Le Fils du diable/Tome I/II/2. Le bonhomme Araby

Legrand et Crouzet (Tome I, Tome IIp. 294-302).
CHAPITRE II.
LE BONHOMME ARABY.


Gertraud soufflait son feu et chantait de tout cœur. Sa voix fraîche et sonore emplissait sa petite chambre. Quand le charbon allumé pétilla dans le fourneau, elle sortit et rentra presque aussitôt après, tenant à la main un pot de terre qu’elle posa en équilibre sur le brasier. Tandis qu’elle vaquait à ces soins de tous les jours, ses mouvements avaient une grâce vive et gaie. Tantôt sa voix éclatait à son insu en joyeuses roulades, tantôt elle s’affaiblissait jusqu’à ressembler à un murmure. Parfois même son chant se taisait tout à coup.

Alors sa jolie tête s’inclinait, pensive, et ses bras paresseux tombaient le long de son corps. Elle songeait ; la rêverie des jeunes filles passait sur son front et le courbait.

Puis, tout à coup, elle se redressait plus allègre ; sa chanson vibrait de nouveau plus éveillée ; le nuage qui voilait son regard brillant était dissipé.

Pendant que le pot de terre chauffait sur le feu, elle retourna les matelas de sa couche et disposa les plis de ses rideaux, blancs comme la neige. Cette seconde toilette ne fut pas beaucoup plus longue que la première ; en un clin d’œil, la chambrette, rangée, prit un petit air de coquetterie, et montra ses carreaux luisants comme autant de miroirs.

Le pot de terre qui chauffait au-dessus du fourneau contenait le déjeuner de son père et le sien. C’était une bonne grosse soupe allemande, si bravement épaisse qu’une cuiller, plantée au milieu, s’y serait tenue debout. Gertraud l’assaisonna d’une main experte et y puisa d’abord une pleine écuelle, qu’elle recouvrit d’une assiette de faïence.

Cela fait elle noua sur ses beaux cheveux un fichu de mousseline, et descendit lestement l’escalier en tenant sa tasse à la main.

En arrivant au seuil de la cour, elle leva la tête vers la fenêtre de Jean Regnault, qui la guettait du regard. Elle lui adressa un petit signe de tête, et la figure de Jean s’épanouit, comme si un rayon de soleil l’eût soudain éclairée.

Gertraud ne fit que passer. Elle traversa la longue allée qui conduisait sur le carreau du Temple, et se dirigea d’un pas léger vers le bâtiment de la Rotonde.

Les échoppes commençaient à s’ouvrir. De tous côtés, les cabaretiers du voisinage versaient la goutte du matin à leur clientèle altérée, et le péristyle de la Rotonde recevait sa parure journalière de vieux uniformes et d’habits rapetassés.

La plupart des fripiers étaient à leur poste. Çà et là seulement quelques boutiques paresseuses tardaient encore à s’ouvrir.

Tous les petits bazars qui donnent sous le péristyle de la Rotonde, qu’ils soient occupés par des refaçonneurs, par des marchands d’uniformes ou par des revendeurs de chapeaux vulgairement appelés niolleurs, sont bâtis sur un plan identique. À cette règle, il n’y a d’exception que l’établissement du marchand de vin à l’enseigne des Deux Lions, et deux places ouvrant sur le pavé désert qui fait suite à la rue du Petit-Thouars.

Le cabaret a réuni plusieurs échoppes en une seule ; les deux places, au contraire, sont prises sur la même boutique, coupée en deux par une cloison. Dans leur état normal, les places ne sont point trop larges ; réduites à moitié, celles dont nous parlons formaient deux boyaux étroits, rejoignant un arrière-magasin, tranché pareillement en deux portions égales.

La première était occupée par un refaçonneur, trop pauvre pour louer une boutique entière ; la seconde avait pour maître un des personnages les plus considérables du Temple de 1844.

Elle avait au dehors la même physionomie que sa voisine ; elle avait même une physionomie plus pauvre, s’il est possible. Au-devant de la porte, pendaient, à demeure, un pantalon rouge, orné d’une bande d’azur, et deux ou trois habits bleus, avec des broderies de cuivre.

C’était l’enseigne, et l’enseigne mentait.

Mais chacun savait au Temple ce que vendait le maître de cette loge, et les haillons de l’étalage ne trompaient personne.

Quand on avait passé sous les pantalons et les vieux habits qui se balançaient au vent depuis des années comme des pendus à une potence, on se trouvait dans une petite antichambre de forme carrée, et l’on avait devant soi une forte cloison de chêne, percée d’un trou en demi-lune.

La cloison avait une porte, mais cette porte était toujours fermée. Derrière la cloison, depuis dix heures du matin jusqu’à quatre heures de l’après-midi, se tenait un vieillard nommé Araby, qui prêtait sur gages et garanties, et qui rendait aux marchands du Temple les mêmes services que certains banquiers philanthropes rendent au pauvre commerce de Paris.

