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Mertens et fils (p. 342).


SUR UNE FONTAINE TARIE


Nimphes, ne cerchez plus, dans ces bois escartez,
Vostre belle fontaine et ses flots argentez ;
L’autre jour, y pensant boire à teste panchée,
Pour un peu rafraichir le brazier qui me cuit,
Mes amoureux soupirs l’ont toute desséchée,
Et la font par mes yeux distiller jour et nuict.
 
Dans le sein de ma dame allez doncques cercher.
Belles nymphes, de quoy vostre soif etancher :
Cest là que ce ruisseau de mes pleurs se ramasse ;
Non, non, n’y allez pas, car, par un sort fatal
La froideur de ce sein change mes pleurs en glace
Dont se forment après deux boules de cristal.


FIN.