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Le Vent des vaisseauxÉditions E. Sansot (p. 43-44).

LE POÈTE


 
Il porte obscurément la pourpre du poète
Ce passant qu’on rencontre au détour du chemin,
Vers lequel nul ne tend sa secourable main
Et qui lève vers l’aube un front large d’ascète.

Mais sous le grand manteau percé de mille trous,
Si vieux qu’il est pareil aux innombrables toiles
Que l’araignée a su tramer sous les étoiles,
S’ouvrent ses yeux divins, prophétiques et fous.


Cet inconnu c’est le poète en son passage,
Et le vent du chemin lui dicte, ainsi qu’un dieu
Dicte un ordre divin, son chant impérieux…
… Mais hélas ! nul n’entend le merveilleux message.

Toi, dont le vent clément rafraîchit le front nu,
Tu n’oses même pas solliciter l’Aumône !
Mais les siècles futurs te verront sur un trône,
Couronné de rayons, ô divin Inconnu !