Seulement les banquiers font leur trafic en plein jour et se fâchent quand les victimes les appellent usuriers. Araby, lui, ne se montrait guère ; il arrivait à bas bruit tous les jours à la même heure, se glissait dans son trou et n’en sortait plus.

On avait cru longtemps qu’il couchait derrière cette cloison de planches, qui défendait l’accès de son sanctuaire. À quatre heures, quatre heures et demie, le trou percé en demi-lune, qui lui servait de bureau, se fermait, ainsi que la porte d’entrée, donnant sous le péristyle.

Mais on ne voyait point Araby se retirer.

Peut-être attendait-il la nuit ; peut-être s’esquivait-il par quelque autre côté de la Rotonde : ce qui est certain, c’est que le lendemain, vers neuf heures et demie, on l’apercevait, marchant d’un pas mal assuré, mais vif et rapide encore, le long des rues du Puits et de la Petite-Corderie. Il débouchait par cette dernière, sur la place de la Rotonde, et gagnait son trou immédiatement.

On connaissait Araby comme le loup blanc dans le marché et aux alentours. Pour mieux dire, on connaissait sa tournure et son costume, car bien peu de gens pouvaient se vanter de l’avoir vu face à face.

Été comme hiver, il portait des pantalons, à pieds dans de grands souliers lacés, d’où sortaient des flocons de laine, une houppelande de castorine râpée à grand collet de fourrure, et une casquette de peau, dont la visière énorme descendait sur ses yeux.

Le tout était recouvert d’un manteau court, taillé comme ceux des cochers de fiacre.

Ceux qui prétendaient l’avoir vu, avaient dû s’approcher de bien près pour le regarder sous le nez. Ils parlaient d’une face jaune et ridée comme une pomme de conserve au mois d’avril, d’un nez crochu, d’une bouche mince et sans dents, de deux yeux petits et vifs, qui clignotaient derrière de larges lunettes bleues.

Ils ajoutaient que le bonhomme devait bien avoir cent ans, et qu’ils n’avaient rien vu jamais de si cassé, de si plissé, de si caduc, ni de si décrépit…

Il n’était pas un marmot, depuis la rue de Vendôme jusqu’au monument expiatoire de Louis XVI, qui ne connût parfaitement les jambes maigres et le dos voûté du bonhomme Araby. Les mères se faisaient un épouvantail de son nom comme de celui de Croque-Mitaine. On riait de lui tout haut dans les cabarets qui entourent le marché, mais il inspirait en réalité une vague frayeur aux esprits crédules.

Il y avait bien des marchands qui n’eussent point voulu passer, après minuit sonné, devant la Rotonde endormie. On disait, en effet, qu’à ces heures nocturnes où nul pied ne foule le carreau désert, le bonhomme Araby ou son ombre errait lentement devant les Deux Lions, et se penchait vers la terre pour ramasser les sous perdus entre les pavés.

Et vingt autres mystérieuses histoires ! Quelques-uns allaient jusqu’à dire qu’il était cet Hébreu maudit de Dieu, connu dans tout l’univers, depuis des siècles, sous le nom de Juif-Errant.

Quoi qu’il en fût de ces superstitions, moitié goguenardes, moitié sérieuses, et moins rares qu’on ne pense dans la capitale du monde civilisé, en notre âge lumineux, personne ne se faisait faute d’avoir recours au bonhomme Araby dans les occasions pressantes. Dieu sait que ces occasions arrivent fréquemment pour les négociants du Temple !

Il y a bien le Mont-de-Piété ; mais le Mont-de-Piété, malgré son excellent caractère, est encore trop formaliste pour certaines exigences. Le bonhomme Araby donnait peut-être un peu moins que les commissionnaires, et l’intérêt de ses avances était beaucoup plus dur, mais il ne demandait rien, sinon son gage. Les passe-ports lui importaient peu ; les quittances de loyers ne le regardaient point ; il ne vous demandait pas même votre nom, le brave homme, et vous pouviez lui apporter en toute sûreté une montre trouvée, une chaîne acquise par droit d’aubaine, ou quelques aunes de drap, conquête d’une adresse illégitime.

En outre, il prêtait au-dessous de trois francs ; il prêtait ce qu’on voulait, depuis cent louis jusqu’à dix sous.

À droite du petit carré qui précédait la cloison de planches, se trouvait une porte basse qui conduisait à un magasin obscur, tenant la place affectée d’ordinaire à l’arrière-boutique des loges de la Rotonde.

Dans ce magasin, il y avait toutes sortes d’objets étiquetés bien proprement, et que le bonhomme Araby faisait vendre sur le carreau, au bout de quinze jours, quand ses débiteurs ne lui rapportaient pas le double de la somme prêtée.

