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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 285-286).
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LOrsque la fourchette du Cheval tombe par morceaux comme si des Teignes l’avoient rongée, & que cela va jusqu’au vif, on l’appelle des Teignes, la demangeaison y est souvent si grande qu’elle fait boitter, ce mal n’est pas si dangereux qu’il est douloureux.

On s’apperçoit que les Chevaux ont des Teignes avant mesme qu’ils en boittent, en ce que les pieds ont une odeur de vieil fromage poury ; on ne sçauroit approcher d’eux dans l’écurie qu’on ne les sente ; ils frappent de temps en temps des pieds à terre dru & menu par la demangeaison qu’ils y souffrent, croyant par cette action de s’en deffaire.

Pour guerir les Teignes, il faut parer la fourchette avec le boutoir le plus qu’on peut, puis éteindre de la chaux vive dans du vinaigre, passer le vinaigre dans un linge, le faire boüillir, & tout boüillant le jetter sur les Teignes, c’est à dire sur la fourchette, puis y appliquer un restrainctif fait avec chaux vive en Chap.
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poudre mélée avec de l’eau seconde, ou le restrainctif noir fait de suye de cheminée, vinaigre & blancs d’œufs, l’onguent de la Comtesse guerit les teignes plus commodement en trois ou quatre applications ; mais il faut éclisser le pied pour tenir l’appareil.

Si les Teignes reviennent, il faut y appliquer l’onguent du Bouvier : ayant bien nettoyé les Teignes, il les guerira : il est mal-aisé d’ôter la cause intérieure de ce mal, on peut saigner le Cheval à la pince de temps en temps. Tous les onguents pour sécher les eaux des jambes pourries, sont bons pour guerir les Teignes, on les trouvera cy apres.

Pour les prevenir, il faut souvent parer la fourchette, frotter le mal avec l’eau seconde, elle consommera une partie de la pourriture, & desséchera la racine du mal, en sorte que de long-temps il ne sera en estat de revenir ; on en peut appliquer une & deux fois, ensuite on peut aussi faire l’eau suivante ; Prenez une livre & demy d’alun, une livre & demie couperose blanche dans quatre pintes d’eau, faites bouillir jusqu’à la consomption de la moitié, c’est à dire que le tout soit reduit à deux pintes, & de cette eau à froid bassinez tous les jours les Teignes ; ensuite lors que vous n’appercevrez plus de demangeaison y fondre du tarc, ou de la poix noire ; & leur tenir les pieds fort curez & nets de la poudre, & autre ordure qui les desséche ; ce dernier remede reüssit tres-bien.

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