Le Cercle rouge (Leblanc)/Chapitre XXIX


XXIX

Vers la réhabilitation


Le chauffeur ainsi que le lui avait recommandé Florence Travis, avait conduit la voiture jusqu’au parc public et s’était arrêté dans l’allée déserte et ombragée que lui avait désigné la jeune fille.

Dans l’auto, Gordon attendait sans trop d’impatience, le retour de la jeune fille. Il avait l’impression que sa destinée entrait dans une phase nouvelle. La confiance qui se dégageait de Florence le gagnait et l’animait à son tour. Une aurore apparaissait, lointaine encore, dans la nuit de sa destin née bouleversée, et il lui semblait que tous ses malheurs allaient être finis.

Ah ! certes, en dehors même de toute pensée d’humanité, il était heureux d’avoir sauvé Max Lamar, car c’était bien depuis ce moment que la fortune avait cessé de lui être contraire. Il repassait dans sa mémoire tous les détails des événements précédents. Il revoyait sa cabane en flammes ; sa course éperdue sur la grande route, le camion auquel il s’était accroché, son retour à la ville, l’entrepôt de planches où il avait, si adroitement brûlé la politesse aux détectives qui le poursuivaient. Il revoyait, dans le bureau de Max Lamar, Florence, dont l’accueil avait été si bienveillant. Il revoyait son visage si beau, si vivant, si expressif, et qu’animait durant leur conversation un si généreux intérêt.

Il revoyait les incidents qui avaient accompagné leur fuite du bureau de Max Lamar.

Mais tout cela n’était-il point qu’un rêve ?

La dure réalité, un moment, ressaisit Gordon et il eut la vision précisé des dangers qu’il courait encore. Que pourrait pour lui cette jeune fille, quelle que fût sa bonne volonté ?

Pourtant Gordon secoua ce doute. L’espoir était plus fort que le raisonnement. Il se laissait maintenant aller à un optimisme instinctif et délicieux.

Le parc silencieux et parfumé s’étendait autour de lui. Toute la nature conspirait à l’apaisement de son âme agitée. Il renaissait, et c’est à peine si la joie, sourde qui s’élevait en lui était atténuée par le souci que lui causait le délabrement de sa toilette. Ses guenilles mêmes lui paraissaient moins guenilles. Il les regardait comme de vieilles amies, de chers compagnons de lutte qu’il allait certainement quitter bientôt.

— Eh ! bien, à quoi songez-vous donc, monsieur Gordon ? fit près de lui une voix claire.

C’était Florence. Le rêve du pauvre Gordon se précisait, devenait réalité en la personne de la jeune fille, qui, par la portière, lui tendait un papier…

Un papier qu’il connaissait bien, qu’il n’avait cessé de revoir à travers les cauchemars de son désespoir.

C’était le reçu des 75 000 dollars que Silas Farwell lui avait fait frauduleusement signer.

— Prenez, disait Florence, ce document vous intéresse.

Gordon, d’une main tremblante, saisit le document que lui présentait Florence. Il le regarda, le retourna vingt fois. Pâle, haletant, il doutait de ses propres yeux.

Enfin, il allait pouvoir se disculper.

La machination de l’infâme Farwell s’écroulait. L’avocat Gordon, réhabilité, reprendrait sa place dans la société. Et la justice un peu tardive, qui lui rendrait l’honneur, saurait aussi châtier le gredin qui avait voulu causer sa perte.

La joie l’étouffait. Il ne pouvait articuler une parole et de grosses larmes de reconnaissance roulaient dans ses yeux.

Prenant avec dévotion la main de Florence, il y imprima un baiser respectueux et plein d’une gratitude infinie, presque superstitieuse.

La jeune fille sentit tomber sur sa main une larme tiède. Il lui sembla que cette larme effaçait toute la honte héréditaire du cercle maudit, ne laissant subsister que le bien que son influence lui avait fait faire.

