La france Foutue/Épitre

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La France foutue (vers 1800)
en Foutro-manie, l’an des fouteurs (À Barbe-en-Con) (p. ix-x).

ÉPÎTRE

À MES LECTEURS.


Fouteur, qui des fouteurs est le meilleur fouteur,
Qui bandez, qui branlez, et foutez de bon cœur
En con, cuisses ou cul, tetons aisselle ou bouche,
Qui foutez de bon cœur, et que rien n’effarouche ;
Déterminé fouteur, pour qui tout l’univers,
Pour un sceptre, une croix, peut se mettre à l’envers ;
Qui laissez renverser et le trône et le pape :
Que rien ne peut troubler, pourvu que de Priape
L’on respecte les lois, le culte et les plaisirs,
Et qu’on ne vienne pas insulter vos desirs,
C’est à vous que j’écris, à vous je me dédie :
Et tout en vous branlant, lisez ma tragédie.
 Pour vous, sexe foutant, que l’on fout à Paris,
Dans Rome, dans Pékin, dit-on, en Paradis ;
Vous, qui lisez mes vers, où respire le foutre :
Ô vous, pour qui je bande, et ne puis passer outre !…
Ah ! que n’étiez-vous là lorsque je les ai faits !
J’ai tracé des tableaux, j’eusse fait des portraits !

J’eusse peint de vos culs la belle corpulence,
Et de vos blancs tétons la ferme résistance !
Le touffu d’un beau poil, le rosé d’un beau con !
J’eus tout pris, tout baisé, caressé sans façon ;
J’eusse peint dans mes vers cette taille divine,
Ce bras bien arrondi, cette chute d’échine,
Cette jambe de cerf, ces potelés genoux,
Seulement les touchant, qui nous font bander tous ;
J’eusse allumé ma verve au feu qui vous enflame !
Et pour moi, tout exprès, vous créant une autre ame,
Je vous eusse prouvé que, lisant un fouteur,
L’on peut laisser ses vers pour foutre avec l’auteur.



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