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Ce curieux récit étant achevé et ces explications étant données, M. de Brederode disait à ses compagnons :

— C’est là, messieurs, l’histoire de maître Jean d’Anspach et du trésor enfoui dans la caverne d’Arcueil, ainsi qu’elle m’a été contée par le bon prieur et par ses disciples, gens auxquels pour mon malheur, un bien fâcheux hasard voulut que je me commisse, et telle en outre que je me rappelle l’avoir lue il y a quelques années, quand j’étais encore en liberté, dans un cahier manuscrit rédigé, disait-on, par M. de l’Estoile lui-même, qui avait été trouvé avec d’autres papiers au château de Sully-sur-Loire. Je ne pense pas, ajoutait-il, en avoir oublié ou altéré aucune circonstance importante, ou cela me surprendrait fort, car ce que j’ai appris même à la passade se grave d’ordinaire parfaitement dans mon esprit.

Ici, l’auditoire de notre prisonnier, qui avait prêté une grande attention au récit que nous venons d’entendre, le remerciait avec grâce de sa bonne histoire de maître Jean d’Anspach, et le priait, si ce n’était pas trop exiger de sa complaisance, de vouloir bien continuer la narration de ses propres malheurs, qui, tout en éveillant l’intérêt du cœur, avait le don de charmer l’esprit.

Comment résister à tant de politesse, surtout quand on brûle de se rendre ? M. de Brederode, dans l’agréable embarras de l’orateur que la foule félicite, s’inclinait alors plein de contentement, puis il répondait avec vivacité : — Vous le désirez, je vais obéir ; je vais reprendre le fil de ce qui me touche d’une façon plus personnelle, ou du moins de ce qui regarde plus particulièrement la horde de nécromanciens que je suivais en amateur.






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