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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 321-324).
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DAbord que vostre Cheval est enflé sur le roignon, il y faut apporter autant de précaution que pour le garot, le lieu est presque aussi dangereux : Il faut donc quand on s’apperçoit de l’enflure, prendre du fumier le plus chaud, ce qu’on appelle du crottin, & en mettre dans un sac pour l’appliquer sur l’enflure.

Si l’enflure n’est pas resserrée dans six heure, il y faut appliquer des blancs-d’œufs, agitez & époissis avec le morceau d’alum, comme nous avons enseigné parlant des playes sur le garrot : Si l’on ne peut empescher que l’enflure vienne à suppuration, il faudra agir comme aux playes du garrot, faisant toujours un égoust à la playe, quand on devroit ouvrir jusqu’à l’os : puis continuera traitter le mal, comme nous avons enseigné aux playes.

Si vous avez percé la tumeur avec le fer rouge, comme nous avons enseigné au garrot, ayant tiré les tentes deux fois le jour, il faut siringuer les trous avec les eauës d’arquebuzades, & frotter, ou plûtost enduire les tentes avec l’onguent du Duc, & frotter toute la tumeur avec le mesme onguent, la couvrir d’une peau d’agneau habillée en poil, pour tenir les playes hors d’estat d’estre altérées par l’air, ou enflées par le vent : Mais si la playe n’a point d’égoust, comme il arrive assez souvent, vous ferez une cure imparfaite. Ainsi il faut d’abord faire incision comme au garrot, couper jusqu’au fonds, ôter toute la chair morte & pourrie, ayant ensuite bien essuyé le sang, appliquer sur la playe des cendres toutes rouges, c’est à dire sortant du feu, le lendemain laver le tout avec du vin chaud, de l’urine ou de la lessive, & r’appliquer des cendres chaudes ; continuer de la sorte trois ou quatre fois, puis panser la playe à l’ordinaire, comme nous avons enseigné au garrot.

Il faut prendre soigneusement garde que toutes les tumeurs, quand on ne les peut pas repercuter ou les resoudre, & qu’on est obligé de les faire venir à suppuration, le meilleur est de frotter Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/336 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/337 Chap.
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cera à se bien méler, adjoûtez au tout quatre onces verd de gris en poudre tres-fine, faites cuire à feu lent en remuant, puis ôtez du feu & adjoûtez encor borax pilé fort fin deux onces, & six onces de chaux vive en poudre tres-fine, & remuez jusqu’à ce que le tout soit froid.

Cét onguent sera beau & vert, d’une consistance de cerat : pour l’appliquer, il faut à froid en oindre les playes, & les poudrer de vieille corde pilée, les tentes en doivent estre couvertes.

Il déterge, guerit & consolide, empéche la chair de surmonter, il ne rudoye point une playe & la conduit bien tost à cicatrice ; celuy qui s’en servira, trouvera qu’il est excellent.