Ceci était la règle. Quelquefois il prenait davantage, mais alors il fallait des conventions particulières.

Outre le carreau du Temple, il n’était pas sans avoir d’autres débouchés. Plusieurs marchands de la haute ville entretenaient avec lui des relations fructueuses, et l’on eût reconnu des objets sortant de son trou dans les magasins les mieux achalandés de Paris, comme dans les échoppes poudreuses des quartiers inconnus.

Bien que les trois ou quatre loques pendues au-devant de sa porte ne fussent un leurre pour personne, bien qu’il eût pris de l’argent aux trois quarts et demi des marchands du Temple, personne ne songeait à le dénoncer. Il est une chose qui protégera éternellement l’usure, c’est le besoin.

Les gens dépouillés s’irritaient d’abord et juraient la perte du vieux larron ; mais ils réfléchissaient ensuite : la gêne menaçait toujours, et le cas pouvait se présenter où l’on serait heureux encore d’entrer dans le coupe-gorge d’Araby.

Un joueur a-t-il jamais dénoncé le tripot qui changea son aisance en misère ?…

Les pauvres emprunteurs ressemblent en ceci aux amants malheureux de la roulette : ils menacent, ils trépignent, ils tempêtent ; mais ils n’ont garde de se venger.

D’ailleurs, il y avait une croyance commune parmi les marchands du Temple. On eût regardé comme inutile de signaler à la police le commerce clandestin du bonhomme Araby. Chacun pensait que la police n’ignorait rien à ce sujet, et que le vieil usurier payait aux agents chargés de surveiller le marché quelque mystérieuse patente.

Pour ces causes ou pour d’autres, il menait son trafic bien tranquillement. Les agents n’approchaient jamais de son trou, que les emprunteurs encombraient sans cesse.

C’était vers la boutique d’Araby que se dirigeait la jolie Gertraud, en sortant de la maison de son père.

La boutique n’était point ouverte encore ; les auvents fermés présentaient leurs planches vermoulues, reliées par des crampons mangés de rouille.

Gertraud y frappa deux ou trois petits coups avec ses doigts.

— Qui est là ? demanda une voix faible à l’intérieur.

— C’est moi, Gertraud.

— Oh ! ma bonne demoiselle, merci, merci ! dit la voix avec un accent joyeux ; — attendez un peu, je vais vous ouvrir.

Il se fit un bruit confus derrière les planches comme si une main trop faible eût essayé d’ébranler les lourds crampons. Enfin une planche céda, livrant un étroit passage.

Gertraud entra.

Elle se trouva dans la petite chambre carrée, où le jour sombre du péristyle avait pénétré devant elle.

Il y avait là un être humain, un pauvre enfant maigre et pâle, qui était la domestique d’Araby.

Les quelques pieds carrés de l’antichambre formaient toute sa demeure, sa couche était un matelas plat et dur, jeté sur le sol humide.

Le long du matelas, il y avait place à peine pour poser ses pieds.

L’enfant se nommait Noémi. Au Temple, on appelle galifards les petits garçons de boutique, chargés de faire les courses et de porter les menus fardeaux. Noémi remplissait à peu près ces fonctions chez l’usurier, et, dans le quartier, elle était presque aussi connue que le bonhomme Araby lui-même, sous le nom de Nono la Galifarde.

Dans l’univers entier, on n’eût point trouvé un état plus misérable que le sien. Par les plus froides nuits d’hiver, elle couchait dans ce pauvre réduit où nous la trouvons maintenant, sans autre couverture que sa petite robe d’indienne. Le vent passait à travers les planches mal jointes de la devanture ; les portes du bureau d’Araby et du magasin, fermées par de lourds cadenas, l’empêchaient de chercher un asile ailleurs. L’usurier l’accablait de travaux au-dessus de ses forces ; il ne la payait point, et lui donnait à peine de quoi manger.

Quand elle sortait, les marchandes du Temple, émues de pitié à l’aspect de sa petite face pâle et souffreteuse, lui faisaient l’aumône de quelques morceaux de pain ; mais elle avait un ennemi qui la poursuivait sans cesse, et qui savait la dépouiller avec une adresse diabolique.

L’idiot Geignolet se tenait toujours aux aguets sur son passage. Il l’attendait aux détours des rues et dans l’embrasure des portes ; il restait là, immobile et l’œil ouvert comme un chien en arrêt, et quand la petite Galifarde arrivait toute joyeuse, rongeant le morceau de pain convoité, l’idiot s’élançait sur elle à l’improviste, lui arrachait sa proie de force et la frappait.

Nono s’enfuyait en pleurant. Les gens des cabarets se mettaient sur la porte pour regarder cela et riaient, car c’était drôle. Geignolet, tout fier de son triomphe, se mettait à cheval sur une borne et chantait sa chanson, la bouche pleine. On lui donnait la goutte, pour encourager sa vaillance à d’autres exploits pareils.

