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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsII. 1869-1871 (p. 202-203).


LE RÉVEIL


Le soleil s’est levé du milieu des collines
Comme le premier-né divin des nuits d’été,
Déchirant, dans un vol de flammes emporté,
Du matin frissonnant les frêles mousselines.


Les champs, l’eau, les forêts graves & sibyllines,
La terre jusqu’au ciel tressaille de clarté.
Le chœur universel des bêtes a chanté,
Voix dans l’air, voix des bois, sauvages & câlines.

L’homme seul, raisonneur pensif dès le réveil,
Regarde cette joie, en son retour vermeil,
Éternellement rose, aimable & coutumière ;

Et comme elle n’a pas été faite pour lui,
Sans folles actions de grâces, sans ennui,
D’un œil indifférent accepte la lumière.