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La france Foutue/Exorde

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La France foutue (vers 1800)
en Foutro-manie, l’an des fouteurs (À Barbe-en-Con) (p. ms).

EXORDE[1]

Foutre des nations, foutre de l’Univers,
Si je ne bande et fous, même en faisant des vers,
Jeune encor, j’ai connu lorsque j’étais imberbe,
Grand nombre de Ribauds de cette Cour superbe :
Le monarque en couillons regnait sur les Français
Ne songeant qu’à forger ; et, ne bandant jamais ;
Antoinette, sa femme, en Reine pudibonde
Bandait et déchargeait presqu’avec tout le monde.
D’Artois, Arthur Dillon, en remplaçant leur Roi,
Fourvoyaient ce beau con qui leur faisait la loi.

C’est ainsi que goûtant des plaisirs d’abondance,
Vinrent des héritiers, de royale naissance.
— Fouteurs, dévots, Ribauds, tout en nous couillonnant,
En lisant mon ouvrage, ayez le vit bandant,
Patinez un beau con, pressez de belles fesses,
Il est des cons bourgeois, primant ceux des Princesses.
On fout tout aussi bien au bordel qu’à la Cour ;
Et bien plus librement, on satisfait l’amour.
Or choisissez des cons, qui soient à toute épreuve,
La béauté ne doit pas, pour bien foutre, être neuve,
Mais elle doit jouir des fleurs de la santé,

Par les formes du corps, constituer sa beauté.
Au foutre toute femme, ou ces saintes sucrées,
Qui, lors d’être enconnées, vous font des simagrées ;
Préférez fesses tendres, et de meilleur aloi,
Foutez cons plébéiens, vous serez plus que Roi,
Puis lisez mon Ouvrage et pensez à la France,
Pour laquelle toujours j’eus de la déférence.
C’est ce que j’ai prouvé par mes nombreux écrits.

 J’ai porté le petit collet, je fus l’un des proscrits.
Très souvent j’ai blâmé tant de haine et d’audace
Qu’à tort on déversoit contre une auguste race.
J’ai repoussé le crime, et combattu l’erreur.

Tour à tour ils m’ont fait une effroyable horreur,
J’ai dû cacher mon nom et déguiser mon style,
Espérant qu’aux Français je pourrais être utile,
J’ai peint avec grands traits, dans ma France foutue,
La perfide Albion et je l’ai combattue ;
J’ai peint les factions du parti d’Orléans ;
Et vanté les exploits des émigrés errants.
En me foutant d’eux-tous j’ai produit mon esquisse,
Et je me suis masqué de sorte qu’on ne puisse
Seulement soupçonner mon nom ni mon État
Pour me tenir en Cour avec un peu d’éclat.
Mes notes à la fin peignent mon caractère,
Elles ne font ainsi qu’augmenter le mystère.

 À dieu femmes foutant, à dieu lecteurs bandants
Vous prendriez plutôt la lune avec les dents
Qu’espérer découvrir l’auteur de ces foutaises.
Ainsi, mon cher Lecteur, c’est assez que tu baises.

Après avoir goûté mes vers libidineux
Puissé-je, en ces deux cas, avoir
comblé tes vœux.

(amen)


Cette pièce, dont on assure qu’il n’a été tiré que 25 exemplaires, provient de la bibliothèque de Talma.[2]

M. Moufle, bibliophile distingué mort en 1827, prétendait que l’ouvrage, ainsi que l’exorde manuscrit qui le précède était de l’abbé Proyard. D’autres bibliophiles l’attribuent au célèbre de Sade (l’auteur de Justine), mort à Bicêtre en 1816.

  1. Note de wikisource : L’Exorde est hors-texte et manuscrit.
  2. Note de wikisource : ce paragraphe et le suivant sont d’une écriture différente de l’Exorde.