Et il recommençait le lendemain, parce qu’il ne trouvait point autour de lui un être plus inoffensif et plus faible qu’il pût opprimer impunément.

De même qu’on faisait sur le bonhomme Araby cent et une histoires assez fantastiques, de même on s’occupait volontiers de sa petite servante. Le vieillard menait une vie complètement solitaire, et personne au monde ne connaissait ses habitudes ; la petite fille venait on ne savait d’où, elle n’avait point de parents, et, sans la pauvre place qu’elle occupait chez l’usurier, elle n’aurait point eu d’asile.

À part Gertraud, qui lui apportait chaque matin à déjeuner, avant l’arrivée du bonhomme, elle avait pourtant une autre protectrice. Madame Batailleur, marchande de frivolités, au carré du Palais-Royal, l’appelait chaque fois qu’elle passait. Et l’on citait à ce propos un fait bizarre.

Un jour, la petite Galifarde avait été attaquée aux environs du Palais-Royal par son ennemi Geignolet. Il l’avait battue cruellement, et l’aurait assommée cette fois, si elle ne s’était réfugiée dans la boutique de madame Batailleur.

Il y avait chez la marchande une belle dame qui achetait des dentelles.

Nono la Galifarde s’assit dans un coin, essoufflée et tout en larmes. La belle dame la regardait ; elle posa la dentelle sur le petit comptoir, et parla bas à la marchande.

Nono était alors bien plus petite et bien plus faible que maintenant. Elle continua de pleurer dans son coin, durant quelques minutes, puis elle mit sa tête dans sa main et ferma ses yeux fatigués de larmes.

Elle s’endormit.

Voici ce qu’on affirmait : La belle dame s’approcha d’elle tout doucement et resta un instant penchée au-dessus d’elle. Tandis qu’elle la contemplait ainsi, ses yeux avaient des regards émus. Avant de se relever elle baisa au front Nono la Galifarde.

Madame Batailleur déclarait n’avoir point souvenir de cela. Elle ajoutait que si ses voisines Olga, Zéphirine et madame Alfred, s’étaient occupées de leurs affaires, elles n’auraient point vu plus clair qu’elle-même dans sa propre boutique…

Nono pouvait avoir quinze ans ; mais la misère avait retardé sa crue. Elle était grêle, et ses pauvres petits membres montraient leur faiblesse à travers les trous de sa robe d’indienne. Sa poitrine ne se développait point ; ses contours, délicats et à peine indiqués, gracieuse promesse qui sourit déjà chez la vierge adolescente, ne soulevaient point encore l’étoffe affaissée de sa robe. Tout son corps avait cette maigreur uniforme qui révèle la détresse et le besoin.

Mais, malgré cette apparence misérable, la taille de Nono, élancée et flexible, attirait l’œil et plaisait aux regards. Il y avait une sorte de charme dans la pitié qui vous venait au cœur en la voyant si faible et si malheureuse. Ses traits étaient réguliers et fins. Il y avait sur son visage pâle une expression de souffrance résignée et soumise.

La pauvre enfant savait sourire au travers de ses larmes. Ses beaux yeux noirs, creusés par le chagrin, s’animaient alors et vous jetaient un regard plus pénétrant et plus doux.

C’était comme un fugitif rayon de soleil éclairant une morne matinée d’hiver.

Quiconque eût dit dans le Temple que la Galifarde était belle aurait passé pour un fou. On ne voyait en elle que sa pâleur maladive et les trous mal dissimulés de sa robe en lambeaux. Ce qu’elle inspirait, c’était beaucoup de mépris et un peu de compassion. Elle était belle pourtant, comme la souffrance muette qui se résigne. L’auréole du martyre couronnait son front d’enfant, et, poëte, vous eussiez rêvé longtemps au contact de sa silencieuse tristesse…

Elle s’était assise sur son dur matelas et mangeait avidement le déjeuner que Gertraud venait de lui apporter.

Le jour, qui se faisait vif, pénétrait dans l’étroit réduit par l’ouverture récemment improvisée.

C’était un contraste étrange et qui avait sa beauté. La lumière glissait sur les cheveux de Gertraud, éclairant de profil son front radieux, où brillaient la force et la joie de la jeunesse. Puis elle tombait d’aplomb sur le visage amaigri de la Galifarde, qui était heureuse en ce moment, et qui levait vers sa jolie compagne son regard mélancolique et reconnaissant.

Au dehors, comme pour donner à ce tableau de charité douce un énergique repoussoir, on apercevait la face hâve de l’idiot Geignolet, qui se glissait entre les piliers du péristyle et qui grondait sourdement, parce qu’il voyait la proie hors de sa portée.



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