Ouvrir le menu principal
Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 203-211).
◄  Des Javars ⅬⅩⅩⅪ : Remede pour les Javars nerveux. Des Javars encornez, & atteintes encornées  ►


POur la premiere sorte de javars nerveux, qui ne peuvent venir en maturité estant trop enfoncez, & sous les nerfs qui empéchent l’action des medicamens qu’on y applique, les remedes cy-devant ordonnez feront peu de chose : l’emmielure blanche amollira mieux la partie, elle est decrite au Chapitre ⅭⅬⅩⅩⅩⅣ. & y adjoûter de plus, de la therebentine, & de la farine de lin, envelopper tout le paturon avec cette composition, & charger la jambe jusques au haut, avec de la lie de vin rouge toute froide, pour empecher la chutte des humeurs.

Si en quelque endroit il y a apparence que le Javar vueille venir en matiere, il faut donner des bouttons de feu tout autour de cet endroit, & percer le cuir, environ huit ou dix selon l’espace qu’il y a ; on fait un cercle de bouttons de feu au tour du lieu qui paroist vouloir venir à supuration, quelquefois on en donne encore au de là, selon l’espace & l’apparence d’attirer la matiere par ces bouttons qui doivent tous percer le cuir, & sur l’endroit où il a paru de la matiere, il faut y appliquer un plumaceau frotté de Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/218 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/219 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/220 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/221 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/222 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/223 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/224 Chap.
ⅼⅹⅹⅹⅰ
.
terre, depuis cinq semaines que je le faisois traitter, je jugeay qu’il falloir se servir de quelque sorte de deffensif qui ôtat mieux la douleur, en resserrant toutefois ; je me servis donc de la therebentine environ deux livres, que je fis chauffer, & ensuitte je mis peu à peu de la suye de cheminée bien pilée, en remuant toujours, jusqu’à ce que à force de cuire, je fis une espece d’emmielure, dont je me servis, non seulement autour de la couronne, mais tout autour du boulet jusques au haut du mal, frottant toujours bien la jambe avec l’onguent du Duc, & ce dernier deffensif sur le bas avec de la filasse par dessus & une bonne enveloppe, & par dessus l’enveloppe, sur la couronne des éclisses, & encore une ligature pour tenir les éclisses en estat ; je n’eûs pas continué ce procedé deux applications, que le Cheval s’appuya sur son pied, & finallement guerit parce dernier remede. Estant guery,pour ôter l’enflure qui estoit restée sur la couronne, & par tout où il y avoir eu du mal, & le pied desseché, je luy fis rayer toute la jambe avec du feu, depuis le dessous du jarret jusqu’à la couronne ; ayant esté dessolé quatre jours avant le feu, un bon ceroüenne sur tous les lieux rayez de feu, & de la bourre par dessus ; les escarres tombées, on les guerit par la voye ordinaire, & la solle de mesme ; apres quoy on promena en main le Cheval dans des terres labourées un mois entier, la chair & la nourriture revint à la hanche, les nerfs s’étendirent, & le Cheval servit ensuite, mais il fut quatre mois à guerir de ce grand mal que j’ay décrit, pour servir de modelle à de pareils maux.

Ce qui sauva ce Cheval, est qu’il se couchoit & se levoit tres-bien avec trois jambes, il ne perdit pas le manger, & d’abord qu’il avoit battement de flanc, les lavemens ne luy estoient pas épargnez, non plus que les onguents du Duc, ou de Monpelier sur les cuisses & jambes, ny le Crocus metallorum en poudre dans le son ; si le Cheval n’avoit esté jeune, beau &. bon, il auroit plus coûté à guerir qu’il n’eût vallu, il ne mangea d’avoine de trois mois entiers, mais seulement du son mouillé, bon foin, bonne paille, bonne littiere sans cesse, il estoit logé tout seul dans une petite écurie.