La Commune de 1871/Un peu d’Histoire

La Commune de 1871Bureau d’édition (p. 5-6).




LA COMMUNE DE 1871



UN PEU D’HISTOIRE



Dans l’« exposé des motifs » de la contrefaçon des députés et le Sénat, les « fédérés » de 1871 d’amnistie qui vient d’être votée par la Chambre ne sont pas seulement représentés comme ayant « compromis l’existence de la République » — défendue et sauvée apparemment par la majorité des Baragnon, des Buffet et des de Broglie, qui s’apprêtaient dès lors à faire le 24 Mai.

Lorsqu’il y est fait mention du 18 Mars, c’est comme d’une « insurrection que son nom, ses moyens d’action, les actes accomplis sous les yeux de l’étranger, son but, tout enfin dénonce comme l’un des crimes les plus grands qui aient été tentés contre la souveraineté nationale ».

À vrai dire, peu nous importe ce que pense d’une révolution, dont l’histoire est tout entière à faire, un gouvernement dont les membres ont tous ou presque tous voté des « remerciements aux armées de terre et de mer » qui venaient de fusiller Duval, Millière, Tony-Moilin, etc. Mais pour Paris qui nous lit, pour la France et l’Europe dont le siège n’est pas fait, il ne sera peut-être pas inutile d’étudier successivement le nom, les moyens d’action, les actes et le but de cette commune, aussi fusillée et calomniée que peu connue.

Ce que faisant — est-il besoin de le dire ? — nous n’entendons nullement tenter une apologie, même indirecte, de la plus formidable explosion révolutionnaire de tous les temps, mais simplement élucider un point de fait dont l’importance peut être mesurée aux 1.300 et quelques Français que sa méconnaissance va maintenir hors de France ou dans les silos néo-calédoniens.