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Le Vent des vaisseauxÉditions E. Sansot (p. 27-28).
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À MON DÉMON FAMILIER


 
Toi qui hantes mes nuits cruelles, ô Démon !
Qui vient ouvrir sur moi tes prunelles hagardes
Et qui te tiens debout dans la chambre et regardes,
Emporte-moi sur tes ailes de goëmon !

Tu règnes sur mon cœur implacable et suprême !
Que le vent de la mer nous emporte tous deux
Dans le divin mépris des courants hasardeux,
Ô toi que je redoute et cherche, ô Toi que j’aime !…


Les peuples sont petits et laids. Allons loin d’eux,
De leurs propos mesquins, de leurs cœurs infidèles.
Envolons-nous au bruit puissant des larges ailes
Que tu sais déployer dans le vent orageux !

Malgré le temps mauvais, debout dans la défaite,
Me voici faisant face à l’orage, à la mer…
Ô mon Démon, accours à ma voix, comme hier,
Et reconnais en moi ton Maître, le Poète !…