Ouvrir le menu principal
Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 10-11).


LE Lampas est une grosseur ou croissance de chair environ comme une noisette, qui croist dans le palais auprès des pinces, & surpasse les dents, aux uns plus, & aux autres moins. Le Cheval voulant manger l’avoine, ressent de la douleur en cette partie, de sorte qu’il quitte le manger : cette incommodité est ordinaire aux jeunes Chevaux. Ouvrant leur bouche, on void d’abord si le palais est plus haut que les dents, nous l’appellons le lampas ; le remede est de l’emporter avec un fer rouge fait exprés : le moindre garçon de Mareschal sçait faire cette operation ; mais il faut prendre garde que ostant le lampas, un maladroit qui aura trop fait chauffer son fer, & qui ayant coupé la grosseur qui fait le Lampas ou Febve, s’il brusle l’os en y retouchant avec le fer chaud plusieurs fois, il faudra qu’il en tombe un esquille, ce qui cause un grand desordre qui peut avoir des suittes facheuses, qu’il faut evitter en coupant le lampas du premier coup, sans y revenir lors qu’il est couppé.

A Paris ils font difficulté de brûler le lampas aux jeunes Chevaux dans le temps qu’ils ont encore des dents de lait dans la bouche, & je croy assurément qu’il ne le faut oster qu’à ceux Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/25