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Le Vent des vaisseauxÉditions E. Sansot (p. 35-36).

ORGUEIL DE POÈTE


 
Je voile avec dédain le trésor qui me reste…
Mon orgueil de poète est en moi comme un mal
Tenace, suraigü, dominant, animal…
Car l’orgueil du poète est terrible et funeste…

Quand la foule amassait la farine et le mil,
Mon orgueil m’enjoignit de m’astreindre et me taire,
Inexorable autant que le lointain tonnerre
Et l’orgueil de celui qui chante dans l’exil…


Qu’ailleurs l’aube de gloire irradie et rougeoie !
Que m’importe le vent qui disperse mes vers
Dans les replis obscurs de l’obscur univers,
Puisque je n’ai chanté que pour ma seule joie ?