À ce moment, Florence Travis était presque fière d’elle-même, de ce pouvoir, qui lui avait permis de sauver de la misère et de l’injustice quelques malheureux.

Et si Max Lamar avait alors paru, la jeune fille eût couru à sa rencontre pour lui révéler, non plus comme une confession humiliante, mais comme une justification définitive, le mystère qui pesait sur sa vie et qu’elle redoutait à cause de lui surtout.

Gordon avait enfoui dans la plus sûre de ses poches le papier sauveur et maintenant, revenu de son émotion, il voulait savoir comment s’était fait le miracle.

— Comment avez-vous réussi, si vite, à vous procurer ce document ? Par quelle magie ?

Florence, souriante, lui répondit :

— Il n’y a rien eu là de surnaturel, croyez-moi, monsieur Gordon. Mais ne me demandez pas quels moyens j’ai employés pour obtenir ce reçu qui vous avait été si lâchement extorqué. Ne m’en remerciez jamais et contentez-vous de l’accepter.

Puis, mettant la main dans son sac, elle en retira quelques-unes des bank-notes qu’elle avait prises dans le coffre-fort de Silas Farwell.

— Et je vous supplie, en outre, dit-elle, d’accepter sans façon cette petite avance. Cela représente exactement, selon ce que vous m’avez dit, la somme que Silas Farwell vous devait personnellement pour vos honoraires. Vous allez être obligé de pourvoir à des nécessités urgentes, ne fût-ce que celle de réparer un peu votre toilette.

De la main, Gordon repoussa les billets.

Mais Florence eut une moue fâchée.

— Vous ne pouvez pas refuser et vous me feriez trop de peine en me désobéissant. D’ailleurs, je vous le répète, cet argent est celui qui vous est dû…

C’était dit si gentiment, avec tant de bonne grâce, que Gordon comprit qu’il n’avait pas le droit de repousser cette offre. Et puis Florence Travis avait raison. Cette somme lui était due, et il en avait le plus impérieux besoin.

Il accepta donc les billets avec une satisfaction franche qui fit plaisir à la jeune fille.

— Il faut que je vous quitte, lui dit-elle. J’ai laissé, il y a quelques heures, ma mère qui doit être inquiète de moi. Permettez-moi d’aller la retrouver. J’espère bien vous revoir, d’ailleurs, monsieur Gordon, dès que vous aurez reconquis votre situation sociale, ce qui ne saurait tarder. Vous serez toujours le bienvenu à Blanc-Castel.

Et, légère, elle s’enfuit, après avoir adressé un dernier sourire à l’avocat.

Celui-ci la regarda, s’éloigner. Ses yeux, longuement fixés sur elle, semblaient vouloir conserver en eux, indélébilement, son image exquise.

Gordon, ensuite, appela du geste le chauffeur qui se trouvait à quelque distance dans l’allée.

Il accourut, l’avocat lui tendit un billet de banque.

— Voilà pour que vous me fassiez de la monnaie en ville, mon brave. Soyez assez bon pour remettre la voiture en marche.

Mais un incident très inattendu se produisit.

Par une allée latérale déboucha soudain un des détectives qui avaient mission de rechercher Gordon.

Il venait d’apercevoir l’avocat remettant la bank-note au chauffeur, et, reconnaissant immédiatement l’homme qu’il était chargé d’arrêter, il se précipita vers l’auto.

Gordon le vit et le reconnut aussi.

Se sachant toujours sous le coup d’un mandat d’amener et présumé coupable, il préféra ne pas se laisser appréhender.

Évidemment, son innocence serait maintenant démontrée. Mais il valait mieux que les démarches pour aboutir à ce résultat fussent faites par lui-même en pleine possession de sa liberté, et surtout après qu’il eût détruit le fatal reçu.

Ces réflexions eurent la durée d’un éclair.

Sautant en bas de la voiture, dont le chauffeur venait de mettre le moteur en marche, il monta sur le siège, empoigna le volant, débraya vivement, et, comme le policier arrivait pour le saisir, il fit démarrer brusquement l’auto.

