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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 358-362).
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PRenez policreste, & grains de genévre bien meurs de chacun, une livre, racines d’althea, d’enula campana, suc de reglisse, & gentiane, de chacun demie livre, zedoaire, & sassefras de chacun quatre onces, herbe de veronique séche deux onces, mettez les racines, herbes séches, & suc de reglisse en poudre, & le tout à part : puis mélez le tout avec dix livres de miel qui aura esté cuit en demy syrop, avec quatre pintes de decoction, faite avec les feüilles de pas-d’asne, bouillon blanc, & politric en bonne quantité de chacune, qu’on fera reduire à quatre chopines à force de cuire avec le miel qu’on écumera toûjours en cuisant, puis on mélera les poudres avec le miel, à demy chaud, & on les mélera peu à peu avec un bistortier jusqu’à ce que le tout soit Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/373 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/374 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/375 Chap.
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gaudron, mettez le tout dans le mortier ; & pilez & mêlez jusqu’à ce que les matieres soient bien incorporées les unes avec les autres ; lors prenez quatre œufs, blanc de jaune, jettez la coque : battez-les dans un plat comme pour faire une omelette, estant bien battus mélez-les avec les matieres cy-devant reservées dans le mortier, & battez avec le pilon le tout jusqu’à ce que les matieres se lient, & que le tout soit comme une pâte dure : lors il faut en former des pilulles qui pésent dix gros chacune, que vous arondirez avec les mains, pour les faire sécher sur un tamis de crain renversé, à l’ombre.

Pour s’en servir, on donne à manger au Cheval à son ordinaire, & on luy fait avaller une pilulle toute entiere dans une chopine de vin blanc ou rouge : il n’est pas absolument necessaire qu’il soit bridé avant la prise, il est pourtant mieux de le tenir bridé, ou au fillet une heure avant de luy faire avaller une pilulle : & d’une maniere ou d’autre, il est necessaire de le faire promener, environ une heure apres la prise, & mesme on peut le faire travailler à la selle, ou au carosse, selon le Cheval que c’est ; s’il ne travaille pas, il faut le tenir bridé deux heures apres la prise : continuez à luy donner une pilulle tous les jours jusqu’à ce qu’il ne tousse plus : si la Toux est fort vieille, il en prendra une vingtaine de prises avant d’estre guery.

On peut aussi donner ces pelottes parmy du son mouillé, & pour lors il les faut piler.

On peut les donner fraisches, où séches ; elles se confervent long-temps & ne moisissent pas, quoy qu’elles soient presque toujours humides.

Quoy qu’un Cheval ne tousse pas, les jours qu’on le doit courre à la chasse ou ailleurs, on peut par precaution luy faire avaller une pilulle avant de partir, ce qui est tres-excellent.