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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 315-318).
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PRenez une livre bon esprit de vitriol, non de celuy qu’on vent ordinairement qui n’est que de l’eau forte, où l’on a mis de l’eau parce que l’eau forte mélangée de la sorte teint le papier bleu en rouge, comme fait l’esprit de vitriol, on vous trompe par cette épreuve ; mais le plus seur est de prendre l’esprit de vitriol de ceux mesmes qui le distillent, & qui vous en donnent par fois de bon. Et pour le connoistre, avec une plume neuve il en faut écrire sur le papier blanc, le chauffer, & celuy qui fera les caracteres les plus noirs, sera le meilleur esprit de vitriol ; prenez-en donc une livre, une once bon opium, coupé en menues tranches & fort déliées, mettez-le dans la fiolle où sera l’esprit de vitriol, & laissez-le dissoudre à froid pendant vingt-quatre heures : il se fera un limon au fonds comme de la bouë, & l’esprit de vitriol deviendra de couleur brune ; separez ce qui sera fort clair & si bon vous semble jettez le plus épois, & gardez cette eau comme tres-excellente.

Elle ne cause aucune inflammation, au contraire elle ôte le feu & la chaleur d’une playe, ne fait que peu de douleur, car l’opium endort le sentiment, & émousse l’acrimonie de l’esprit de vitriol ; elle est parfaitement bonne pour les javars encornez, pour les pieds dessolez où la sole ne se r’affermit pas assez, pour encloüeures, clous de ruë, Seymes, & Teignes, pour les grandes playes dans les pieds par des clous de rue, pour resserrer & empescher de surmonter, & enfin pour toutes les playes où les os ne sont pas découverts.

Avec cette eau les playes du garrot ou d’ailleurs ne causent gueres de démangeaison, ainsi on n’est pas obligé d’attacher les Chevaux si court qu’ils ne se puissent coucher pour éviter qu’ils ne se grattent ; usant de cette eau tous les jours, & de l’onguent pardessus, la playe guerira, & ne causera point de démangeaison, ce qui est tres-avantageux pour guerir bien-tost les playes.

Bien souvent dans ces grandes playes, il s’y forme des Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/330 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/331 Chap.
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l’épaule d’où il est détaché, il faut que le Cheval ne bouge d’une place, l’entraver des deux jambes de devant, & le panser à l’ordinaire, comme j’ay enseigné parlant des playes ; s’il y a bien du creux, servez-vous des eaux d’arquebuzades, dont je donneray la methode, & siringuez deux fois le jour la playe ; & si vous voulez avancer la guerison, traittez vostre Cheval interieurement avec les pilulles de sinabre.