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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 513-514).
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AVant de parler de la Courbe, je feray connoistre une tumeur nommée Varisse, qui est souvent prise par plusieurs Mareschaux pour une courbe, & qui ne l’est point : la cause des varisses est premierement d’avoir les veines trop grosses au plat de la cuisse, ensuite le Cheval dans la jeunesse venant à faire un effort de jarret, le sang se porte en cette partie avec trop d’impetuosité & en grande abondance, ainsi la veine se dilate en cét endroit sous l’os du jarret & la varisse se forme : elle vient à côté de la courbe & un peu plus bas : elle est scituée sous un os qui est au dedans du jarret le plus élevé & le plus apparent de tout le jarret en dedans, & la grosse veine de la cuisse passe dessous la Chap.
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tumeur, s’y dégorge & forme sa varisse, elle est molle, & cede sous la main lors qu’on la touche ; on la peut comparer aux varisses des Hommes, puis que c’est une dilatation de la veine en cét endroit, qui n’est point douloureuse. Le seul remede à ce mal est d’arracher un pan de veine du jarret, comme j’en enseigneray la methode au Chapitre ⅭⅬⅩⅩⅩⅤ. Ce mal est plus ordinaire aux Chevaux de carrosse chargez de chair qu’aux autres ; il n’est pas douloureux, il ne fait pas boitter le Cheval, & ne luy nuit pas extrémement ; mais comme les gens de peu d’experience ont peur de tout, ils croyent d’abord que c’est une courbe, ce qui n’est pas, car la courbe est dure & n’est pas située au mesme endroit. On peut si on veut, frotter l’enflure avec de l’huile de laurier de temps en temps ; elle fera pousser une galle ou croûte sur l’enflure, laquelle on dissipe en lavant la partie avec de la lavure d’écuelles, & lors que la galle ou croûte est ôtée, il faut refrotter encore avec de l’huile de laurier, & continuer ce procedé, & barrer la veine au dessus, & au dessous du jarret ; cela dissipera la varisse, mais elle reviendra au premier travail.

Plusieurs donnent le feu aux varisses, les Mareschaux n’y manquent jamais, mais il ne fait pas toujours l’effet qu’on en avoit attendu, car il l’empesche souvent de croistre, mais il ne la resserre pas : sur tout n’apliquez jamais sur une varisse ny onguent de scarabeus, ny retoire ; car ils causent l’un & l’autre des desordres si grands qu’on a lieu de s’en repentir : j’y ay esté attrapé & ne le feray jamais, profitez de l’avis.