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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 1-9).
◄  Privilege du Roy I : Des Maladies des Chevaux, & de leurs Remedes. Remarques & observations pour connoistre tout Cheval malade  ►


CEUX qui aiment les Chevaux, seront bien-aises que j’aye travaillé pour faire voir ce Livre avec toute la perfection dont je suis capable, dans toutes les nouvelles impressions qu’on en a veu jusques icy, j’ay fait part au Public des connoissances que j’ay acquises non seulement de nouveaux remedes, mais encore de plusieurs experiences & remarques pour l’application desdits remedes ; j’espere que cette derniere Edition éclaircira tous les doutes qui m’ont esté proposez, & qu’on y trouvera dequoy se satisfaire: Je suis dans une continuelle pratique, & je vois une infinité de Chevaux malades, ainsi tous les jours j’apprends & je découvre des choses qui m’estoient ou douteuses ou inconnuës, j’ay toujours essayé d’y trouver des remedes faciles, & capables de restablir & de remettre les Chevaux en estat de servir ; j’y ay réüssi quelquefois : Et dans cette Edition si vous prenez la peine de la lire, vous vous appercevrez que j’ay osté quelques remedes trop difficiles à pratiquer, que j’en ay substitué de plus faciles & aussi bons ; que j’ay corrigé des deffauts qui estoient dans les autres, enfin que j’ay mis les choses en estat, que je crois que les Curieux avoüeront qu’il faut avoir beaucoup travaillé pour avoir mis ce Livre au point où il est à present ; je Chap.
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n’y propose aucun nouveau remede qui ne soit bien experimenté, & pour la commodité de ceux qui l’ont souhaité, je l’ay reduit en deux Volumes.

Vous aurez une grande facilité pour trouver tous les remedes qui sont dans ce Livre ; ils sont tous dispencez & tous prests à s’en servir dans une boutique d’Espicier à Paris ; ceux qui sont à la Campagne, n’ont qu’à luy écrire, il envoyera les compositions toutes faites ; je puis repondre de sa fidelité, de sa capacité, & de plus qu’il n’est point interessé, & qu’il se contente d’un gain modique: Il loge rue Saint Honoré, vis-à-vis la Barriere des Sergens, à l’Enseigne des trois Maillets d’or, il se nomme Monsieur Eschar, qui a toujours de tres belles & bonnes drogues.

Ayant à traiter des maladies des Chevaux, je croy qu’il n’est pas necessaire de s’attacher à une speculative inutile : le plus grand secret est de tâcher a connoistre la maladie, morbum nosse curationis principium, ensuite de choisir les remedes qu’une longue experience a fait connoistre pour les plus propres, & les appliquer en temps & lieu : J’ay lû nombre d’Auteurs qui ne croiroient pas avoir bien parlé d’une maladie s’ils n’en rapportoient une curieuse definition, s’ils ne donnoient raison du nom, s’ils ne faisoient un long denombrement de tous les signes qui peuvent faire connoistre le mal ; ils examinent ensuitte toutes les causes en detail, qui contribuent à produire la maladie qu’ils se proposent de guerir ; ils en establissent un prognostic avec regularité ; ils tirent des indications qui font tous les chefs de leur pratique, & seroient bien faschez d’oublier aucun remede qu’un Auteur ait proposé, pourveu que ce soit un remede universel ; car pour des particuliers ils n’en veulent point, ayant banny tous les specifiques de la Medecine, & l’ayant réduit à ce seul point d’en bien parler: sans offenser les braves gens, & les sçavans Medecins, dont il y a grand nombre par toute la France, je diray de quelques autres, ce que Hipocrate en a dit, Medicinam vocat omnium artium nobilissimam, sed propter ignorantiam eorum, qui eam male exercent, esse omnium vilissimam. Ainsi je trouve qu’il n’y a que de l’ostentation dans cette maniere, & tout ce grand preparatif n’aboutit souvent qu’à une bagatelle ; une definition ajustée selon les preceptes de l’art, embarasse ordinairement celuy qui l’a faite, & ne donne gueres d’éclaircissement à celuy qui l’entend. Il est juste de donner à connoistre je mal qu’on traite, & de l’expliquer nettement ; mais quelque Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/17 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/18 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/19 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/20 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/21 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/22 Chap.
I.
Pour les maux de teste, j’en ay preservé une infinité avec un mineral, ou avec une poudre qui est inferée dans ce Livre ; pour la guerison on n’a point de remede si assuré ; le mal ayant gagné ils reüssissent & manquent souvent, & jusqu’à present personne ne se peut vanter d’en avoir un assuré ; quoy que j’en ay proposé de bons, mais comme ces maux changent & ne sont plus les mesmes, il faut inventer d’autres remedes.