Le Prix “Vie heureuse”/Mme Dieulafoy

Anonyme
Hachette et Cie (p. 14-15).


MADAME JANE DIEULAFOY


Madame Jane Dieulafoy, née Magre, descend d’une ancienne famille toulousaine. Élevée au couvent de l’Assomption, elle se maria selon son cœur à un ingénieur des ponts et chaussées à peine sorti de l’École Polytechnique. Des études qui rattachaient les arts du moyen âge aux arts de l’Orient amenèrent M. et Mme Dieulafoy à penser qu’ils en trouveraient en Perse le berceau commun. Dans ce but, ils entreprirent un premier voyage qui dura quatorze mois et, au prix de grandes fatigues, ils atteignirent les tumuli qui signalent l’emplacement de l’antique Suse.

Mme Dieulafoy a raconté ce premier voyage dans un important ouvrage plein de vues originales, intitulé : La Perse, la Chaldée et la Susiane. L’Académie le couronna.

Deux ans plus tard, M. et Mme Dieulafoy revenaient à Suse et ramenaient au jour la magnifique frise des Lions du palais d’Artaxercès, le bas-relief des Immortels du palais de Darius, le grand chapiteau bicéphale et cette magnifique collection d’objets réunis aujourd’hui dans trois salles du musée du Louvre. Pour sa participation à ces travaux exécutés dans des conditions éminemment dangereuses, Mme Dieulafoy fut décorée de la Légion d’honneur.

Elle a publié le Journal des Fouilles : À Suze, puis divers romans historiques perses : Parysatis, couronné par l’Académie française ; Rose d’Hatra, L’Oracle. Un drame lyrique, emprunté au premier de ces romans, a été représenté plusieurs fois aux arènes de Béziers, et c’est pour lui que Saint-Saëns a écrit l’une de ses plus belles partitions.

Parmi ses autres œuvres, citons Frère Pelage et Déchéance, plaidoyer éloquent en faveur du mariage indissoluble.

Mme Dieulafoy a donné à l’Odéon des conférences très documentées sur Les Perses d’Eschyle, Œdipe de Sophocle, Le Cid, Andromaque, Bajazet, Amphytrion, etc.

L’Espagne lui a inspiré deux ouvrages : Aragon et Valence, Castille et Andalousie. Récemment elle publiait encore une traduction de L’Épouse parfaite, écrite au xvie siècle par l’exégète fameux, l’admirable poète Luis de Léon, et faisait précéder ce texte d’une étude magistrale sur le maître glorieux qui illustra l’Université de Salamanque au siècle d’or.

Mme Dieulafoy collabore aux grands journaux et à plusieurs revues.


Madame Jane Dieulafoy, photographie assise sur une chaise.