Ouvrir le menu principal
Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 13-14).
◄  Des surdents Ⅴ : De la bouche blessée ou entamée. Du Cheval degoûté  ►


LOrs que la bride porte trop rudement sur les barres, soit par la faute de la main du Cavalier ou autrement, les barres s’en trouvent offensées ou rompues, il faut si la blessure est petite & que l’os ne soit pas rompu, frotter cette partie avec du miel rozat, huit ou dix fois par jour.

Si l’os est rompu, & qu’en passant le doigt sur la blessure, on trouve quelque pointe qui vous pique, ou qu’il y ait ulcere formé, prendre un peu de coton, que l’on imbibe avec de l’esprit de Vitriol ou de l’esprit de sel, on introduit ce coton dans le trou de la barre, & on le laisse agir pendant qu’on tient la langue d’une main, & de l’autre la bouche ouverte : Car de faire tomber des gouttes d’esprit de Vitriol, ou autre sur l’ulcere, il en tomberoit facilement ailleurs, ce qui cauteriseroit peut-estre, & feroit du mal où il n’y en a pas : Le lendemain & tous les jours suivans, frotter le mal avec du miel Rozat ou miel commun, l’escarre tombera, & l’esquille d’os aussi d’elle-mesme ; l’escarre estant tombée, mettez y souvent de l’eau de vie ou du sucre, l’ulcere guérira : s’il y a un trou dans la barre avec pourriture & puanteur, ce qu’on connoist en mettant le doigt dans le trou sans trouver esquille, & retirant le doigt on le trouve fort puant & infect, il faut remplir ce trou avec du sucre pilé, trois ou quatre fois le jour, bien-tost ce sucre aura nettoyé la partie, & continuant, le trou se bouchera, & la barre guerrira ; mais il faut mettre au Cheval un canon simple, ou autre embouchure qui ne le blesse plus, & luy oster absolument le mors qui l’a blessé, sur peine de perdre la bouche sans resource : si la langue estoit blessée, il faut changer de mors, & luy en Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/28