Le détective et le chauffeur furent renversés, sans éprouver d’ailleurs aucun mal.

Ils se relevèrent aussitôt, mais la voiture était déjà loin.

Gordon fit le tour du parc, en prenant des allées de traverse, pour déjouer toute tentative de poursuite.

Il revint ainsi presque au point de départ. Avisant alors un espace désert, il stoppa, sauta hors de la voiture, qu’il abandonna, et gagna à pied la sortie.

Il était temps. Le policeman et le chauffeur, ayant erré au hasard, arrivaient deux minutes après. Ils se jetèrent aussitôt dans la voiture et reprirent leur course à travers le parc, avec le très faible espoir de remettre la main sur le fugitif.

Celui-ci, qui marchait très vite, gagna l’un des faubourgs de la ville. C’était un assez misérable quartier, presque entièrement composé de baraques en bois. Dans une cour extérieure, un homme préparait un feu de vieilles planches, sous une marmite suspendue à un trépied.

Gordon l’observa quelques instants. L’homme s’éloigna, allant sans doute chercher quelque ustensile.

Le feu flambait joyeusement.

Gordon tira de sa poche le fameux reçu que Florence lui avait remis.

Il jeta le papier dans la flamme crépitante, qui le dévora en quelques instants.

Et Gordon s’en fut, en marche vers l’œuvre commencée de sa réhabilitation.

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En quittant les bureaux de Silas Farwell, Max Lamar résolut de se rendre immédiatement à Blanc-Castel.

Son esprit était agité, comme on l’a vu, par les soupçons les plus terribles et les plus justifiés.

Toutes les hypothèses maintenant, ainsi que tous les raisonnements, tendaient impitoyablement vers la même conclusion :

Florence Travis était la mystérieuse femme que marquait le Cercle Rouge.

Comment en douter, surtout après les deux événements capitaux survenus coup sur coup durant cette journée, et que corroboraient encore les incidents de la falaise de Surfton, lorsque Gordon avait fui ?

Florence, certitude irréfutable, était entrée seule dans le bureau de Max pendant son absence. Son secrétaire lui-même l’y avait introduite. Personne d’autre qu’elle n’y avait pénétré…

Oui, mais le secrétaire s’était absenté quelques instants. Florence ne pouvait-elle pas être partie pendant ce laps de temps ? Et alors la femme au Cercle Rouge n’aurait-elle pas pu survenir ?…

Explication invraisemblable. Max Lamar le comprenait lui-même !…

Mais Max Lamar s’accrochait à toutes les hypothèses qui pourraient servir de prétexte à une justification de celle qu’il aimait, et il essayait de se persuader que celle-là était inadmissible : une autre femme venue après le départ de Florence.

Cependant, il fallait alors expliquer de la même manière le vol, chez Farwell, de l’argent et du reçu Gordon.

Il fallait admettre donc que la femme au Cercle Rouge, après l’incident qui s’était passé dans son bureau, à lui, était venue chez Silas Farwell, et que, là également, elle avait accompli ses vols sans être inquiétée par la présence de Florence Travis.

Non. L’erreur n’était pas possible. Florence Travis et la femme au Cercle Rouge ne faisaient qu’une seule et même personne.

Mais le docteur Lamar n’avait pas plus tôt formulé cette certitude, appuyée par sa raison, que son cœur, aussitôt, la repoussait, éperdument.

Florence coupable ! Tout en lui se révoltait contre cette idée !

Bouleversé, il ne savait plus que penser.

Une fièvre ardente le brûlait et, comme il arrivait dans les jardins qui entouraient Blanc-Cas tel, il s’assit sur un banc pour essayer de retrouver un peu de calme.

Peu à peu, en effet, il se domina et son imagination, délivrée des vaines et douloureuses hypothèses, ne sut plus que se complaire à l’évocation de celle qu’il aimait.

Il ne se doutait pas que Florence, depuis un moment, se trouvait à deux pas de lui, derrière un massif, et l’observait.

