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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 161-163).
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AVant de donner les remedes pour les jambes enflées par le travail, & par une longue fatigue, j’ay resolu de parler des jambes gorgées & enflées, & des moyens de dissiper toutes sortes d’enflures causées par un coup, une embarrure, ou par fluxion, comme aussi les enflures qui viennent aux jeunes Chevaux dans les écuries, pour y séjourner trop, celles qui arrivent aux Chevaux apres de grandes courses, apres de longs voyages, & finallement de toutes sortes d’enflures qui viennent aux jambes des Chevaux devant & derriere, de quelque nature qu’elles soient.

Si l’enflure est causée par quelque grand coup de pied, par une chutte, par une embarrure ou autre cause, il faut y mettre l’une des emmiellures du Chapitre ⅬⅦ, cy-devant, & en continuer l’application jusques à guerison : s’il relie quelque enflure aux jambes, aux boulets, ou ailleurs, on prendra celuy des remedes suivans qu’on voudra.

Lors que les jambes sont enflées ou gorgées par de petits accidens, la seule lie de vin toute froide appliquée dessus tous les jours les desenflera, & encore mieux si on mêle le quart de bon vinaigre parmy la lie de vin la plus époisse : si cela ne desenfle pas les jambes, faites ce qui suit.

Remede pour un coup, & pour dissiper une enflure.

Prenez environ quatre pintes de lie de vin rouge, faites cuire sur un feu clair lentement, remuant incessamment, quand elle commence à s’epoissir mélez parmy deux livres farine fine de froment, deux livres de miel, & une livre savon noir, remuant incessamment, continuez à faire cuire jusqu’à ce que le tout soit epois & en état de charger l’endroit frappé, ou les jambes enflées.

Cette charge desenflera & fortifiera les jambes de vostre Cheval, si vous en continuez l’application.

Ce remede peut servir aux enflures qui occupent tout le dessous du ventre, & qui mesme vont gagner jusques entre les jambes de devant, mais l’onguent du duc est beaucoup meilleur pour ce mal là. Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/176 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/177