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Bibliothèque de l’Action française (p. 31-33).


LA FIN DU JOUR




Les côteaux, les vallons, toute la terre heureuse,
Les monts majestueux, le pré, le champ vermeil,
Tout s’endort. Au jardin la rose langoureuse,
Cède au sommeil.

Une paix infinie entre au fond de notre âme,
L’espérance et le rêve y germent tour à tour.
Les oiseaux se sont tus. Le bruit meurt, tout proclame
La fin du jour.


Dans le ciel devenu gris et calme, la lune
Au-dessus d’un pré vert, des seigles émergeant,
Montre, dans le fouillis de la montagne brune,
Son œil d’argent…

Le mont, resplendissant sous des lueurs sans nombre,
Sent descendre la nuit qui couvre le ravin.
L’église, près des champs, brille et lève dans l’ombre
Son doigt divin.

La plaine que ta main inlassable a semée
S’apaise en la douceur du couchant qui s’éteint :
Homme, ne vois-tu pas monter une fumée
Dans le lointain ?


À ta blanche maison où la table se dresse,
Où la lampe ancienne éclaire doucement,
Va, tu retrouveras la fidèle tendresse
D’un cœur aimant !

Va ! charmante et rieuse ainsi qu’une écolière,
Celle qui chaque jour met le ciel sous ton toit,
Ton épouse accomplit sa tâche journalière
Et pense à toi !…