La jeune fille pensait avec juste raison que Lamar était venu dans le but de l’interroger et, ne se sentant pas la force d’affronter alors cette entrevue, elle décida de s’éloigner.

Max Lamar, dont la songerie avait pris fin, se dirigea vers Blanc-Castel.

Yama vint lui ouvrir la porte.

— Mademoiselle Florence ? demanda Lamar.

— Mademoiselle était là, il n’y a encore qu’un instant, répondit le Japonais. Elle vient de sortir. Monsieur veut-il l’attendre ?

À ce moment, Mme Travis passait dans l’antichambre. Elle témoigna au docteur la plus grande joie de le revoir.

— Mais oui, docteur, je vous en prie, entrez un instant dans le petit salon. Florence ne tardera pas à revenir.

Max Lamar accepta. Il lui semblait bon et, réconfortant d’avoir, à cette heure agitée, une conversation paisible avec cette excellente femme.

Il la regardait longuement, tout en conversant avec elle.

Comment supposer que cette personne, à la figure calme et souriante, sous ses cheveux blancs, que cette vieille dame, si pleine de sentiments affectueux et charitables, si équilibrée, si normale en un mot, pût être la mère de la trop célèbre inconnue au Cercle Rouge ?

C’était inadmissible.

Tous les raisonnements qui s’étaient imposés si cruellement à lui quelques instants auparavant, Max les repoussait.

Oui, Florence était bien la Florence qu’il aimait, qu’il estimait, et, si elle fût entrée à cet instant, il lui aurait peut-être demandé pardon, comme une fois déjà, de l’injure qu’il lui avait faite en la soupçonnant.

Mais Florence n’arrivait pas, et cela pour la raison qu’elle ne voulait pas revenir avant que Max Lamar fût parti.

Force fut bien au docteur de prendre congé de Mme Travis. Cette dernière, qui l’aimait beaucoup, lui fit promettre de revenir bientôt, et Max Lamar se retira.

Cinq minutes après, Florence rentrait.

Elle feignit l’étonnement et manifesta même un vif regret en apprenant que le docteur était venu.

Puis elle gagna son appartement et passa dans son petit boudoir. Là elle retira de son corsage la liasse de banknotes qu’elle avait prise chez Silas Farwell.

Elle compta 75 000 dollars.

— Il ne me reste plus maintenant, murmura-t-elle, qu’à remettre aux employés de la coopérative Farwell ce qui leur revient légitimement.

Un bruit de pas se fit entendre dans la chambre.

Vivement, Florence, glissa les billets de banque dans un tiroir.

C’était Mary, qui portait à la main une assiette vide.

— Que fais-tu avec cette assiette, ma bonne Mary, demanda Florence.

La gouvernante était à bout de force, elle n’eut pas le courage de se taire. Au reste, Florence devrait tôt ou tard apprendre la présence du bandit à Blanc-Castel.

— Florence mon enfant murmura-t-elle, nous sommes plus que jamais en péril…

Florence, intriguée, ouvrit de grands yeux.

— Voilà : cette assiette contenait la nourriture que je viens de porter à Sam Smiling.

— À Sam Smiling ? Mais où est-il ?

— Ici.

— Mais, voyons, que dis-tu ? explique-toi.

La pauvre Mary, bouleversée, raconta d’une voix entrecoupée à la jeune fille l’arrivée de Sam dans la fameuse malle confiée aux soins de Yama.

— Il nous a terrorisés tous les deux, ma pauvre enfant. Il m’a menacée, si je ne lui donnais asile et nourriture, de révéler votre terrible secret. Je l’ai caché là-haut dans une mansarde. Je tremble à chaque instant de le voir brusquement apparaître à la porte du salon. Cette pauvre Mme Travis en mourrait sur le coup.

Florence était très pâle, mais elle fit un suprême effort pour dominer son angoisse.

