blanches nefs du Seigneur dans l’azur suspendues ?
Si, quittant quelque jour votre ciel sans pareil,
Vous cinglez au couchant sous vos voiles tendues,


Par de là l’Atlantique et ses flots écumeux.
Vous trouverez un ciel et plus froid et plus sombre.
Un vaste continent et des fleuves sans nombre :

C’est là qu’est le pays ; portez lui tous mes vœux,
Dites-lui que je l’aime avec idolâtrie,
Et que rien n’est si beau que ma douce patrie.



Séparateur

  1. Ce sonnet fut écrit à Gênes, au pied du superbe monument élevé à la mémoire de Christophe Colomb, et qui porte cette inscription : A Christoforo Colombo, la Patria.