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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 55-57).
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NOus mettrons icy les remedes pour cette maladie, estant juste d’essayer si le mal est desesperé ; & s’il y a esperance, vous en verrez bien-tost de bons effets.

Avant tout remede, il faut remarquer si le Cheval que vous voulez entreprendre de traitter est grand mangeur, car s’il est délicat, assurément vous n’y trouverez pas de satisfaction, puis qu’une partie des remedes que vous serez obligé de luy donner, le dégoûteront davantage, ainsi vous aurez autant de peine à le remettre en goût, & vous y perdrez autant de temps, comme à le traitter de sa morve, & finalement vous y échoüerez ; ainsi la premiere chose qu’il y a à considerer, est que le Cheval que vous voulez traitter, mange tres-bien ; il faut luy ôter l’avoine, puis Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/70 Chap.
ⅹⅸ
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nez une lancette, ouvrez la glande jusques au milieu, puis laissez saigner le trou, & mettez dedans gros comme une febve d’arsenic, enveloppé avec du papier ; mettez-le jusqu’au fonds, bouchez le trou avec du coton, au bout de cinq ou six jours la matiere commencera à sortir ; & passé neuf ou dix, il tombera une escarre, qui sera comme le cerneau qui sort d’une noix ; s’il y reste de l’impureté ou de la chair baveuse, tenez le trou ouvert avec de l’egyptiac, dans lequel vous mélerez du precipité rouge, ou reagal, & tiendrez le trou ouvert le plus que vous pourrez.

Si la glande par les remedes ne vient pas en matiere, il faut tâcher à la faire resoudre, appliquant dessus de puissans resolutifs, comme feroit le vinaigre, la lessive, les cendres de fermant, l’alun, le nitre, l’huile de petrole, d’euforbe, & autres, qui ont la vertu d’attenuer de rendre la matiere subtile, volatile, & aisée à dissiper.

L’onguent de althea, le resomptif, l’emplâtre de melilot, sont bons pour ramollir & pour resoudre : vous pourrez composer un cataplasme avec les racines de courges sauvages, en Latin brionia la racine d’iris, le miel, & la crasse ou la lie d’huile de lin.

J’ay mis tous ces resolutifs cy-dessus pour contenter & instruire les curieux ; mais il y a bien du hazard si une glande fixe & attachée à la mâchoire, & de plus, fort dure, cede à ces remedes, outre que comme l’endroit est incommode pour les appliquer ; l’on n’en a pas aisément le succés qu’on attend ; je croy donc qu’il n’y a rien de meilleur que de ramollir & d’avoir recours au bouton de feu, ou au cautere potentiel, qu’on fera avec un morceau d’arsenic ou de sublimé, ou quelqu’autre cautere.

Quoy que les ramollitifs ordinaires ne fassent pas grand effet, il y en a qui sont plus propres au sujet les uns que les autres ; vous pouvez avec confiance pratiquer le suivant, lequel dans les commencemens avant que la glande soit parvenue à une extréme dureté la pourra resoudre ; je puis vous assurer qu’il m’a bien reüssi.