— Tant qu’il consentira à rester tranquille, tout ira bien, pensa-t-elle. Mais qui sait où s’arrêteront les exigences de ce bandit ?

Elle sentit frémir en elle tous ses instincts combatifs. Il fallait en finir avec cet homme abominable.

Florence, machinalement, se déganta. Mais, en enlevant le gant de sa main droite, elle aperçut le Cercle Rouge qui se dessinait sur celle-ci avec une intensité vive.

Elle remit son gant et se leva.

— Mary, dit-elle résolument, conduis-moi à la cachette de Sam Smiling.

— Oh ! Florence, vous voulez le voir ? Vous me faites peur !

— Et pourquoi ? Je veux simplement essayer de trouver des arguments pour le persuader de partir. Accompagne-moi. À deux, nous serons plus fortes.

Les deux femmes montèrent par l’escalier qui conduisait aux combles.

Au bruit des pas qu’il avait entendus, Sam Smiling sortit d’une mansarde et se trouva en présence de Florence Travis.

Si grand était le prestige de la jeune fille que Sam ne put s’empêcher d’ôter respectueusement son bonnet.

— Eh bien, lui dit Florence, surmontant son dégoût pour prendre un ton naturel, il paraît que vous ne voulez pas être raisonnable ?

Le bandit eut un sourire narquois.

— Mais si, mais si, mademoiselle. Aussi raisonnable que vous. Car je pense bien que nous sommes tout à fait d’accord.

— D’accord sur quoi ?

— Mais sur ceci : vous me donnez le vivre et le couvert, et vous vous arrangerez en outre pour me protéger contre la justice, ce qui est essentiel. Moyennant quoi, je consens à ne jamais révéler le secret que vous savez !

— Et qui vous croira, même si vous parlez !

L’homme haussa les épaules.

— Ne recommençons pas l’explication, hein ? On me croira toujours avec des preuves comme celle-ci.

Et se précipitant sur Florence, il lui arracha violemment le gant qui recouvrait sa main droite, où le Cercle Rouge laissait encore une trace très visible.

Et Sam ajouta d’un ton menaçant :

— Je vous tiens en mon pouvoir, fille de Jim-Cercle Rouge.

Florence, lui arrachant sa main, s’était rejetée en arrière.

— À combien estimez-vous le prix de votre silence ? Je vous donnerai de l’argent, beaucoup d’argent. Vous pourrez fuir, quitter la ville, quitter l’Amérique même si vous voulez.

— De l’argent ! De l’argent ! gronda-t-il. Plus tard, nous verrons et je n’ai pas dit mon dernier mot. Mais aujourd’hui ce qui m’importe, c’est ma sécurité. Je vous en charge… Prenez-en soin… ou gare !

Florence frissonna d’une colère qu’elle ne put maîtriser.

— Misérable ! lui cria-t-elle. Vous n’aurez rien de moi ! Faites ce qui vous plaira. Allez dire à qui vous voudrez que Florence Travis est la fille de Jim Barden, et qu’elle est marquée du Cercle maudit. Vos révélations ne me font pas peur et…

Une voix monta d’en bas :

— Florence !

C’était Mme Travis qui, étonnée de l’absence de sa fille et de Mary, avait ouvert la porte de l’escalier, en entendant les voix qui, confusément, venaient jusqu’à elle.

Florence, sans un mot, saisit Mary par la main, l’entraîna au dehors et rejeta sur le bandit, qui ricanait, la porte de la mansarde.

Puis, suivie de la gouvernante, la jeune fille descendit rapidement.

Mme Travis l’attendait au bas de l’escalier.

— Mais que faisiez-vous là-haut, toutes les deux ? demanda la bonne dame.

— Rien de particulier, maman chérie. Nous étions, Mary et moi, en train d’examiner de vieilles robes.

Florence avait fait un violent effort pour répondre d’un ton calme et enjoué, mais elle frémissait encore d’indignation et de colère… Et aussi, sans qu’elle consentît à se l’avouer, Florence avait peur…


fin du neuvième épisode