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Le Mahâbhârata (traduction Ballin)/Volume 2/2-LLDF-Ch13

Traduction par Ballin, L..
Paris E. Leroux (2p. 154-156).



CHAPITRE XIII


DHRITARÂSHTRA APAISE SA COLÈRE


Argument : Discours de Krishna, Réponse de Dhritarâshtra. Il embrasse les fils de Pândou.


343. Vaîcampâyana dit ensuite : Les serviteurs s’approchèrent de Dhritarâshtra) pour les ablutions. Quand il eut été purifié, le meurtrier de Madhou lui dit encore :

344. « Ô roi, tu as appris les védas, les diverses sortes de castras (préceptes), les çroutas (révélations), les pouranas (anciens récits) et tous (les traités sur) les devoirs des rois.

345. Puisque tu es un grand sage, un savant, étant ainsi au fait du fort et du faible, pourquoi te livres-tu à une telle colère, à la suite des (malheurs) causés par ta propre faute ?

346. Ô Bharatide, (non seulement) moi, (mais encore) Bhîshma, Drona, Vidoura et Sañjaya, nous t’avons averti. Mais alors, ô roi, tu ne suivis pas nos conseils.

347. Détourné par nous (de la guerre), tu ne te conformas pas à notre avis, (quand nous te disions) que les fils de Pândou t’étaient supérieurs en force et en héroïsme, ô Kourouide.

348. Certes, le roi à la ferme sagesse, qui voit lui-même ses fautes, et qui sait discerner (les obligations "diverses, que lui imposent les) lieux et les temps, obtient la plus haute fortune.

349. Celui qui, au contraire, étant averti de ce qu’il y a de mieux, ne saisit pas (la différence) entre le bien et le mal, suit une mauvaise voie. Il se lamente quand les malheurs ont fondu sur lui.

350. Ô Bharatide, considére-toi donc comme (obligé à suivre) une conduite différente. Ton esprit, qui aurait du être tenu en bride (par toi), était tombé au pouvoir de Douryodhana.

351. Enfoncé dans le malheur par ta propre faute, pourquoi veux-tu tuer Bhîmasena ? Réprime donc ta colère, en te remémorant tes fautes.

352. Ce méchant qui, par jalousie, conduisit la Pâñcâlienne (Krishna) au milieu de l'assemblée, a été tué par Bhîmasena désireux de venger l’hostilité (dont on avait fait preuve à son égard).

353. Considère tes mauvaises actions, et celles de ton méchant fils, (consistant en ce) que les fils de Pândou, malgré leur innocence, ont été abandonnés (par toi), ô tourmenteur des ennemis. »

354. Vaiçampâyana dit : Après que Krishna lui eut ainsi exposé toute la vérité, le maître de la terre, Dhritarâshtra, dit au fils de Devakî :

355. « Ô Madhavide aux grands bras, tout ce que tu m’as dit est vrai. L’affection que je portais à mon fils, ô homme vertueux, m’a enlevé ma fermeté.

356. Grâce au ciel, protégé (par toi), ô Krishna, le tigre des hommes au véritable héroïsme, Bhîma, a échappé à mon embrassement.

357 Maintenant, ma colère s’est évanouie, ma fièvre a disparu, et je n’ai plus qu’un désir, ô Keçava, c’est d’interroger le second fils de Pândou.

358. Les Indras de la terre étant tués, mes fils étant abattus, mon refuge et ma joie reposent certainement dans les fils de Pândou.

359. Alors, fondant en larmes, il embrassa, en touchant leurs corps, Bhima, Dhananjaya, les deux fils de Mâdrî, (considérés comme des) héros parmi les hommes. Après avoir soupiré, il adressa des paroles agréables à ces hommes aux beaux corps.