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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 449-459).


LA forbure est un veritable rhumatisme qui est une fluxion contre nature, d’humeurs acres & acides parmy lesquelles souvent la pituitte est mélée, cette fluxion est quelquefois causée par un deffaut de transpiration, & souvent encore par une prompte supression d’une grande suëur, laquelle s’estant repanduë par toute l’habitude du corps excité de grandes douleurs & difficulté de se mouvoir, en sorte que les jambes viennent hors d’état de faire leur fonction ordinaire qu’avec une extrême peine & beaucoup de douleur. Il y a deux sortes de forbure, la premiere vient lors qu’apres un travail excessif on laisse refroidir un Cheval tout à coup, Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/464 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/465 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/466 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/467 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/468 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/469 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/470 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/471 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/472 CHAP.
ⅽⅼⅳ.
finir de mesme par un lavement un heure apres la derniere prile, apres quoy on laisse le Cheval bridé une couple d’heures, en le debridant il est presque toujours gueri quand on a pris le mal dans son commencement, on luy donne du son moüillé cinq ou six jours sans avoine, on le promene en main une heure tous les jours ; & finallement on s’en sert comme au paravant. Que s’il n’est pas guery, s’il y a seulement de l’amendement, le lendemain il luy en faut donner encor trois prises & finir par le lavement comme cy-devant.

J’ay veu un Cheval qui fut dangereusement malade d’un vertigo qui en guerit pour avoir esté bien sollicité, le mal se jetta sur les reins & sur les hanches, comme s’il avoit eu le mal que je viens de décrire ; car il cheminoit comme un Cheval qui a les reins rompus & les boulets luy touchoient jusqu’à terre. Le Mareschal qui l’avoit traitté du vertigo, le croyant ereinté, c’est à dire que se relevant à l’écurie il s’estoit rompu les reins, luy mit le feu sur les reins, perça le cuir avec des pointes de feu sur tous les reins, un cerouenne par dessus, le suspendit, & le laissa en cet estat jusqu’à ce que les escarres fussent tombées, en l’ostant de la soupante, il n’y trouva aucun amandement : on me le fit voir, je luy fis tirer du sang & prendre trois prises de pilulles puantes ; mais le tout inutilement : car le Cheval fut perdu & demeura dans l’écurie plus d’un an, apres quoy il fallut l’assommer estant incapable de rendre le moindre service, peut-estre que si aussi-tost qu’on s’apperceut que le mal le tenoit aux reins, & au train de derriere, on l’eust traitté avec les pilulles puantes, il seroit guery, je ne l’assureray pas, mais il y a quelque apparence.

Enfin ce mal est de grande consequence, & si le mal est envielly il ne guerit jamais, le plus seur à cela est de le traitter tout d’abord qu’on s’en apperçoit, & on les échape presque tous.