La région de l’Abitibi : terres à coloniser/16

Département de la colonisation, des mines et des pêcheries (p. 24-26).

BASSIN DES RIVIÈRES LAFLAMME ET TASCHEREAU
Cantons de Lamorandière, de Rochebeaucourt, De Ducros et de Montgay



Au nord des cantons de Barraute et de Carpentier, s’étend une fort belle zone de terre argileuse, arrosée à l’est par la rivière Taschereau (ancienne Coffee) et à l’ouest par la rivière Laflamme (ancienne Natagan).

Durant l’été de 1916, M. Edmond Sicard, ingénieur forestier, a fait une exploration du bassin de ces deux rivières. Voici ce qu’il dit, dans son rapport, de la qualité du sol dans les vallées de la rivière Laflamme et de la rivière Taschereau :

« Les terrains qui bordent cette rivière (Taschereau) sont excellemment propres à la culture. Les marécages et les étendues rocheuses sont très rares et de peu d’extension, à tel point que nous pouvons dire que 85 à 95 p. cent de ces terrains sont favorables à la culture, du moins pour 4 à 5 milles de chaque côté de la rivière. À part les deux étendues rocheuses, rencontrées à l’est de la rivière sur le 40° degrés de latitude, et à son embouchure, ces terrains sont formés d’une excellente terre à grain, plus mouvante et moins franche que la terre étudiée dans les autres parties de l’Abitibi. Cette terre contient un peu de silice, ce qui la rend plus maléable et plus facile à drainer. C’est cette raison qui explique, je crois, l’absence des grands marécages que nous rencontrons plus au sud, sur cette même rivière. Une particularité, surtout, nous a permis de voir à fond les sols qui bordent la première moitié de cette rivière. Les feux de forêt ont mis à nu tous les terrains du nord des cantons de Lamorandière et de Rochebeaucourt, tout le canton de Despinassy et celui situé directement au nord de ce dernier, et n’ont laissé que quelques débris calcinés, assez rares.


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ROUTE EN CONSTRUCTION, DANS LE CANTON
DE ROYAL-ROUSSILLON, ENTRE LE
2ème ET LE 3ème RANG — Juin 1919

« Le feu de l’an dernier a si bien brûlé les débris laissés par l’ancien, que ces terres nous donnaient l’illusion de fermes ouvertes à la colonisation depuis 15 à 20 ans, et le défricheur, habitué à suer et à s’échiner dans les abatis de bois verts, s’extasierait certainement en face de ces terres, auxquelles il ne manque que la semence pour les faire produire. Ces belles étendues de terres faites commencent sur la rivière Natagan, à la moitié de Lamorandière, et se tiennent ainsi jusqu’au 49° degré de latitude, sur une largeur de 4 à 5 milles et plus, de chaque côté de la même rivière.

« Ceci forme donc une étendue de terres considérables et des plus avantageuses pour les colons, et je crois que le département de la colonisation devrait s’intéresser à la question le plus tôt possible, avant que ces terrains reprennent en mauvaises herbes et jeunes pousses, qui les rendraient plus difficiles à travailler que lorsqu’ils sont en forêt vierge. Il faudrait donc construire des chemins pour rattacher ces terrains au chemin de fer, et pousser les colons sérieux de ce côté, afin de tirer tout le parti de ces avantages naturels.

« Le canton de Vassal paraît offrir les mêmes avantages. Les terrains au nord de ce brûlé, sur la rivière Natagan sont aussi de première qualité pour la culture, mais n’étant pas brûlés, ils sont moins avantageux pour le moment.

« Les sols de la rivière Taschereau sont moins bons, ou du moins plus divisés par les marécages et les étendues rocheuses et sablonneuses. Tous les terrains, qui touchent directement à la rivière Bell, nous paraissent de mauvaise qualité. Mais il y a encore de belles étendues de terre argileuse qui conviendraient très bien pour l’établissement de fermes, surtout dans la partie ouest des cantons de Ducros et de Bartouille. Le tiers est de ces cantons est rocheux et sablonneux.

« Le sol paraît, cependant, moins bien drainé que sur la rivière Natagan et de qualité inférieure. Le sud du canton de Ducros a été ravagé par les incendies et renferme de très bonne terre à culture. La proportion des bons terrains dans Ducros peut être évaluée à 70 p. cent et celle du canton de Bartouille à 55 p. cent. À part les étendues brûlées, tous ces terrains, sur l’une comme sur l’autre rivière sont recouverts de mousse en couches assez minces, sur la terre grise, et quelquefois en couches très épaisses, dans les savanes à terre noire, où cette même couche varie en épaisseur de 6 à 12 pouces. »

Il y a maintenant trois familles établies dans le canton de Lamorandière. Bon nombre d’autres attendent, pour s’y rendre, que la grande route, maintenant en construction, soit ouverte.