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La folie érotique/L’excitation sexuelle

Librairie J.-B. Baillière et Fils (p. 51-53).

II


L’EXCITATION SEXUELLE


Dans la conférence précédente, je vous ai tracé le tableau de l’amour chaste, où les plus grandes extravagances demeurent enfermées dans les limites du sentiment et ne sont jamais profanées par l’intervention des sens ; je vous ai montré des exemples de ce délire poussé jusqu’aux dernières limites de l’insanité, sans qu’il s’y mêlât jamais une idée étrangère au domaine de l’amour platonique.

Il me reste maintenant à vous parler d’un état bien différent, dans lequel l’élément physique vient usurper la prédominance et se placer sur le devant de la scène.

Mais, avant d’aller plus loin, une distinction est nécessaire.

Nous ne sommes point des moralistes ni des philosophes, mais des aliénistes et des médecins ; nous n’avons pas à vous montrer le tableau du vice, mais celui de la folie. Il s’agit pour nous d’étudier des faits dans lesquels l’élément morbide joue un rôle prépondérant et où le sujet peut être considéré comme un véritable aliéné, c’est-à-dire comme un malade dont la liberté est compromise et dont la responsabilité par conséquent est tout au moins atténuée. Ces données une fois établies, nous entrons en matière.


Je vous rappelle la classification que nous avons formulée dans la leçon précédente.[1] En dehors de la folie de l’amour chaste (érotomanie), nous avons l’excitation sexuelle, que nous distinguons de la perversion sexuelle, dont nous ferons le sujet de la conférence prochaine.

Dans l’excitation sexuelle, nous avons admis trois formes. Ce sont :

La forme hallucinatoire ;

La forme aphrodisiaque ;

La forme obscène.

  1. Voyez p. 9.